Mes produits pour penser à Paris

Paris, toujours

Paris, c’est une ville que j’aime d’amour, depuis que je suis petite, même si je n’y suis pas allée autant que j’aimerais. Sur plusieurs photos de classe primaire  je porte d’ailleurs une épinglette “J’❤ Paris” au col de ma robe. Longtemps, j’ai rêvé de cette ville sublimée par Francis Lemarque dans la chanson qui jouait dans l’auto en vacances. Et les miniatures de “Cuir de Russie” de Chanel, comme les blush Bourjois, me faisaient sentir plus près encore de cette ville qui a tout de magique.

Cette semaine, j’ai le coeur gros. Aussi, histoire de me sentir encore plus proche de cette ville que j’aime tant, je fais exprès d’utiliser quelques produits très Paris. Utiliser des produits qui me font penser à Paris, c’est un peu ma séance de recueillement quotidienne. En silence, je pense aux victimes, à leur famille et proches et je me concentre très fort pour envoyer de l’amour. Voici ces quelques produits qui évoquent pour moi Paris et font partie de ce petit rituel:

  • La poudre Caron (ici en poudrier à picots format voyage avec la mini- houppe en duvet de cygne): mythique, cette poudre sent bon la rose et le temps suspendu. Il n’en n’existe pas de plus fine, de plus translucide, de plus lumineuse. Et la houppe en duvet de cygne? Elle compte à mon sens pour le trois-quart de la poésie de la poudre en tant que telle.
  • Le blush Guerlain Rose aux Joues, teinte Morning Rose: soyeux, délicat, presque victorien dans son éclat fleuri, cette merveille sent bon la violette et donne vraiment bonne mine.
  • Le rouge à lèvres Diorific Mat, teinte 750, Fabuleuse: Vous savez combien j’aime les rouges à lèvres mats de Dior, à la fois hydratants, lumineux et veloutés. Le Fabuleuse est ce rouge-rouge classique, essentiel.
  • La crème Effadiane des Laboratoires Sinclair Pharma: une crème que j’aime beaucoup quand ma peau commence à tirailler, à manquer d’éclat ou encore, à être affectée par le temps plus froid. Pour les peaux sèches à très sèches, en pharmacie (en France mais malheureusement, pas ici).
  • La crème Sleep and Peel des Laboratoires Filorga: Ma crème de nuit ces jours-ci pour exfolier ma peau doucement et révéler un teint plus clair et bien hydraté. Filorga est maintenant disponible chez Pharmaprix.
  • Le parfum Jour d’Hermès Absolu, d’Hermes: Ce parfum, voilà plus d’un an que je le porte et je n’arrive pas à en changer. Et quand je vois mes oursons dormir en cajolant mon foulard ou chemisier de la journée je me dis que, finalement, c’est certain que je ne changerai surtout pas et que c’est très bien comme ça.

Blanc d’antan

Pommade virginale de BulyC’est vous qui m’en avez parlé en premier, vous qui connaissez ma sensibilité pour les recettes de beauté ancestrales, mythiques, ces secrets de beauté chuchotés de mères en filles, ces enseignes confidentielles dont la visite tient autant du pèlerinage que du magasinage.  Autant j’aime le maquillage et les soins, autant c’est l’histoire derrière le produit qui vient le plus souvent me chercher. Encore et toujours, c’est le sentiment de tenir un produit immuable, éprouvé au fil du temps, qui me rassure. Je me sens ainsi bien entourée – entourée de toute une communauté de coquettes d’ici et d’ailleurs qui ont aimé le même produit durant tout plein d’années et qui me refilent maintenant le petit pot en me faisant un clin d’oeil. Buly, c’est un peu cela. Bon, je  n’ai jamais mis les pieds dans leur officine à Paris. Ça a l’air juste trop magique. Il y a des bocaux contenant des poudres de plantes rares de partout dans le monde, des flacons d’huiles précieuses et de senteurs venues de loin qui chuchotent la promesse d’un teint frais et d’un sillage exotique. Rien que l’histoire de l’Officine fait rêver: “Depuis la fin du XVIIIe siècle et installé rue Saint-Honoré, à Paris, en 1803, le célèbre « Bully », qui portait alors une double consonne à son nom, se fit connaître par ses parfums et ses vinaigres de toilette. Au tournant du XIXe siècle, les parfumeurs demeuraient les héritiers des maîtres-artisans de l’Ancien-Régime et les gardiens de leurs secrets de fabrication. (…) Le « Vinaigre de Bully », lotion aromatique brevetée pour la toilette et la conservation du teint, gagna une grande réputation dans toute l’Europe. Ce classique des soins de beauté offrit à l’officine une notoriété sans précédent pendant plus d’une centaine d’années. (…) Tout au long du siècle d’or de la beauté qui vit l’invention des premières formules de la cosmétique et de la parfumerie moderne, l’officine s’imposa comme une référence. L’Officine universelle Buly renait aujourd’hui à Paris, rue Bonaparte, dans le sixième arrondissement, avec une nouvelle orthographe.” Au delà de l’histoire, il y a aussi chaque détail parfait de la boutique: de la calligraphie aux flacons de verre avec de jolies étiquettes anciennes (l’Eau Superfine! Le Lait Nettoyant!), les descriptifs (à titre d’exemple, lisons celui du parfum Lichen d’Écosse: “L’odeur des pierres dressées d’Hyperborée fleuries de l’écume rousse des lichens. Viridité de la fourrure d’herbes froides sur le dos des collines. Les mousses glacées de rosée, les pollens collés au ventre de l’aube sèchent au vent salé des Hébrides.” Trop beau.), les dessins du site web comme un herbier ancien…Sans oublier leur Comptoir des secrets qui tient des accessoires de beauté rares de partout dans le monde (peignes japonais, brosses en racines de vétiver, lanières et gants de crin et ingrédients bruts méconnus/quasi-mythologiques). Bref, tout est parfait et l’endroit me fait vraiment rêver: Buly, ça serait limite une destination de voyage en soi! En ce qui me concerne, n’ai pas testé quelconque vinaigre de toilette (il ne semble pas être commercialisé- ce que retrouve hyper dommage!) mais plutôt leur très aimée Pommade virginale, gentiment rapportée par l’une d’entre vous. Il s’agit d’un soin de base, tout doux, à l’eau de tilleul et l’huile d’amande douce, que l’on peut utiliser seul ou encore mélangé à quelques gouttes d’huile naturelles (également vendues chez Buly) pour une formule “sur mesure”. Pour ma part, j’utilise cette crème en version “nature”, c’est-à-dire, seule. Sous le maquillage, il s’agit d’une excellente base. Le soir avant de dormir, le parfum frais et propre me berce vers une nuit réparatrice. Sérieusement le parfum de cette crème est juste sublime! J’imaginais une crème plus solide un peu comme de la Cold Cream, ce qui aurait été idéal pour l’hiver. Il n’en n’est rien. La texture du produit évoque plutôt celle d’une lotion légèrement épaissie, ce qui fait qu’à mon sens on pourrait aisément l’utiliser durant toutes les saisons. Elle a toutefois un excellent pouvoir d’hydratation. Ma peau aime cette crème toute simple qui fait un teint bien clair, hydrate et regonfle en toute simplicité. Merci donc, coquettes du siècle dernier pour ce tube qui fait rêver. Je vous refile maintenant le tuyau à vous, par l’entremise de la blogosphère: vous, coquettes d’ailleurs et de loin, et je vous fait à mon tour un clin d’oeil. P.S. J’ai également testé la poudre de pétales de roses, que j’utilise en exfoliant et masque éclat et honnêtement, c’est dément! Et aussi, si vous passez par la boutique, n’oubliez pas de demander si vous pourriez avoir un catalogue: c’est un vrai trésor. Papier épais, écriture ancienne: ce petit cahier a tout d’un grimoire d’apothicaire et il énumère les propriétés de plantes et produits avec de jolies gravures d’inspiration ancienne. Bref, c’est ma lecture de chevet.

We’ll always have Paris

Paris d’Yves St-Laurent, c’était mon premier “vrai” parfum. À l’heure où mes amies portaient White Musk de The Body Shop et CK Escape, ma famille m’avait offert ce parfum “de grande fille”, à moi qui rêvait d’aller à Paris depuis toujours. Oui, c’était peut-être un brin “opulent” pour une très jeune fille, mais je le portais fièrement à l’école et après mon bain. Sans compter que je l’utilisais aussi pour parfumer les messages colorés que j’échangeais avec mes amies à la piscine le soir, dans une enveloppe faite maison avec la page de la pub déchirée dans une revue de ma mère (le comble du chic quand on a 13 ans). Vous vous rappelez de l’image, c’était celle-là:

Puis, j’ai grandis, j’ai porté White Musk moi aussi pour faire comme les autres, puis Sunflowers D’Élizabeth Arden, puis, une dizaine d’autre. Mais l’autre jour, j’ai eu envie de sentir à nouveau mon premier parfum. Et là, tous plein de tiroirs se sont ouverts dans ma mémoire: la difficulté de mes devoirs de maths, mes profs, ma chemise J.Crew que ma mère m’avait donnée à Noël, ma poudre Cover Girl (de la mauvaise teinte mais qu’importe, j’étais trop timide pour me maquiller), mon coffre à crayon que j’avais cousu avec ma grand-mère dans sa cave et mes soirées à écrire et dessiner dans mon journal intime.

Alors, quand j’ai lu qu’Yves St-Laurent lançait une édition limitée, plus légère, plus aérienne de mon premier parfum, le “Premières Roses”, j’ai succombé. C’est un petit pshiit joyeux qui sent pour moi ma jeunesse, la cocon familial et tous les printemps à venir. Si je porte toujours mon Clean quand je sors du bain, au réveil je me réjouis de savoir que Paris m’attend, dans ma salle de bain, avec encore plein de printemps.

Et vous, votre premier parfum?