Opération réhabilitation (de mes ongles)

Les faux ongles, en ce qui me concerne, ça y va par phases. Mes ongles naturels ont tout du mouchoir en papier de mauvaise qualité : ils sont mous, translucides et à épaisseur unique. Il m’arrive donc souvent d’avoir l’impression que les faux ongles seront LA solution à tous mes problèmes : un minimum d’entretien au quotidien pour des mains toujours parfaites, des ongles bien brillants qui durent longtemps. Je peux tapoter sur mon clavier et mon téléphone en toute fierté et vraiment bruyamment: mes mains sont parfaites. Je choisis mes ongles pas trop longs, un rien en amande, pour faire des mains fines et délicates. Et j’adore ça. Mais…

Il arrive, un moment, souvent un soir, c’est inévitable, où je vis un stress. J’ai un ongle (ou trois) de cassés. Je ne sais pas quand j’aurai un trou dans mon horaire pour aller les refaire. Je vois la repousse, je trouve ça affreux, j’ai honte. Je me sens prisonnière, otage. Je ne peux pas arranger mes ongles moi-même, je suis l’impuissance incarnée. Je n’ai ni gel, ni lampe UV, ni compétences professionnelles en la matière. Je me dis que prendre soin de moi finalement, est comme un emploi à temps partiel, avec toujours des rendez-vous (les cheveux, les ongles, la peau, les cils, l’hosto, l’épilation…). Ça n’a pas de sens. Je rêve d’être « belle naturelle » avec un minimum d’effort. Je me dis que si j’avais vécu à l’époque médiévale, il ne fait aucun doute que j’aurais été une vieille sorcière, seule au milieu de la forêt, sans les artifices de l’ère moderne pour m’embellir un peu et m’aider à me faire des amis. Si j’avais vécu à l’époque victorienne, sans blush ni rouge de qualité, aucun gentleman n’aurait voulu de ma photo dans le couvercle de sa montre de poche avant de partir au front. Bref, je suis dans une spirale de pensées lugubres et complètement folles. Alors, à mi-chemin entre la punition et le désir de contrôle, je coupe tous mes ongles au coupe-ongle et j’arrache tout ce qui reste en me disant que je vais «vivre simplement désormais», en me faisant moi-même les ongles lorsque j’en aurai envie. À moi la liberté. Ouch.

La sensation qui suit est…inconfortable. Le sentiment d’être à nu au bout des doigts, d’avoir les ongles écaillés qui accrochent toutes les matières et sont même sensibles aux courants d’air et à l’eau du bain. Comment s’en remettre ? Je viens de le vivre et ici, je partage ma recette pour apprivoiser à nouveau ses ongles naturels. Il y a, je vous assure, je la lumière au bout du tunnel.

Étape 1 : Les ongles seront minces et fragiles. Mais aussi encore plein de colle et rugueux: on lime les ongles et on les adoucit au polissoir, doucement pour enlever la colle et leur redonner de la douceur.

Étape 2 : Prendre rendez-vous pour une manucure Shellac. Ne vous posez pas de questions. Faites-le. Passez le coup de fil. (Je vous expliquerai plus tard).

Étape 3 :…en attendant le rendez-vous pour le manucure : il faut nourrir nos ongles ! Le produit qui m’a sauvé? Le Rescue Rx de CND. C’est un gel qui sent super bon (le chocolat blanc je pense), à appliquer sur l’ongle et son pourtour, plusieurs fois par jour. Ça hydrate, ça embellit, ça nourrit. En deux jours, j’ai vu une nette amélioration. Jumelé à cela, ajoutons une huile à cuticules (comme la Solar Oil de CND ou le Nova Scotia Fisherman Cuticule Rescue), également plusieurs fois par jour, massée sur l’ongle également, et une bonne crème à mains (mes préférées sont la Cicaplast de la Roche-Posay, la Working Hands (achetée chez Canadian Tire), et celle de Gehwol). Si vous êtes motivées comme moi, prenez également un complément alimentaire de collagène, d’acide hyaluronique ou/ou de biotine : nos ongles actuels étant abîmés, il faut que nos ongles poussent afin d’être à nouveau plus forts et solides. C’est un projet à long terme et ça doit aussi venir de l’intérieur. Autre découverte de cet hiver : l’exfoliant à mains Coco-Salé de Lush– génial pour faire peau neuve.

Étape 4 : Rendez-vous pour le vernis Shellac. Je sais, c’est contre-intuitif de faire un Shellac juste au moment où l’on essaie de regagner son indépendance face à ses ongles mais je ne saurais trop vous le recommander. D’abord, les ongles seront protégés d’une couche de vernis un peu plus épaisse, qui aideront à gérer la sensibilité. C’est une étape intermédiaire nécessaire. Pendant ce temps, l’ongle poussera un peu, reprendra un rien de force. Point de vue psychologique aussi (parlons-en du psychologique), le Shellac aide à ne pas complètement déprimer en regardant ses mains, alors qu’on était habituée à avoir de beaux ongles brillants. Ne choississez pas un taupe raplapla, un greige somnifère ou nude suicidaire, noooooon. Il faut opter pour un rouge vif et festif, comme le Element ou le Wildfire, de toute manière plus chic sur des ongles courts que longs.

Étape 5 : Retirer le Shellac doucement, quand il sera temps, en laissant poser dessus des cotons imbibés d’acétone et en grattant avec des bâtonnets de buis. On ne pèle pas, on n’arrache rien, on retire en douceur, sans agresser.

Étape 6 : On se fait les ongles avec du vernis normal, quand ça nous tente. Ma préférence va à celui de la marque Vinylux (mention spéciale aux teintes Element et Winterglow) qui ne nécessite pas de couche de base et dure plus longtemps. Je garde sur moi des limes, de l’huile à cuticules. Je fais des pauses de couleur durant lesquelles j’applique le Rescue Rx et je lime au polissoir. Et j’essaie de m’accepter avec des ongles nus, propres et brillants et en me disant que c’est aussi super chic et sympathique d’être différente au bureau où toutes les autres filles ont des faux-ongles hyper long effet hologrammes ou, minimalement, du Shellac. En fait, j’essaie d’arrêter de me comparer.

Enfin, en tout temps, j’essaie de me tenir loin des activités suivantes : ouvrir des pistaches, clipper des bottes de ski sans gants à -30 degrés ou ajouter une clé à mon anneau de porte-clés. Et, surtout, la règle d’or absolue pour avoir de belles mains en hiver : toujours, toujours, toujours porter des gants ou des mitaines.

Vous avez des conseils à me donner pour m’aider dans ma réhabilitation? Je n’ai pas encore mis de durcisseur car on m’a dit que cela serait trop agressant pour mes ongles, vu leur sensibilité actuelle ; que mes ongles ne feraient que re-casser net. Je suis preneuse pour vos astuces et recommandations de produits, surtout si elles peuvent se faire chez moi, en pyjama, selon mon horaire, et sans obligation ni diplôme en esthétique. J’essaie d’être un peu plus indépendante et autarcique point de vue beauté, voyez-vous. Même si le résultat est inégal et moins parfait…