La beauté selon Soeur Gisèle

Soeur GisèleCoucou après une bien longue absence! Comme toujours, quand je vous reviens après un petit moment, je me sens un peu le souffle court, tout sort en même temps: dernières découvertes beauté, déceptions en flacons, nouveaux petits trucs appris ça et là et dernières inspirations…Autant de mots qui se bousculent dans ma tête dans un désordre aussi complet que tous les produits qui attendent leur article, entassés en joli bric à brac sur ma coiffeuse. D’abord: mes excuses pour ce silence – les journées de travail sont longues et, le soir, j’essaie de vraiment faire le vide pour bien dormir. J’essaie aussi de me coucher tôt (pour une fois!) et, je dois le dire: ça fait une énorme différence sur mon sentiment d’équilibre de vie, même si vous écrire régulièrement me manque.

Puisque je ne sais pas par où commencer, je me suis dit, autant commencer par un sujet tout autre, un sujet de coeur. Cet article, je voulais nous l’offrir pour Noël, puis, pour la St-Valentin. C’est un article tout plein d’amour puisque j’aime son sujet et que son sujet est très aimé: Soeur Gisèle. Et là, cet article arrive, tout près de la fête des mères et je me dis que ça n’est pas plus mal parce que justement, il y a milles façons d’aimer.

Soeur Gisèle, 86 ans, a habité dans le couvent des soeurs de la congrégation Notre-Dame, près de la maison où j’ai grandi depuis 35 ans. Elle nous a vu grandir. Elle connaissait nos noms. Elle nous parlait lors de ses nombreuses promenades. Elle se rappelait des noms de nos amies, des amies de nos amies, des activités que nous avions faites, elle nous posait des questions, traçait des liens, au fil de nos histoires. Elle était toujours de bonne humeur, pleine de questions, intéressée et enjouée. Ma soeur et moi avons toujours senti qu’elle nous traitait d’une manière spéciale, avec une attention particulière. Elle nous invitait au couvent à l’Halloween (où nous avions droit à de la tire Ste-Catherine fait maison et autres gâteries hors du temps préparées par les soeurs). Elle nous a fait visiter le moulin, elle a demandé au curé qu’il nous fasse monter dans le clocher, elle nous faisait signe de la main en marchant dans le parc, de loin. Puis, j’ai grandi et j’ai déménagé en ville. Je la recroisais et elle me posait autant de questions. Ensuite, j’ai eu mes enfants et elle s’intéressait aussi à eux…Son amour et sa délicatesse n’avaient pas de fin. Puis, cet automne, ma maman m’a dit que la congrégation allait déménager dans une autre ville, pas très loin. Ça nous a fait un choc. Gisèle et les soeurs étaient nos voisines depuis toujours.

Ma soeur et moi sommes allées à la messe d’au revoir des soeurs, où nous avons découvert que Soeur Gisèle avait été une source d’amour pour nous deux et nos parents…mais aussi pour tout le Village. Le curé la surnommait même “La Mairesse” puisqu’elle connaissait tout Pointe-Claire: de l’histoire du Village aux noms des enfants en bas de 36 ans. Le maire lui-même, a plaisanté que Soeur Gisèle lui avait toujours donné de la sérieuse compétition…C’était très émouvant de voir tout le village dire adieu aux soeurs, de leur dire merci et aussi, leur rendre hommage. Elles y étaient depuis le début du siècle! Puis, la messe terminée, Bébé Ours m’a lâché la main et il est allé prendre celle de Soeur Gisèle, spontanément, lui qui l’avait seulement rencontré quelques fois. Main dans la main, ils se sont éloignés vers le couvent et j’ai gardé mes distances pour leur laisser ce petit moment. C’est le pouvoir des grands coeurs, je me suis dit: ils sont magnétiques.

Soeur Gisèle et Bébé Ours

Bébé Ours tient la main de Soeur Gisèle

Le mois suivant, grande surprise en ouvrant le calendrier souvenir patrimonial sur les Soeurs de la Congrégation Notre-Dame: en décembre, Bébé Ours est de la photo, collé à Soeur Gisèle, entouré de toute la congrégation. Je ne sais pas comment il a fait, mais il s’est incrusté dans la photo. Ses yeux plein d’admiration sont le plus beau témoignage que la gentillesse est la plus belle des qualités et que la beauté transcende souvent l’idée qu’on s’en fait. Je me suis donc dit qu’une entrevue avec Soeur Gisèle s’imposait, ce qu’elle a gentiment accepté! Voici donc un article où nous causons amour et (oui, oui!) petits pots!

Moi: Depuis que je suis petite, je te vois parler aux gens du village, comme une maman qui couve ses petits. Pourquoi?

Soeur Gisèle: Parce que j’aime les gens. En se parlant on s’apporte quelque chose de bon, des idées, du courage et de l’amour.  La vie n’est pas toujours facile. Quand la vie va trop vite, on peut avoir tendance à oublier l’humain dans nos rapports. Il ne faut pas, ça donne froid. Quand je rencontre les gens j’essaie de faire en sorte qu’ils se sentent aimés. Je trouve ça important.

C’est quoi, pour toi, la plus belle des qualités?

Je pense que c’est d’être ouvert aux autres et de savoir se saluer, pour reconnaitre que l’on n’est pas seul. C’est comme ça qu’on peut commencer à donner et à aimer. Te souviens-tu quand on se croisaient dans la rue? C’était quelques minutes, mais c’était un peu d’amour. C’est précieux. Il faut provoquer ces moments d’amour.

C’est quoi pour toi la beauté?

La beauté est partout mais la vraie beauté est surtout de savoir la voir, de la reconnaître. C’est cette capacité de savoir s’émerveiller devant la beauté qui est belle. Et c’est ce qui nous apportera de la joie et du bonheur, toujours et à tous les âges, peu importe la vie que nous menons.

C’est quoi pour toi le bonheur?

Le bonheur, il est immédiat. Il ne faut pas chercher ailleurs ou dans longtemps, le bonheur il est ici et il est tout petit. Le bonheur est autour de nous, dans les petits gestes, dans les attentions, dans la vie…Arrêtons de nous évader de milles façons, profitons de ce moment, ici et maintenant.

Et dis-moi, tu as des secrets de beauté ou des produits qui te rappelles des souvenirs?

Mon meilleur secret de beauté c’est le bon air, l’odeur du bon sapin. Tu sais que j’ai grandi à la campagne?

Non, je ne savais pas…Et dis-moi, Gisèle, tu as des produits de beauté en pots que tu souhaites partager?

Ah oui, attends, je vais chercher mes produits (rires)…Alors, j’aime les savons et plus particulièrement ceux de la marque Yardley. Ça sent la nature. Pour ce qui est des crèmes, je m’en sers moins souvent qu’avant; ma préférée est celle à la vitamine E. Pour le reste, je pense que tout est dans le coeur et dans le coeur des autres.

Yardley Savon Vitamine E cream

Voilà, tout est dit: avoir bon coeur, c’est le secret de beauté de Soeur Gisèle. Et la rencontrer, au hasard d’une promenade, c’est une belle inspiration bonté.

P.S. Soeur Gisèle a passé à Radio-Canada! Écoutez l’entrevue ici!