Mieux vivre avec moins de lumière – Partie 2

White on white

J’ai publié la partie un de mon article traitant de trucs pour surmonter les difficultés physiques de l’hiver il y a un bon moment. Aujourd’hui, de retour de vacances au soleil, il m’a semblé qu’il me fallait vivement relire mes notes et rédiger la partie deux de mon article adressant les difficultés que l’hiver peut poser à l’âme, ne serait-ce que pour me rappeler le tout à moi-même.

Point de vue mental, je considère parfois l’hiver comme un marathon. L’énergie est déjà basse et, tempête après tempête on comprend que les jonquilles ne sont pas sur le point de sortir. On voit le printemps comme une ligne d’arrivée qui n’arrive pas. C’est dans cet essoufflement que souvent je me sens plus vulnérables aux troubles d’humeur. Manque d’inspiration, manque de motivation, sentiment que tous les jours se ressemblent, coups de blues et même anxiété. Voiture sale à déneiger (encore et encore), routes glissantes, habits de neiges trempés chaque soirs, vent qui picote la peau à l’arrêt d’autobus, soleil gris… Oui, c’est difficile si on s’y attarde mais il y a aussi plein de beaux côtés ! La ville toute blanche, les beaux manteaux, les flocons, les promenades, les bruits étouffés, la raclette et les potages, la neige qui fait un bruit de meringue craquante quand on marche et l’ambiance « chaleur  festive » qui émane des restos illuminés… Aimer l’hiver, même quand il s’étire, ça s’apprend. Voici donc mes petits trucs qui m’aident à rester en forme dans ma tête et dans mon cœur quand je n’ai qu’une envie : que le printemps vienne me réchauffer la peau.

Soyons hygge

Le hygge est partout, c’est la nouvelle tendance : cette culture de vie danoise mettant l’accent sur la nidation douillette illuminée de bougies semble tombée du ciel. Soyons honnêtes toutefois, boire un chocolat chaud après le ski en portant de grosses chaussettes, ça n’est pas non plus un concept qui est «nouveau». Je crois qu’on est toutes un peu hygge instinctivement, pourvu qu’on aime un peu la vie. Ce qui est nouveau toutefois (pour moi en tout cas), c’est de concevoir mon mode de vie hivernal comme un art de vivre choisi. Je ne mange pas simplement du cake au citron en buvant un thé en habits de joggings : je vis une vie hygge décomplexée. Bon, je sais que le hygge est un concept beaucoup plus complexe et flou que cela, c’est pourquoi lire Le livre du hygge se révèlera être une lecture aussi pertinente qu’inspirante. J’y ai appris plein de trucs pour embellir mon quotidien durant les mois froids et surtout, me tenir le cœur au chaud quand l’hiver semble ne plus finir. C’est un livre qui nous rappelle aussi que nous ne sommes pas seuls à vivre la réalité des hivers longs et froids. Et ça aussi, ça réchauffe le cœur. Enfin, réjouissons-nous que ce soit le hygge qui soit à la mode plutôt que le heroine chic ou le corporate gothic, non ?

Vivons l’hiver pleinement

J’essaie de vivre l’hiver pleinement. Pas d’auto-bronzant, de poudre Terracotta, ni de spray tan : j’essaie plutôt de me trouver des modèles « peau claire » pour m’inspirer. Marie-Antoinette, fée des glaces, ingénue pâle victorienne, pin-up avec un rouge à lèvres rouge qui claque…Ça me simplifie la vie de ne pas avoir à m’inventer un hâle de toutes pièces au quotidien mais surtout, ça m’aide à être dans le moment présent. Présentement je suis une québécoise à peau pâle cachée sous un gros foulard. Je rosis mes joues avec Lillium de Stila comme si je revenais d’une promenade en traîneau et ma maison sent le chalet dans la forêt (le sapin). C’est ma réalité et elle n’est pas dénuée de romantisme alors autant en profiter. Mais bon, je rédige plein de listes de rêves pour quand le soleil ressortira ! (Tom Ford Soleiet Eau Terracotta de Guerlain!)

Vive les rituels compliqués !

Comme je passe davantage de temps à l’intérieur l’hiver (et que les soirées sont plus longues) j’en profite pour faire plein de rituels beauté compliqués : bains, masques, bain de vapeur pour le visage, brossage du corps à sec et masques à cheveux, exfoliation des mains et manucures… Je réorganise mes produits, je trempe plus longtemps dans le bain, je prends une douche en regardant le pommeau, pour que l’eau chaude me coule sur le visage et roule sur mes joues, je masse mes pommettes, je draine mes mollets et je pince la cellulite de mes fesses avec de la crème hydratante en disant oust ! Je fais tout cela davantage pour m’amuser et pour me ressourcer que pour les résultats que cela procure, mais ça me réchauffe physiquement et moralement. Et comme je ressors de mes rituels beauté bien hydratée au surplus, et bien, je continue !

Bas collants

La garde-robe d’hiver que l’on ne supporte plus

Ici, n’est pas rare que l’on mette ses vêtements chauds à compter de la mi-septembre jusqu’à presque début mai. C’est presque huit mois ! Il va de soi que l’on devient vite blasée par ses chandails et zéro excitée à l’idée de s’habiller le matin avec, soupir, encore un lainage. Comment survivre sans dépenser une fortune ? Mon truc : m’amuser avec les bas collants. Résille, tulle, motifs, couture, tricots de laine…Autant d’options qui rehausseront une tenue pour moins de 25$. Mon autre combo gagnante: mixer chandails de couleur vives et boucles d’oreilles super intenses à la J.Crew. C’est frais, ça permet plein de combinaisons et surtout, ça garde au chaud quand il fait encore froid.

Arrêter de rêver au printemps

Il y a eu des hivers où je me répétais : « tout ira mieux quand il fera beau ». J’étais en attente, c’était long. Maintenant j’essaie de me dire que je vais laisser le printemps me SURPRENDRE, genre « oh, mais qu’est-ce que je fais en manteau alors qu’il y a des fleurs partout ? ». Je le vois comme un exercice concret de « vivre le moment présent ». J’ignore délibérément les vitrines de vêtements légers qui arrivent quand tout est encore gelé et en profite plutôt pour dénicher de quoi donner un deuxième souffle à mon linge d’hiver parmi tout ce qui est super soldé. J’essaie de me réjouir de vivre dans un pays où les quatre saisons sont aussi clairement définies et je me dis que c’est mon devoir d’en profiter pleinement : ski, patin, raquette, promenades, lecture sous une pile de couvertures, thé et pain tiède beurré avec du miel à tremper, crèmes hydratantes riches, bougies, écharpes et sous-vêtements en mérino…l’hiver a son lot de bonheurs, pourquoi s’en priver ?

Bien s’entourer

Pour mieux vivre l’hiver, il faut bien s’entourer intellectuellement. Lire des livres qui décrivent la chaleur étouffante du Pérou, regarder des films dont l’action se déroule dans le désert de l’Arizona, m’abonner à des comptes Instagram beachy et tropicaux qui, chaque jour, me mettent des images de plage et de bikini dans le visage, ça ne fait qu’ajouter à ce sentiment de « besoin » de chaleur qui est partout sauf chez nous. (Bon, je le fais quand même hein. Mais j’essaie de ne pas trop regarder !) J’essaie plutôt de lire slave ou scandinave, de lire des blogues où les filles ne sont pas en jambes nues en février (mon favori étant Life in a Cold Climate– j’adore !) et de ralentir la lecture des magazines qui, passé la St-Valentin, sont déjà en train de nous présenter les maillots de bain.

Inviter la nature chez moi

Vers la fin de l’hiver, je suis en craving de chaleur et de soleil, certes, mais aussi de en mal de nature. Tout est gris dehors depuis si longtemps. Je rêve de pousses et de bourgeons. C’est le temps d’inviter la nature à l’intérieur : bulbes à faire fleurir (mes préférées sont les jacinthes), tulipes coupées achetées à l’épicerie, branches à mettre dans l’eau pour les faire bourgeonner, même acheter une plante en pot me fait du bien. C’est peu mais vers la fin, ça me permet de patienter et, j’ose le dire, c’est plus remontant qu’un nouveau rouge à lèvres.

Aller dans le sud- mise en garde

Un petit voyage au soleil l’hiver, oui, ça fait un bien énorme. Ça recharge les batteries internes et ça permet de refaire le plein d’énergie. Mais attention, mise en garde : on est tellement en manque de soleil que même armée des meilleures intentions (et de la plus protectrice crème solaire) du monde on sera tentée de s’étendre sur la plage et de bien faire chauffer sa peau sous les rayons. Inutile de vous dire : mes pires coups de soleil (et taches pigmentaires) sont survenues ainsi. Le printemps permet au soleil de revenir doucement. La nature fait bien les choses, dit-on…

Winter magic

Romancer sa réalité

Comme toujours, quand j’ai besoin de motivation, je puise dans mon imagination : je m’imagine explorer le Stockholm souterrain (quand je sors du métro Laurier), être un lutin du Père Noël dans un livre de mes enfants (quand je vais acheter du lait au dépanneur en pleine tempête de neige), être poète en Sibérie (quand je fais mon café un mardi matin glacé). C’est bête mais d’agir comme si j’avais choisi la température dehors m’aide à l’accepter. Puis, quand rien ne marche, je me rappelle que la nature (et moi-même) avons besoin de repos pour refleurir à nouveau. Ne dit-on pas que la nature ne fait rien en vain ? Je nous souhaite un très bel hiver.

Vivre avec moins (de lumière)

moins-de-lumiereCes jours-ci, se réveiller le matin est vraiment, vraiment difficile. Mon alarme sonne à 5h, 5h05, 5h07, 5h10, 5h15, 5h19, 5h24 et 5h30.

Je sais, je sais: je ferais mieux de juste dormir jusqu’à 5h30 mais j’ai besoin de me préparer mentalement, dans un demi-sommeil. Il fait tellement noir. Il fait tellement froid. J’ai tellement, tellement envie d’hiberner.

La fin de semaine dernière, on a changé l’heure. Pour moi, cela marque le début officiel de ma carence en lumière que je vis tous les hivers. Au fil des ans, j’ai développé des petits trucs, des petites façons de faire qui m’aident à avoir plus d’énergie, moins de rhumes et meilleur moral quand il fait froid et que je suis en mal de lumière. Il va de soi que chacune est différente et qu’il lui appartiendra de voir ce qui fonctionne pour elle. Dans cet article vous trouverez le fruit de mes trouvailles personnelles et aussi, un compendium de solutions glanées lors des mes recherches Google désespérées de février dernier, lorsque rien n’allait plus et que j’avais juste hâte au printemps.

Je vous propose un article en deux partie: Partie 1- Concrètement et Partie 2 – Mentalement.

Donc, concrètement:

Les vitamines – On dirait que plus il fait noir tôt, plus je suis en manque de vitamines. J’ai beau manger bien comme il faut, plein de fruits (et je n’aime même pas les fruits), de légumes, rien n’y fait. Comme tout le monde, je prends de la vitamine C, surtout quelques jours avant un gros événement, quand je sens que je suis fatiguée ou que je suis sur le point d’être enrhumée. Les vitamines C effervescentes sont celles que que préfère et j’essaie aussi de faire des jus d’oranges frais (avec un presse-jus, pour la famille), pour bien commencer la journée. Il n’y a rien comme un jus d’orange frais: c’est le secret d’une bonne journée même si ça m’éclabousse partout et que j’ai de de la pulpe dans le creux des coudes quand je déjeune. Mais la vitamine C, ça n’est pas assez. Au plus noir de l’hiver, quand mon moral commence à être affecté, souvent, l’anxiété embarque. (Ça vous dirait un article sur l’anxiété?). L’anxiété commence doucement et je ne m’en rends pas trop compte mais, tout à coup, mon coeur bat vite, j’ai de la difficulté à respirer et ça tourbillonne dans ma tête. La vitamine qui a TOUT changé pour moi? La vitamine B. Je prends celle-ci, de Jamieson: le complexe B100. Cette vitamine me garde calme, me garde focus, équilibrée et lève le voile de noirceur qui s’abat dans ma tête quand il n’y a plus de lumière. J’en prends toute l’année maintenant. C’est magique. Je prends aussi une Vitamine D et une multivitamine, sur recommendation de mon médecin.

La lumière – J’ai aussi une lampe de luminothérapie depuis l’an dernier. Un petit 20 minutes, tous les matins quand j’arrive au bureau pendant que je réponds à mes courriels et je me sens de super humeur. Je me sens comme WALL-E quand il se recharge dans le film et que son système redémarre. L’effet “soleil d’été brillant” qui entre dans les yeux et se reflète sur ma peau fait toute la différence; c’est très énergisant. Pour compenser le manque de lumière j’essaie aussi de me tenir près des fenêtres, d’ouvrir grand les rideaux et d’aller me “mettre au soleil” quelques minutes quand c’est possible dans un endroit vitré (bibliothèque municipale, verrières de tours à bureaux, près des fenêtres à la cafétéria au chalet de ski, etc., bref, n’importe où de super lumineux). Si à la maison il y a un endroit où il y a de la lumière directe, je crois que ça vaudrait la peine de l’aménager en petit coin “bain de soleil” pour aller refaire le plein de lumière au creux de l’hiver-on pourra y lire, faire la sieste, prendre son café, etc.

La chaleur – Il n’y a rien de pire quand il fait froid que d’avoir froid. Et, à l’inverse, je pense qu’il n’y a rien de plus délicieux quand il fait froid que d’être au chaud. J’ai appris à me réchauffer de l’extérieur et de l’intérieur, moi qui ai toujours froid. Quand j’arrive au bureau, tous les matins, je branche ma chaufferette et ma bouilloire. Boire de l’eau chaude (ou du thé, ou de la tisane ou de l’eau chaude-citron) toute la journée me fait un bien immense et en plus, c’est bon pour le teint. Dans mon bureau j’ai aussi plein de châles que j’enveloppe autour de mes épaules ou met sur mes genoux quand je travaille; les châles sont les doudous des adultes- c’est essentiel. À la maison, idem: je reste cozy avec des jambières de laines, des grosses chaussettes, des pantoufles en mouton, des cardigans à grosses mailles et une robe de chambre en coton ouaté (sexy!). La clé, pour ne pas avoir froid au réveil le matin, c’est de laisser la robe de chambre, les pantoufles et les pantalons de jogging épais à côté du lit. À côté. Pas sur la chaise de l’autre côté de la chambre, il faut pouvoir étendre le bras les yeux fermés et enfiler tout ça en dessous des couvertures, sans sortir du lit. Je vous promets que le réveil sera plus facile. Enfin, je ne vous parle même pas de manteaux, mitaines, tuque et foulards. En Norvège, il y a un proverbe: “Il n’y a pas de mauvaise météo. Juste de mauvais vêtements.” (Je vous avais dit que j’avais fait des recherches Google). En gros, il faut investir, il faut s’habiller chaudement. Il faut accepter qu’on aura 10 livres de plus en laine, duvet et tricots et qu’on est loin de la silhouette fluide de la robe en chiffon du mois d’août. Mais on s’en fout: on sera bien comme tout pour attendre l’autobus. Pour me réchauffer de l’intérieur, il n’y a rien comme les bains fumants (tous les soirs) et les saunas, lorsque c’est possible. Mon rêve serait d’ailleurs d’avoir un sauna infrarouge dans ma maison (et quoi encore). Cette année j’ai commencé à faire du sport de manière régulière et j’ai vraiment l’impression que le workout m’aidera à me réchauffer. Le yoga chaud serait aussi une excellente option. Enfin, quand je sors au resto et que je porte des bottes à talons très chic (mais moins chaudes), je mets des chauffes-pieds dedans et je garde des chauffes-mains dans les poches de mon manteau.

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Les aliments – On sait toutes que pour être bien, il faut bien s’alimenter. Cela étant dit, toutefois, l’hiver, la dernière chose dont j’ai envie c’est d’une salade de pousses printanières fraîchement sortie du frigo. Alors oui, je mange santé mais surtout, je mange chaud,  notamment des “salades chaudes”: de la courge rôtie sur un lit de verdure et de quinoa, un artichaut bouilli avec sa vinaigrette, de la ratatouille ou des légumes vapeur cuits à l’asiatique (dans un panier en bambou) avec des graines de sésame. J’aime aussi les soupes et potages, les lattes de matcha et les laits chauds au miel avant le dodo. Je trouve aussi le livre “Eat Pretty” de Jolene Hart inspirant car il explique, selon les saisons, les aliments à privilégier pour prévenir les carences et propose quelques recettes.

Stay warm

Le sommeil – Quand il y a moins de lumière, j’ai besoin de davantage de sommeil. J’ai envie de lire, de flâner au lit, de me coucher plus tôt, de faire des siestes. La ville semble au ralenti et cela me permet d’écouter ma fatigue et de donner suite à mon envie de me blottir dans mon lit. Avant je le combattais. Maintenant, j’en profite; je m’offre un beau nouveau pyjama tous les automnes, je sors les couvertures et je fais mon nid avec une pile de lecture, une bonne crème de nuit et des draps repassés. Le petit truc qui change tout: le couvre-matelas chauffant qui fait que le lit est déjà réchauffé quand on va se coucher. Le bonheur.

À très vite pour la partie 2! Et courage pour le changement d’heure! N’hésitez pas à venir compléter ma liste de trucs en ajoutant les vôtres!

Mon Plan d’automne

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Nous voici en automne. Mon moment préféré de l’année! Le moment des vents frais, des feuilles qui bruissent, des joues roses, des potages et de toutes les possibilités. Au moment où je vous écris, je suis forcée d’interrompre la cuisine des repas de la semaine…par une panne d’électricité (tout était à la mi-cuisson- excellent timing. Une chance que j’aime les pâtes hyper al dente. ). Mais je me dis que c’était un signe de l’univers, comme une alarme qui sonne: c’est le temps du Plan!

Je n’explique pas ce que c’est le Plan car vous connaissez toutes le concept : vous êtes même des pros! Vous êtes plusieurs à m’écrire, à me demander le mien, à partager le vôtre…Mais si jamais vous aviez besoin d’un petit rappel, simplement voir ici, ici, ici, ici, ici et ici, …

J’entre donc dans le vif du sujet : cet automne, je me sens d’humeur slave. Je suis en pleine lecture des romans d’Andreï Kourkov qui enveloppent de froid, de givre et font rêver de villages en Ukraïne, de thé brûlant, de châles, et donnent envie de cuisiner pelminis et salades de betteraves. Je suis donc activement à la recherche d’un authentique foulard à motif floral à la russe («аутентичный русский шаль»), de bottes cuissardes à talons et de vestes de fourrures. J’ai aussi ressorti mon vieux livre Cuisine de Russie et des pays voisins et acheté de la vodka. Давай! (“Allons-y!”)

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Photo via Pinterest

L’automne, c’est aussi la pré-hibernation, le soleil qui se couche tôt et se lève tard et…la difficulté à se lever le matin. La lecture du livre Sleep Revolution d’Arianna Huffington m’a ouvert les yeux sur l’importance de les fermer alors cet automne je compte continuer à faire des efforts de ce côté. On est tellement mieux quand on dort suffisamment. Je ressortirai aussi ma lampe de luminothérapie bientôt, qui a, j’ai trouvé, boosté mon énergie et mon moral l’hiver dernier (20 minutes, tous les matins) et je recommencerai à prendre de la vitamine B (ça aide pour le stress). Ça et je boirai beaucoup d’eau car il faut s’hydrater de l’intérieur (c’est tellement important l’hydratation interne, les mannequins médecins le disent tous).

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Photo via Anthropologie

Au delà de l’inspiration slave et de ma résolution de boire plus d’eau, j’ai également envie de revisiter des tenues classiques de l’automne, mais avec une twist. J’ai l’œil sur une mini jupe en laine rose J. Crew (motif houndstooth, so Londres dans les années ’60) et sur un cardigan Karl Lagerfeld (chez LaBaie), tellement Chanel (mais pas sur le site web). Je rêve de chandails fuzzy et flous comme de la ouate, qui rappellent des robes de chambres roses de pin-up, je rêve de chemisiers soyeux et lustrés qui glissent sur la peau et d’une maxi robe florale style mariage dans un vieux château en Écosse. Ah oui, et j’adore ce kimono fleuri en velours.

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Photo via Anthropologie

J’ai une envie d’imprimés de fleurs sur fonds noirs, de cols roulés en cachemire (dont un blanc d’hiver à gros col) et aussi, de pendentifs simples et superposés, mystérieux, comme des talismans modernes (avec des cristaux clairs, comme du quartz rose et de l’opale), genre, hippie-fée-pastelle. Les cristaux, c’est plein de pouvoirs en plus, et ça donne de bonnes vibrations. Pour le quotidien, je pense à des robes ajustées de laine simples, col en V (pour qu’on voie les pendentifs), avec des manches super longues (mais pas des manches amples, hein, car sinon j’aurai l’air d’une magicienne qui brasse un chaudron). Confo et mystérieuse. Déesse moderne quoi. Lumineuse… (Moi j’ai une super image dans ma tête mais je suis consciente que décrit comme ça, c’est assez louche comme look).

Mais je pense aussi au côté pratique. Souvent les lundis matins, je n’ai pas envie d’être une déesse moderne, non. C’est plutôt de robes hyper corporatives, super classiques, dont j’ai envie (comme si je devais réaffirmer mon côté sérieux après un weekend de décrochage, je sais, n’importe quoi). Pour cela, je me tourne souvent vers J.Crew (hello la Monday Dress) ou vers Club Monaco– les coupes sont simples mais féminines à la fois.

Et bien sûr, je suis toujours d’humeur ballerine : du tulle, du pastel, des jupes qui tournent, je ne m’en lasse pas. Le site web Repetto est une source éternelle d’inspiration et de torture: j’adore tout mais rien n’est vendu ici et de toute façon, avec le taux de change, tout serait hors de portée. Il reste que j’utilise le site pour m’inspirer. J’imagine une vie entière  dans ce monde: de mon vanity à la pause thé, avec des scones et de la confiture à la rose, des leggings, des blushs délicats et une peau claire. Je rêve en pastel, en valse des flocons et en entrechats et, pour continuer à rêver, j’ai pris une passe de saison des Grands Ballets Canadiens pour Petite Ourse et moi! Nous irons voir Roméo et Juliette, Casse-Noisette et le Lac des Cygnes de l’Opéra de Perm (OMG, OMG!!). Je suis tellement excitée! J’adore comme aller voir un ballet nous fait discuter de nouveaux sujets, elle et moi. On parle de l’histoire derrière, de grandes questions, de l’auteur, de l’époque, des décors, de la musique. C’est tellement, tellement magique. Nous en profiterons pour aller au resto entre filles ou aller prendre le thé.

Le Lac des Cygnes de l'Opéra de Perm, aux Grands Ballets Canadiens cet hiver (Photo via Les Grands Ballets Canadiens)

Le Lac des Cygnes de l’Opéra de Perm, aux Grands Ballets Canadiens cet hiver (Photo via Les Grands Ballets Canadiens)

Côté projets, de la lecture (tout plein de romans, ça enrichit la vie intérieure je trouve et ça permet de déconnecter et de voyager), de la marche en montagne dans le Vermont (Petite Ourse est une excellente marcheuse!) et… du sport. Je sais, c’est tellement pas moi de faire du sport mais j’ai découvert que ça me faisait un bien fou (je vous raconterai un autre jour). J’ai aussi envie de mieux planifier les repas de la semaine pour éviter les qu’est-ce-qu’on-mange-sans-réponses, de simplifier ma vie (moins de tout, plus de rien) et de marcher plus en général. Je me sens aussi d’humeur Côte-Est-américaine: des couvertures épaisses dans les teintes de gris, des paniers plein de pommes pour faire des tartes et de la compote, des mouettes et des phares, des chemises de flanelle (mes préférées sont celles-ci), des bottes de marche à lacets rouges, une dinde à la sauge dans le four, des tapis douillets et des lampes d’appoints avec ampoules roses (c’est plus doux pour le teint et les yeux). En vrac: j’ai envie de faire du ménage, je veux arrêter de perdre patience au moment des devoirs, je veux être mieux organisée et aussi, être calme et pleine de gratitude tout le temps. Je veux être plus ensoleillée, gentille avec tout le monde, m’occuper des autres et aussi de moi, avoir la peau du dos hyper douce, écrire avec une plume fontaine et aussi, faire un pot-au-feu avec des haricots verts en petits paquets attachés avec de la ficelle. J’aimerais aller me faire masser au spa et m’acheter un nouveau pyjama. J’ai envie de lire des magazines dans un lit aux draps frais et repassés, de faire des brioches à la cannelle (une vraie recette de Suède), et aussi, c’est très important : je dois me rappeler ce qui est important, je dois mettre les choses en perspective et arrêter de m’en demander autant. J’ai aussi envie de faire plein de soirées cinéma maison avec toute la famille collée sur le canapé, avec les oursons qui m’expliquent, tout excités, QUI est Han Solo (so compliqué ces Star Wars).

Glossier The Supers (Photo Via Glossier)

Glossier The Supers (Photo Via Glossier)

Point de vue beauté, je me sens à la croisée des chemins: de vraies premières rides apparaissent (alors que je me sens plus jeune que jamais) et j’ai envie de moins (alors que peut être que j’aurais besoin de plus? Je ne sais pas.). Je choisis d’avoir moins et je préfère désirer longtemps (et lire 181 reviews) plutôt que de craquer sans réfléchir chez Sephora. Conséquemment, les visites en boutiques sont plus rares: je me fais des listes mentales, je finis mes flacons et je reviens toujours au Lip Glow de Dior et au Bronze and Glow de Charlotte Tilbury (que je viens de terminer!). Du reste, je rêve en texture gel-crème et glossy shimmer et je visite les sites pour rêver davantage que pour acheter. J’ai très envie des teintes dorées de la Legendary Palette de Charlotte Tilbury pour les yeux, du bâton lumineux Haloscope Glossier teinte Quartz (j’ai le Topaz et j’adore), de rouge à lèvres nude (Super Cindy de Charlotte Tilbury) et framboise (Secret Selma de Charlotte Tilbury). Et j’adore la nouvelle teinte The Queen, un rouge cerise adouci par une pointe de rose. Côté soins, l’automne c’est le moment de faire des bains thérapeutiques maison: au lait, à l’huile…Des gommages au sucre et au sel, des trempages aux huiles essentielles et des bains de vapeur qui décongestionnent la peau et les sinus. L’automne, c’est aussi le temps des masques (vous avez une recommandation? Je cherche un nouveau masque…), des huiles et des crèmes. Je rêve de l’huile visage Vintner’s Daughter (trop chère, ça n’est pas réaliste), des nouveaux sérums The Supers de Glossier et du baume à lèvres Tatcha, celui qui a une feuille d’or dedans.

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Enfin, côté parfum, je suis totalement sous l’hypnose de la pub Scent of a Dream de Charlotte Tilbury avec Kate Moss même si je n’aime pas du tout ce parfum. Kate Moss dans cette pub est une parfaite inspiration «look de sortie» (boucles défaites, maquillage cool, robe scintillante). Oh my God, robe scintillante!! J’ai envie de robes de sorties, de velours, de brocade, de hauts à paillettes, de robes qui brillent un peu et sont presque inappropriées pour la vraie vie. Vous savez, ces robes qui font que les monsieurs de quatre-vingt ans s’inclinent en vous donnant un baise-main à la blague dans la rue, ces robes qui font que les serveurs vous apportent du champagne en vous souhaitant bon anniversaire. C’est tellement plus fun que la petite robe noire classique- ça donne le goût de s’inventer des sorties, de mettre des date nights à l’agenda, de commander un Uber et une gardienne et de sortir dans la ville avec chéri ou ses amies… Ma soirée de prédilection ces jours-ci: prendre un verre au Cloakroom (un bar secret, avec une porte secrète cachée derrière un miroir, soooooo cool ! Et tellement Roger Rabbit! ) avant un souper au resto. Mais avec une robe scintillante, tout ça, c’est encore mieux ! (Et c’est encore plus dans l’esprit de Roger Rabbit (style, Jessica Rabbit!).

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Photo Via Anthropologie

Enfin, côté sac à main, la mode est aux mini sacs, ce qui est parfait pour aller marcher longtemps et avoir le pas léger et les mains dans les poches. J’adore l’idée, même si ça veut dire qu’on ne sort qu’avec un rouge à lèvres sur soi. Je crois bien que je vais finir par craquer.

Enfin, c’est ce que je veux le plus pour cet automne : plus que les tartes, plus que le vernis Pirate de Chanel impeccable, plus que les cheveux brillants de Ouai Finishing Creme et plus le manteau de laine avec du mouton retourné dans le col, ce que je veux le plus-plus-plus, c’est du temps pour moi, pour respirer, marcher, pour aller sentir le vent frais sur mes joues et dans mon cou, entrer dans un café avec mon mini sac à main et un roman dans ma poche (parce qu’il n’entrera pas dans mon mini sac à main, snif), prendre un café toute seule, dans ma ville aux feuilles tombées. Rêver. Me rappeler qui je suis, ce que j’aime, mon bonheur, prendre le temps de le savourer et de le vivre dans ma bulle à moi…avant de retourner à la maison, manger des pâtes à moitié cuites (avec un mini verre de vodka) dans un peu de désordre, avec mes ours excités que j’aime. Bon automne et surtout, bon Plan à toutes !

P.S. N’hésitez pas à partager vos Plans ici, ils sont toujours inspirants!

Pilote automatique

Cruise Control

(D’abord, toutes mes excuses pour mon absence- je pense toujours que le rythme va se calmer mais finalement, c’est un grand et sympathique tourbillon! Mais comme j’essaie de cultiver un équilibre tranquille et d’incarner l’équanimité, je ne ferai que dire: c’est bon de vous retrouver!)

Plongeons dans le sujet:

J’adore les crèmes, les rituels de beauté et les petites pauses à soi qui font du bien et remettent les choses en perspective. Mais parfois, je le concède, on a l’impression que notre routine beauté est un autre emploi avec une liste de choses à faire (avec des cases à cocher), des priorités (hello épilation!), un agenda (exfoliation mardi-jeudi), des video-conférences (tutoriels Youtube), des 5 à 7 qui nous tentent plus ou moins (5-7 produits à appliquer avant le dodo) et un boss impitoyable qui ne nous donne jamais de congé (soi-même). On la veut parenthèse plaisir mais notre routine beauté peut devenir une vraie corvée. Tous ces rituels devraient toujours être une option, un choix. Toujours. Il faut se le rappeler.

Mais parfois, on n’a pas le choix car on sait que l’on se sentira juste tellement, tellement mieux dans notre peau si on se lave les cheveux, si on change notre vieux vernis ou si on se fait les pieds tout doux. C’est juste un fait de la vie. Mais voilà, on manque de temps, on manque d’énergie, on n’a pas envie…Je suis la première qui l’admet, ça arrive et c’est normal. On voudrait tout : passer du temps en famille, lire un livre, avoir une maison propre, prendre de l’avance au bureau, cuisiner, faire du sport, se coucher tôt ET avoir l’air de Rosie Huntington-Whitleley dans Transformers. Il n’y a pas de solution pour y arriver, à part peut être faire des choix et prioriser. Heureusement, il y a des petits produits qui nous permettent de consacrer notre temps précieux à autre chose qu’à la beauté mais d’arriver tout de même à la finalité espérée. Je les appelle les produits « pilotes automatique»: des produits «intelligents» qui nous emmènent à destination pendant que nous consacrons notre attention à autre chose. Cruise control. Non, ce ne sont pas nécessairement des bulles de bonheur mais j’estime ce genre de produits (et services) sont parfois nécessaires à notre bonheur.

Cruise control

Pieds tout doux 

Il y a les chaussettes à laisser poser quelques heures, puis, qui après un peeling intense (lire apocalyptique) sur plusieurs jours, feront des pieds plus doux que tout. Il y a les lotions à laisser poser sur les pieds, puis à rincer avant de passer la pierre ponce pour aider à exfolier la peau plus dure sous les pieds. Les deux fonctionnent, les deux peuvent dépanner, sinon, l’usage répété d’une crème à base d’urée (on en avait parlé) peut également faire les pieds super satinés.

Peau de reine

Pour quand je n’ai pas l’énergie de m’exfolier le corps mais que j’ai envie d’une peau super douce, je m’enduis de lotion corporelle avec acide lactique. La lotion Amlactin, achetée aux Etats-Unis (chez Wal-Mart), est ma préférée: elle enraye vraiment l’effet «chair de poule» sur les bras et fait la peau ultra-lisse. Attention, ne pas appliquer sur la peau fraîchement épilée: ça brûle !

Masque minute

Les masques en feuilles sont désormais faciles à trouver : il y en a chez Sephora, il y en a à la pharmacie, même Estée Lauder en fait; c’est dire combien ils ont gagné en popularité! Et pour cause: ce sont les masques les plus faciles à utiliser. Souvent sans rinçage: il suffit d’ouvrir le sachet, de déplier le coton enduit de lotion et de l’appliquer sur le visage…et voilà. On peut lire, on peut écouter la télé, méditer, remplir le lave-vaisselle ou trier le linge pâle du foncé à laver…Un monde de possibilité s’offre à nous: c’est comme si on avait mandaté notre clône pour se faire un soin du visage pendant que l’on fait autre chose. J’adore. J’ai récemment fait une razzia chez It’s Skin dans ChinaTown : les prix sont bons et on a l’impression d’être en voyage tant tout a l’air exotique. (Mention spéciale pour le masque qui me donne l’air d’une loutre durant la pause: le préféré des oursons).

Nettoyage multi-tâche

Il y a l’huile corps sous la douche de Mixa que mon amie m’a rapportée de France (et que j’ai beaucoup aimée) mais toute bonne huile lavante fera l’affaire (sauf celle-ci en ce qui me concerne). Une huile lavante, ça permet de sauter l’étape hydratation lorsque l’on sort de la douche : un film hydratant fin et parfumé nous colle à la peau quand on est bien propre et hop-c’est fini. On passe à autre chose. (Comme par exemple aller mettre le linge dans la sécheuse).

Boucles de paresseuses

Vive les chouchous (autrement appelés “scrunchies” si vous avez grandi le West Island!). Plus ils sont gros et plein de tissu, plus je les adore ! J’applique une noisette de lotion coiffante (ou d’huile) sur les longueurs de mes cheveux, je les enroule en chignon lâche (ou en deux chignons, style princesse Leia), je sécurise la chose avec un chouchou et je vais me coucher. Au matin, le rendu est souvent assez bien pour que je puisse me passer de mise en pli et rester un peu plus au lit. Contrairement aux élastiques ou pinces, ce qu’il y a de bien avec les chouchous c’est qu’ils ne laissent pas de marque ou de plis dans les cheveux- et qu’ils sont doux comme tout (zéro cassure). En plus ils sont super chic, non?

Ongles miroirs sans avoir à lever le petit doigt

Oui, avoir une esthéticienne dans nos contacts, c’est l’idéal. Ou être capable de se faire les ongles impeccables soi-même, c’est génial aussi. Mais parfois, on a juste envie de quelque chose d’instantané: autant on sait se faire du café…il reste qu’on passe quand même chez Flocon Espresso. Parce que c’est un plaisir. Parce que c’est zéro-effort. Parce que le café est super bon (et aussi, les scones, n’oublions pas les scones!). C’est la même chose pour les ongles. Il m’arrive d’aller dans des salons d’ongles sans rendez-vous, j’entre, je vois s’ils ont deux minutes et si oui, je fais appliquer mon vernis. Pas de rendez-vous. Pas de coup de téléphone. Zéro-planning. Carpe Diem. Le truc? Avoir sur soi sa propre lime et son flacon de vernis (toujours dans le sac à main) et refuser tout ponçage (“buffing“) ou soin des cuticules. Bien sûr, ça ne peut se comparer à un vrai soin des mains avec mon esthéticienne adorée MAIS c’est quand même super bien. Ça me permet de me détendre. Ça me permet de regarder “Lip Sync Battle” en mute sur l’écran géant au fond du salon (ça sert à rien- je n’ai aucune idée de ce qu’ils chantent. Mais pourquoi on écoute ça? Why?). Mais surtout,  ça me permet de sortir du salon avec des ongles frais et brillants avec toute une soirée devant moi. Le bonheur. Il ne manque que des scones de chez Flocon!

Et comme je suis un peu dans un tourbillon, j’adorerais connaître vos trucs beauté de type pilote automatique qui me permettraient d’arriver aux résultats souhaités avec un minimum d’effort et d’investissement en temps.

Late to the (Instagram) party

late to the partyBoucle d’Or est sur Instagram! Je sais : je suis super en retard à la fête. Depuis le temps que plusieurs d’entre vous essayiez de me convaincre, j’ai enfin fait le saut! Pourquoi maintenant? Pourquoi suis-je si tardive? Qu’est-ce qui m’a convaincue? Voici mon billet de retard :

Je suis en retard à la fête parce que :

Je suis peureuse : Yup, je suis assez peureuse pour certaines choses, surtout pour ce que je ne connais pas. J’avais peur que mes oursons puissent prendre mon iPhone et, hop, d’un clic, aller mettre ma vie sur Instagram. Sans filtre. J’avais peur que mon identité secrète soit mise à jour par un simple commentaire. (Mais en même temps, on se calme, ça n’est pas non plus comme si je suis agent secret.)

J’adopte toujours tout tardivement : Je suis en retard pour beaucoup de choses dans la vie, même si, dans les faits, je suis très ponctuelle. Je ne surfe jamais les modes, je suis celle qui est sur la plage, regarde au loin et attend que la vague revienne lui casser sur les pieds. Je tiens rarement à être la première à faire quoi que ce soit. (Ma devise est souvent : « I will learn from your mistakes »). J’ai voulu une poupée Cabbage Patch Kids après que toutes mes amies en aient eues une (il n’en restait plus au magasin). J’ai appris à faire la roue et la split après que toutes mes copines aient essayées (et que plusieurs se soient blessées). J’ai appris à conduire à 29 ans, super-enceinte, parce que je n’avais plus le choix….Et je suis tellement contente de l’avoir fait! Comme vous le savez, au début il me fallait ma barrette de conduite (pour éviter les cheveux dans les yeux), mes chaussures de conduites (des ballerines) et un silence de bibliothèque mais maintenant…Je conduis partout, je me stationne dans des minis espaces, je mets la musique à fonds et je conduis en talons…J’en déduis donc qu’il m’arrive souvent d’aimer ce qu’il m’a pris du temps à apprivoiser. Peut être que ce sera la même chose avec Instagram?

Je suis romantique: Pourquoi être sur Instagram? C’est juste sooooo moderne, ça manque un peu de poésie, non? En plus, je me demandais si ça serait une autre application, un autre truc à gérer dans ma vie déjà très électronique. Je reçois des messages textes, des courriels, des commentaires via le blog (ce que je préfère!), et il m’arrive de ne pas arriver à être au dessus de tout et de culpabiliser sur le temps de réponse. Le rêve de l’Inbox Zero au coucher, je ne l’ai jamais réalisé. J’avais donc peur de ne pas arriver à bien « être sur Instagram », point de vue disponibilité. Et en plus, je ne prends pas des super photos. Et mon mari n’est pas un photographe professionnel qui ne demande qu’à capturer mon look du jour et saura me donner une aura de mannequin alors que je suis juste fatiguée devant ma porte de garage en route vers le bureau.  Règle générale, c’est juste moi, mon iPhone et un très mauvais éclairage…j’avais peur du résultat. J’avais aussi peur de ne rien avoir à mettre sur Instagram. Je ne pense pas que vous souhaitiez voir les photos de mon ménage de contenants de plastiques (aucun couvercle ne correspondait aux contenants, aucun!!) ou de la soupe aux nouilles du soir…Alors, comment faire quelque chose qui me ressemble mais qui ne soit pas non plus un tissu de rêve? Je ne veux pas que ma vie devienne un photoshoot. Je ne veux pas “mettre en scène” des moments, je veux les vivres, même si rien n’est parfait visuellement. Et aussi, j’avais peur de devenir distraite, de ne plus être dans le moment, de m’inquiéter pour des trucs superficiels comme le nombre de « Likes » alors que la vraie vie est juste devant moi, de devenir un mauvais exemple pour mes enfants, complètement zombie accro à la technologie…Vous voyez : j’ai peur de tout.

Je suis secrète : Watching you, watching me, watching you…” Se savoir regardée, c’est un peu intimidant, non? Mais bon, je me rassure en me disant que l’internet est un endroit sûr où les gens ne sont que bien intentionnés, n’est-ce pas?

Mais…je suis tout de même venue parce que :

J’aime trop l’idée d’un contact dans les deux sens! On pourra vraiment partager, ce sera trop cool ! Moi aussi j’aurai un petit aperçu de vos vies, de ce que vous aimez, de vos découvertes beauté ! Ça ne sera plus seulement moi qui vous parle de mon ménage de contenants de plastiques…Much better, non?

Cela nous permettra de rester en contact lorsque je n’arrive pas à écrire! Entre le travail, les devoirs de Petite Ourse, le blog, et juste la vie en général, il m’arrive de ne pas écrire et ce, parfois pendant plusieurs semaines… J’ai toujours l’impression dans ce temps-là de ne pas savoir par où commencer pour reprendre le fil et recommencer à écrire. Je me dis qu’avec Instagram, on pourra rester en contact durant mes pauses, ce qui sera trop bien ! Vous verrez que je n’ai pas tout simplement arrêté de m’hydrater la peau mais que je n’ai simplement pas eu le temps de vous écrire comment je m’hydrate la peau en détails. Yay!

C’était nécessaire pour demeurer informée! On n’a plus le choix si on veut être à l’affût! Sinon, comment savoir que les rouges à lèvres #HotLips de Charlotte Tilbury sont sur le point de changer nos vies?

Ce sera fun! Point final. Mon amie E. était tellement, tellement enthousiaste quand elle me parlait d’Instagram que c’est devenu contagieux. Car oui, je suis peureuse ET hyper influençable.

Alors, me voilà sur Instagram ! Je suis tellement excitée ! Et j’ai plein de questions! Par exemple, je suis la seule qui, quand elle entre dans la section « bibliothèque photo» dans Instagram, a toujours la photo la plus anti-glamour à l’écran ? Genre, la photo de la grille de valeurs nutritionnelles du pot de yogourt ou la capture d’écran du GoogleMap sur comment se rendre au garage? Et je suis la seule qui a peur de déranger les autres en les interpellant avec un @? J’imagine que je vais m’habituer…Alors joignez-vous à moi (et à mes 19 followers, yeah !) : Boucle d’Or a mis sa plus belle robe, ses talons et elle vient d’arriver à la fête sur la pointe des pieds. Mieux vaut tard que jamais, non?

 (P.S. Vous me trouverez @goldilocks.boucle_dor).

Et puisque je suis contre les photoshoots: voici ma photo avant mon #ménage de contenants de plastiques!

Avant...

Avant…

 

Un Plan sans argent

Le Plan- Printemps 2016

Vous êtes toute maintenant familières avec mes Plans, vous avez été nombreuses à m’écrire pour me demander de faire un Plan de Printemps…(Pour celles qui sont nouvelles et ne connaissent pas les Plans, voir ici, ici, ici, ici, ici

Mais c’est quoi un Plan? Un Plan c’est une mini-réinvention de soi, tout en restant soi-même of course, teintée de nos inspirations du moment et de nos envies sur le long terme. Les Plans sont toujours les bienvenus dans la vie, surtout après un changement majeur comme un nouvel emploi, un amour, une maladie, une rupture, un bébé, etc. Mais vous remarquerez que les Plans plus spontanés coïncident souvent avec les changements de saison. Les Plans les plus majeurs, eux, sont ceux des équinoxes: l’automne (hello, September issues des magazine et nouveaux stylos pour la rentrée), et le printemps (par ici les jupes teintes bonbon pour revivre après un hiver de jeans et de chandails de laine merino).

Attention, il ne faudrait surtout pas confondre un Plan avec (*frisson*) un makeover. Si le makeover s’attaque uniquement au superficiel, le Plan commence au plus creux de son coeur avec plein de questions: “Qui voudrais-je être?”, “Qu’est-ce qui me touche?”, “Quelle poème je veux vivre?”, “Qu’est-ce qui fait mon bonheur?”, “Comment revenir à l’essentiel?”, “Qu’est-ce que j’admire?” ou “Qu’est-ce qui me ferait plaisir?” Le Plan c’est l’exercice nécessaire de tresser nos rêves à la réalité et de chercher ce point unique de rencontre entre qui on est et toutes les possibilités infinies de ce qu’on pourrait et souhaiterait être. My God, je pourrais écrire un livre sur le sujet: j’adore les Plans!

Ce printemps, je vous propose un Plan différent: un Plan sans argent! Mais attention, il n’est pas pour autant étranger à l’investissement…Parce que oui, les Plans, même s’ils sont loin d’être frivoles, impliquent souvent de petits achats. Parce que quand on décide qu’on sera la fille mystérieuse au manteau rouge qui lit Anna Karénine sur un banc de parc et qu’on n’a pas de manteau rouge…enfin, vous voyez où je veux en venir. Puis il y a un nouveau juge à lèvres ou des chaussures…Souvent un Plan commence avec des petits achats, ce qui est très bien comme ça.

Mais les grandes lignes d’un Plan peuvent ne rien coûter et créer tout autant de changement. À preuve: voici mon Plan sans argent! No money, no problem!

-On ne touche plus à nos sourcils: C’est ce que je fais présentement (ma mère adore!): je n’épile que les poils complètement off-track. Oui, c’est un peu la broussaille mais c’est totalement la mode les sourcils fournis. Je les brosse vers le haut et je les définis un peau au crayon. Les quelques nouveaux-venus m’aident à transitionner vers des sourcils plus épais durant la repousse. Se laisser pousser les sourcils ne coûte rien mais l’impact est majeur. Parlez-en à Natalia Vodianova.

-On range nos tiroirs (et on fait des découvertes): Sortons tout, tout, tout, pour trier, ranger et…oh, mais c’est quoi ce blush trop parfait! Et ce rouge à lèvres oublié…Soyons honnêtes: on a de l’overstock. Allez, on finit nos tubes.

-On écrit des lettres, des vraies: Le plaisir de recevoir une vraie lettre, par la poste, est amplifié par la rareté de la chose, non? Prendre le temps d’écrire chaque semaine à quelqu’un dans notre vie, de près ou loin, prendre et donner des nouvelles, coller un timbre et regarder notre lettre être avalée par la boîte aux lettres…Je veux être une fille qui écrit des lettres.

-On mise sur les détails: Changer de côté la séparation de nos cheveux, apprendre de nouvelles tresses, superposer les colliers qu’on possède déjà ou les porter comme bracelets- tant de possibilités!

-On porte nos vêtements différemment: J’ai longtemps porté un cardigan à l’envers parce que j’avais vu une pub Hermès d’un chandail boutonné dans le dos. J’avais totalement l’impression d’avoir une nouvelle tenue! (Mais attention, ne pas essayer avec les chaussures ou culottes.)

-On n’oublie pas les rubans: En bracelets, en ceinture, tressés dans les cheveux, noués sur la courroie d’un sac…les rubans sont magiques!

-On se met totalement en forme: Pour soi, pour les endorphines, pour bien dormir, pour défouler… Aller courir avec de la bonne musique dans les oreilles, on peut toutes se le permettre.

-On fait pousser quelque chose: un noyau d’avocat, un bulbe de fenouil, des graines de fleurs sauvages, des plans de tomates, c’est tellement réjouissant et ça invite le printemps.

-On mise sur une hygiène spartiate: Imaginons la peau de notre corps si on l’exfoliait vraiment, si on l’hydratait vraiment avec diligence? Si on crémait nos pieds et mains chaque soir, si on en massait nos jambes comme dans les feuillets Clarins, après quelques coups de brosse dans les cheveux, si on prenait des bains d’huiles (d’olive) et de lait 3,25%, si on se frictionnait au sucre et au citron? Oui, on n’a vraiment besoin de rien…

-On boit de l’eau: Because l’eau = glow. L’eau, c’est la recette universelle teint clair. Ça tombe bien, ça coûte rien.

-On cultive une vertu à fond: Imaginons les trois fées de La Belle au Bois Dormant. Si on pouvait choisir une vertu pour soi, qu’elle serait-elle? Gardons cette vertu en tête, cultivons-la, laissons-la guider nos actions.

-On nourrit son âme: Lire (des livres en papier), écouter des podcasts (j’adore mais j’adore Mystery Show et aussi Stuff you missed in History Class), aller au musée, aller marcher, écouter de la musique, faire du ménage, cuisiner et épurer…

-On fait semblant: Quand la routine est un peu trop grise, faire semblant c’est tout ce qu’il me faut pour remettre de la poésie dans ma vie. Faire le souper un mardi soir alors que les oursons se chamaillent dans le salon? Je mets un tablier, j’écoute de l’opéra (je n’aime même pas l’opéra) et j’imagine que je suis une belle mama de Venise (genre, Monica Bellucci) qui prépare la pasta de ses bambinis – déjà c’est plus cool. Ça me fait rêver de voyages, de paysages, ça me sort de mon quotidien- je suis dans ma bulle. Faire semblant, je recommande chaudement.

D’autres idées pour des Plans qui ne coûtent presque rien?

Des idées en vrac pour un Plan

Un Plan d'automneC’est l’une d’entre vous qui me l’a gentiment fait remarquer: voilà un mois que je n’ai pas publié. Comment, comment l’expliquer? Je ne sais pas en fait: j’ai plein d’idées et les doigts qui ne demandent qu’à écrire, mais la journée passe tellement vite que je m’étonne qu’il soit déjà onze heures du soir et que je ne sois même pas encore crémée. Parmi les choses qui ont changées, Petite Ourse a maintenant des devoirs (on aime le français, pas les maths- comme maman). Aussi mon travail est assez demandant. Et maintenant, surtout, le dodo comporte une séance de négociation digne d’une transaction d’envergure entre multi-nationales. Autant j’adore tout, autant je manque totalement de temps.

Mais bon, ma quête n’a pas changée. Je m’hydrate toujours, je recherche toujours le blush “lumière d’automne/mannequin au repos/peau de bébé” parfait et surtout, je formule encore des Plans (voir ici, ici et ici pour celles qui ne connaissent pas)! Comme mon amie V a déménagé et qu’il est moins facile pour nous de nous rencontrer, mes Plans sont maintenant davantage une conversation intérieure avant de me coucher qu’un brunch animé autour de scones et de cafés. Mais le but est le même: se redéfinir un peu, affiner son grain de peau, ses goûts et retrouver son âme de manière rêveuse et authentique. Voici donc en vrac mes quelques idées que je mijote, comme une soupe d’automne, tranquille, réchauffante et pleine de promesses.

D’abord et avant tout, cet automne, je vibe Pêche en Alaska: un gros chandail de laine crème à mailles torsadées qui gratte un peu (ça fait partie de l’expérience de pêche, avec des pastilles pour la toux Fisherman’s Friend d’ailleurs, tiens, je note), les joues roses à cause du brouillard froid et salin et de la buée qui sort de la bouche tant l’air est givré. Voilà ce dont j’ai envie! Ce chandail, qui ressemble à celui affectionné par Grace Kelly, m’apparaît le parfait alliage de chic et de viking mais sinon, La Baie, Gap et L.L. Bean ont toujours de belles options. Je le porterais avec des jeans foncés ou des leggings et, les weekend, ce serait mon chandail de prédilection pour aller cueillir des pommes ou sabler un meuble en plein-air (si une telle éventualité devait se présenter). Idéalement, j’adorerais aussi les Bean Boots de L.L.Bean, mais comme ça fait trois ans que je vous en parle et que je ne les ai toujours pas achetées, j’arrête d’en parler.

Parlant de choses que j’arrête: j’arrête avec la torture de la fille qui veut être “bonne en tout”. Pourquoi je regarde constamment le compte Instagram d’Ivanka Trump? Pourquoi? D’abord, je me disais que c’était pour de l’inspiration #Womenwhowork mais au final, je me rends compte que je ne fais que stresser en voyant que 1) elle s’entraîne dans son salon avec ses enfants avec le sourire 2) sa maison est impeccablement rangée  3) elle planifie les repas du vendredi soir le dimanche soir précédent parce que la famille est so important to her et sa fille cuisine le dessert toute seule (alors que le vendredi, moi, je n’ai qu’une envie: commander des dumplings en écoutant le dernier épisode de Brooklyn 99 enregistré!) 4) elle est tout sourire le matin avant d’aller travailler, genre radieuse comme dans une pub de yogourt et 5) elle performe au travail alors que de son côté, son bébé lit le journal en pratiquant son mandarin (so cute!) Au fait, rien de tout cela est une blague: son bébé parle vraiment le mandarin. Ses enfants jouent aussi du piano et Ivanka fait de l’escalade, court des marathons et gagne même des médailles! J’essaie donc de décrocher. Idem pour les livres de recettes aux belles photos mais trop compliqués, pour les livres sur le rangement qui nous disent que nos chaussettes stressent si on ne les flatte pas dans le sens de la fibre, pour les bonnes idées “fermier de ville”, tricot dans le métro et arrangement floral rustique en déjeunant, idem pour le Martha Stewart Living des Fêtes qui apprend à faire des rennes en paille avec du ruban rouge comme en Norvège, pour les livres sur comment bien élever ses enfants avec un système à trois tirelires pour leur apprendre les investissements à court et long terme et la charité…Oh my God! Autant j’adore, mais j’adore ce genre de lectures, autant j’apprends aussi à connaître mon propre seuil de sensibilité par rapport à ce genre de message (il est très grand: je suis une vraie éponge!) qui au delà de l’élan d’inspiration initial, me tire vite vers un sentiment d’inéquation global. Je compte donc limiter ce genre de lectures avant de devenir une vraie boule de stress au bureau en pensant à mes décorations de citrouilles, à mon tian de légumes et au fait que mes enfants aiment davantage le bricolage que l’art post-moderne. (Cela étant dit, le livre sur le rangement m’interpelle vraiment). Un peu comme je ferme les yeux devant un film violent, je choisis de fermer un peu les yeux à toute la “perfection” (entre guillemets, hein, car on sait bien qu’il y a des équipes derrière) de ce monde, à tous les comptes Pinterest inspirants qui demandent une semaine de vacances pour réaménager sa salle de lavage avec des beaux paniers en osier et des épingles à linge sculptées à la main, à tous ces comptes Instagram de femmes qui travaillent et semblent aussi tout faire très bien sans le moindre doute, la moindre aide ni la moindre fatigue. Je dis stop car je connais mes limites.

Point de vue attitude générale, je me sens inspirée par une maman brésilienne que je croise à la garderie. Elle a littéralement le soleil dans la voix et sa bonne humeur est totalement contagieuse. Elle porte des couleurs vitaminées l’hiver. Elle a les joues hâlées. Elle dit toujours bonjour comme si nous étions à de grandes fêtes de retrouvailles (alors qu’on s’est croisées le matin) et elle s’émerveille de tout, tout, tout (“ahhhh, comme le local est bien décorrré!“)! J’ai envie d’être plus comme elle, la voix chantante et le bonheur apparent. J’ai envie de garder un peu de l’été avec moi, dans ma garde-robe et sur mon teint. Sur ma liste d’automne il y a donc des chandails de laine ou cachemire (mes chouchous sont ceux de La Baie, pour le rapport qualité-prix) mais en des teintes de rose foncé, de mauve doux, de bleu ciel ou de nuit étoilée. Je compte aussi m’amuser un peu avec ma poudre bronzante Beige de Chanel même s’il fait sombre dehors. Qui a dit qu’il ne faisait pas soleil?

C’est contradictoire, je sais, mais je suis aussi complètement obsédée par la marque canadienne Kit and Ace (le dernier bébé de la famille des fondateurs de Lululemon) qui ont créé de sublimes basiques urbains confortables (que du noir, du gris et du beige) dans des fibres luxueuses et complètement doudou (hello le cachemire lavable à la machine!). J’adore tout ce que j’ai acheté de la marque et là, j’économise pour ce châle qui sera juste trop parfait le matin dans mon bureau glacé.

Parlant de noir et de contradictions, j’ai aussi envie de blanc, de clarté, de grand ménage et de moins de tout. Moins de choses dans mes tiroirs, moins de moules dans l’armoire, moins de choix, moins de désordre. Ma routine beauté reflète cette envie aussi: une bonne crème de jour (Glossier,Tolériane Ultra), de nuit (je suis une convertie à la Clarité de Vivier ou à la Luna Oil de Sunday Riley), une solaire, un parfum et un savon. Bien sûr il y aura toujours quelques masques et exfoliants (et tout ce qui vient de May Lindstrom!), mais généralement, je constate que je n’utilise que ce qui m’enthousiasme. Alors pourquoi m’encombrer de tubes efficaces mais déprimants? Je pense à un col roulé blanc aussi (ça serait bien pour mon look scandinave) et à des boucles d’oreilles en perles. Un fard blanc nacré dans le coin interne de l’oeil (ça réveille), des gouttes pour les yeux une fois de temps en temps et une crème pour le corps câline (Crème de Corps de Khiels ou Lait aux agrumes de Biotherm).

Point de vue maquillage j’ai envie de yeux félins pour le soir (Charlotte Tilbury, tes Nocturnal Cat Eyes tombent à point!), de yeux clairs et naturels pour le jour (Buxom Mink Magnet) de lèvres mi-mattes rosées (Tom Ford Spanish Pink) et de points de lumière dramatiques sur l’os de la joue (je refuse d’utiliser le mot “strobing“). Une grosse tresse défaite, des bottes cavalières, un vernis rouge à la Olivia Palermo et des grosses lunettes solaires noires qui font un peu des yeux de chats- voilà ce qui m’interpelle. J’ai envie de quelque chose de simple, de chic et de lumineux. D’ailleurs, avec des chandails de laine rustiques, le maquillage lumineux me semble être le contrepoids idéal, non? Ça me semble assez scandinave comme combinaison (ce que je recherche toujours), et puis, c’est très fée des neiges et donc tout à fait de saison.

Parlant de scandinavie, j’ai envie de cuisiner scandinave, de décorer scandinave et de porter un parfum plus scandinave, simple et enneigé. Je vais aller voir du côté de Byredo (maintenant chez Holts de Montréal, par transfert des autres boutiques du Canada) pour ce dernier besoin! Et je vaporise mon bureau du parfum d’ambiance Jardin de Givre, une super trouvaille à petit prix chez Simons (dans la section La Lingère)!

J’ai aussi envie d’être plus dans le moment- de vraiment, vraiment laisser mon Iphone dans mon sac à main quand j’entre dans la maison. De donner toute mon attention à ceux que j’aime, sans alerte La Presse/courriel du bureau/texto d’une amie/suggestion GetTheGloss qui m’appelle et m’aspire vers le monde virtuel alors que tout ce qui compte est à quelques centimètres de moi, plein de vie et d’amour. Je suis persuadée que je serai plus sereine si j’arrive à ainsi décrocher.

J’ai aussi envie d’avoir hâte, de voir quelque chose de beau au calendrier. L’an dernier je suis allée voir le ballet Alice au Pays des Merveilles de Christopher Wheeldon (recommandé par l’une d’entre vous!) à Ottawa avec Petite Ourse et ce fût magique! Petite Ourse et moi en avons parlé des mois d’avance et nous en parlons encore. Outre Noël et les anniversaires je trouve important de mettre à l’agenda des petites bulles qui disent “Souper avec ma soeur!”, “Exposition”, “Marche en Montagne”, “Marché Jean-Talon!” ou même juste “Promenade dans ma ville et chocolat chaud”, autant d’excuses pour se motiver à sortir, à voir des gens et à aller prendre l’air quand il fait froid, ce qui n’est pas facile à faire durant l’hiver mais s’avère toujours salutaire.

Enfin, pour finir, parmi les résolutions qui découlent de mon Plan, notons aussi de manière générale que j’ai envie de prendre le temps. Prendre le temps de m’assoir devant Cendrillon avec les oursons, prendre le temps de lire un vrai livre avant de me coucher, prendre le temps de respirer, de vider mon sac à main le soir pour en sortir les crayons sans bouchons, les reçus Jean Coutu et miettes de biscuits. Prendre le temps d’être avec ceux que j’aime sans distraction, de replier la jupe qui n’allait pas ce matin et qui est restée sur la chaise, d’attendre que mon vernis sèche avant…de me lancer dans la fabrication de rennes en paille comme en Norvège. Non, je plaisante. Je veux apprendre à attendre que mon vernis sèche point. Sans lire un magazine, sans regarder mes courriels, sans regarder la télé. Apprendre à attendre que mon vernis sèche, immobile, tranquille et bien.

C’est un plaisir que de vous retrouver! Vous avez fait un Plan d’automne? Si oui, racontez-moi pour m’inspirer et pour que je vous pique des idées!

De la chaleur

Fleur Wood 1Il y a des moments dans la vie où l’on a besoin de chaleur au coeur: un beau pyjama, des gros bas, une couette bien chaude et surtout, un livre comme un baume, qui soigne et reconstitue.

Le sublime livre de la designer australienne Fleur Wood, Food Fashion Love (Penguin, 2014), est exactement cela: un condensé de bonheur imprimé. Depuis que je l’ai reçu à Noël (merci mon Goglu!), je ne cesse de l’ouvrir, un peu tous les soirs, comme pour me réchauffer l’âme. À mi chemin entre le scrap-book vintage, le journal intime et le livre de recettes, cet ouvrage soigné et romantique transporte, inspire et fait rêver en poésie, glaçage et dentelles anciennes. Comment ce méli-mélo de belles photos et d’idées viennent-elles se mettre ensemble pour former un tout cohérent aussi inspirant? Je n’arrive pas à l’identifier clairement mais aucun doute, Fleur y arrive brillament. Divisé en chapitres aussi bric-à-brac que charmants, on passe des fleurs et de la nature à l’amour et l’art de prendre soin de soi et de ceux que l’on aime, de l’arc-en-ciel aux brillants (oui, oui, glitter! Glitter!), de la nostalgie, à l’inspiration et à l’âme. J’adore.

Fleur Wood Food Fashion Love

On y découvre des photos anciennes, des pensées, des recettes familiales (je veux trop faire sa recette de cake au earl grey!), des astuces pour étamper des mots sur du glaçage (mais pourquoi n’y ais-je pas pensé?) et même une recette de sorbet aux brillants (glitter! Oh my God, j’aime tellement le glitter!). Partout où l’on pose les yeux dans ce livre, on se perd, comme dans un jardin anglais fou-fou mais magnifique, comme dans des souvenirs mélangés, plein de nostalgie et d’amour. Ce livre est tellement beau, tellement réchauffant que dès la première page, on sent le cocon de sérénité et de chaleur se tisser, en motif ancien et délicat, autour de notre coeur. Bref, le bonheur.

Fleur Wood 2

Autant vous le dire, j’ai déjà commandé son livre précédent, Food Fashion Friends et que je l’attends impatiemment! Je vous en donne des nouvelles!

P.S. Est-ce que c’est moi où le nom Fleur Wood est juste trop beau?

P.P.S. Est-ce que c’est moi où il est assez rare que les mots Food et Fashion se côtoient comme deux sujets parallèles dans un titre de livre ou même, dans la vie tout court?

P.P.P.S. Pour celles au Canada, le livre Food Fashion Love est disponible chez Anthropologie alors que le Food Fashion Friends se commande sur Indigo.

Petits trucs pour ne pas déprimer à l’automne

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(P.S. Helloooooo! Je suis désolée de mon absence! Entre les costumes d’Halloween à préparer (“Le costume d’Anna D’Arendel d’HIVER maman, pas le costume du couronnement…!“) et les heures sup au bureau, j’étais trop crevée pour même ouvrir mon ordi le soir quand je rentrais. Je sais que vous comprenez. Je suis, of course, super contente de vous retrouver et j’essaierai de reprendre le rythme dans les prochains jours. J’ai d’ailleurs plein de produits de beauté à vous présenter!)

Autant in abstracto j’aime l’idée de l’automne (les gros foulards, un nouveau stylo, un nouveau Plan, sautiller pour aller au travail sous des arbres aux feuilles dorées…) autant, dans les faits, c’est…bof, moyen. Un petit relâchement d’humeur, je dirais. Un petit coup de blues. D’abord, les gros foulards, c’est bien mais il faut aussi des bas collants, et ça, c’est nul. Ensuite, le nouveau stylo…c’est bien aussi mais il y a des limites “aux petits plaisirs de la vie”. Quant à sautiller sous les arbres dorés pour aller au bureau…c’est un rien over-enthousiaste… Et puis, ici, les arbres sont presque tous nus. Constat: l’automne bien gris est installé et ça donne presque envie de pleurer. Heureusement, j’ai un genre d’ébauche de Plan pour me garder optimiste et résolue et comme toujours finalement, je mise là-dessus. Mais cette année, mon Plan est un peu différent.

En effet, au lieu de rêvasser à celle que j’aimerais être (tout en restant moi-même, cela va de soi), je me pose plutôt la question: “Qu’est-ce qui me donnait du bonheur en vacances?” Il s’agit d’une petite réflexion qui, sans par ailleurs nous permettre de bronzer/ se sentir reposée/visiter la Grèce, a pour but de nous permettre d’intégrer dans notre quotidien ces petites doses de vacances, ces capsules de bonheur. Alors, concrètement, ça dit quoi?

1- On établit un plan de lecture!

Livres

Je ne sais pas pour vous mais quand je suis partie en vacances, j’ai pris tout plein de livres avec moi avec, dans ma tête, un plan de lecture. Bon, je n’ai toujours pas terminé Limonov (il est tombé dans la piscine en plus, alors, ça promet!), mais le fait d’avoir un petit plan de lecture dans ma tête me donnait une certaine orientation. Pourquoi lire moins ou de manière moins organisée sous prétexte que l’on reprend le train-train? Non, pas question! J’ai établi mon plan de lecture pour l’automne et aussi, je m’assure d’avoir toujours un livre dans mon sac à mains. Et puis, quand mon sac est lourd, je me réconforte en me disant qu’un livre sur soi, c’est essentiel et que ça peut même nous sauver de la folie dans les cas extrêmes! Ça n’est pas moi qui dit ça, c’est Le Joueur d’Échecs de Stefan Zweig, ma nouvelle préférée…

2- On fait les choses différemment!

Not meEn vacances, lors d’un soin des ongles dans un petit salon de la Floride, je me suis laissée convaincre par les oursons et la technicienne d’opter pour une teinte…lilas. Ouais, je sais. Celles qui me connaissent sauront que pour moi cela représentait un lâcher-prise majeur, moi qui porte toujours les même teintes classiques. Une vraie folie de vacances qui a fait sourire les petits… Bon, ça n’est pas la couleur corporative du siècle. Mais vous savez quoi? C’était SO fun!! Juste de jeter un coup d’oeil à mes mains et je me sentais en vacances! Alors, si notre horaire et nos obligations nous le permettent, pourquoi ne pas tenter quelque chose qui nous sort un peu de notre zone de confort …juste pour voir! D’autres idées: des cheveux lissés à l’extrême alors qu’on les porte habituellement bouclés (ou le contraire!), un rouge à lèvres prune foncé (alors qu’habituellement on verse dans le baume teinté), un parfum chaud de type Poison alors que d’habitude on sent le savon…autant d’idées pour vivre de manière intrépide!! Quelle Indiana Jones on fait!

3- On flâne et on s’amuse!

Mains J’ai toujours quelque chose à faire. Toujours. Il m’arrive parfois de me dire: “Tiens, ce serait génial de me mettre à la broderie/au tricot/au suédois/de lire les livres sur la politesse d’Emily Post/d’écrire un roman/de poser de la tapisserie dans la salle de bain…” Mais oui, ce serait génial. Alors hop, sur ma liste. Alors, vous vous imaginez bien: la plage horaire vide-de-vide, elle, elle n’ existe pas. Je parle de la plage horaire où rien n’est prévu et où l’on peut flâner comme une ado, morose ou ensoleillée, créative, blasée ou dans le moment, sans contraintes….

Non, cette plage horaire n’existe pas a priori mais il faut l’aménager. Cet été, mon Goglu m’a invitée chez elle. “Pour faire quoi?“, je lui ai demandée. “Je sais pas, on verra…” Alors, arrivée, autour d’un jus de fruit, on s’est demandé sur un ton blasé d’adolescentes: “Qu’est-ce qu’on fait?” Ma soeur a alors eu une idée géniale: “On va aller acheter de la peinture et faire des graffitis! Il y a un mur à graffitis légal dans le parc, aménagé par la ville pour ça, justement.” Alors, on a mis nos lunettes soleil, des vieux t-shirt et, totale ambiance street art/bandit/punky, on est allée faire des graffitis (légaux, précisons-le). En plein soleil. Au milieu d’un parc. Le bonheur. C’était sans but. C’était so fun! Voici le résultat!

Je choisis judicieusement la peinture. Presque qu'aussi fun que chez Sephora!

Je choisis judicieusement la peinture. Presque qu’aussi fun que chez Sephora!

Notre butin d'artistes!

Notre butin d’artistes!

Mon Goglu à l'oeuvre!

Mon Goglu à l’oeuvre!

Notre oeuvre de loin!

Notre oeuvre de loin!

Boucle d'Or version street art!

Boucle d’Or version street art!

Notre slogan percutant!

Notre slogan percutant!

La morale de cette histoire? Parfois, s’éloigner des choses dites “à faire” pour faire quelque chose qui semble “sans but”, pour le simple plaisir de le faire, c’est encore plus reposant que de faire la sieste et encore plus recentrant qu’un cours de yoga chaud. Mais pour cela il faut accepter qu’il y aura peut être un peu de vaisselle dans l’évier et que le linge n’est pas tout plié…Pas facile-facile, mais en ce qui me concerne, j’y travaille. Ces bonheurs de la vie mettent le rose au joues, des souvenirs dans la tête et le vent dans les cheveux; bref, ils sont aussi une sorte élixir beauté.

4- On se fait des joues de randonnée pédestre!

Rockateur

Le produit de maquillage qui me sauve depuis qu’il fait officiellement super gris? Le blush Rockateur de Benefit. Je déteste le nom, je déteste l’emballage, je n’aime pas le concept- je déteste tout…sauf le blush lui-même, qui fait des joues de promenade au Mont-Saint-Hilaire! C’est un blush rosé-doré, soyeux et fin comme tout; comme une poudre fondante. Jamais orange (mon teint ne supporte pas le Orgasm de Nars- celui-ci en revanche est parfait!), jamais trop rose, toujours hyper frais; ce blush est le plein-air incarné! Avis à celles qui, comme moi, ont des joues de bureau: c’est le blush qu’il vous faut!

5- On se repose!

Mon chien mignon en mode hiver

Mon chien mignon en mode hiver

Les vacances d’été, on les planifie! On organise notre trousse, on achète un bikini, on aménage la terrasse et le potager. Pourquoi ne pas recréer l’ambiance “préparatifs” mais en novembre? Un peu comme un ours, un écureuil ou un renard argenté: planifions notre hibernation! Une nouvelle crème de nuit, un sérum tout frais, un ménage dans la trousse de maquillage: c’est le moment de repartir un peu à neuf et de miser sur ce qui nous fait plaisir. Une crème corps qui sent bon pour le dodo, un nouveau pyjama tout doux (j’adoooore les pyjamas de la marque canadienne Paper Label, chez La Baie!), des draps repassés et parfumés, des soupes aux légumes congelées pour les soirs où l’on a envie de rien- pas besoin de dépenser, l’idée est de se faire un petit nid douillet et de profiter de novembre pour se reposer, se dorloter et se préparer à hiberner avec classe et bonheur. Vous embarquez?

Voilà pour mes quelques petits trucs! Bien sûr, j’adorerais lire vos recommandations pour rester de bonne humeur et pleine d’énergie sous les pluies de novembre! Quelles musiques vous mettent de bonne humeur? Quelles recettes vous réconfortent? Quelles sont les petites routines qui vous font sourire? Les rouges à lèvres ou crèmes qui vous réconcilient avec la vie? Dites moi tout!

L’anniversaire de Bébé Ours

fete bebe oursVous vous souvenez de l’anniversaire de Petite Ourse? Une belle fête où une surprise de la vie avait été au rendez-vous? Alors, d’abord, je vous donne des nouvelles de Petite Ourse : elle est maintenant complètement rétablie, sa convalescence a fait d’elle une championne aux jeux de cartes, elle adore sa poupée American Girl, elle a fait plein de dessins de remerciements aux radiologistes et médecins qui l’ont soignés et elle a très hâte de retourner en ski. Mais surtout, et je dis ça pour tous les parents à qui une chose semblable arrive : elle a pris beaucoup de maturité, de sagesse. Il faut donc voir le beau côté de la vie (c’est important, hein). Car oui, on grandit sans doute beaucoup plus dans l’adversité que quand tout va parfaitement, dans le calme plat. Ahhh, vive la pensée positive. La sagesse inspirante. Et maintenant, permettez-moi de vous raconter l’anniversaire de Bébé Ours.

Cette fois, tout le monde était en forme. Et la maison aussi, pour une fois. D’abord, le thème.

Au début, j’ai pensé aux dinosaures. Bébé Ours aime les dinosaures. Oh oui, je pourrais décorer le gâteau avec un mini-t-rex saupoudré de sucre glace avec un chapeau de fête en pâte d’amande. Et envoyer des cartes dans le style « C’est la fête de Bébéoursorus! » Ouiiiii, et on chercherait des fossiles et on boirait de l’eau saumâtre (euh non, pas d’eau saumâtre, je m’emballe.))

Mais quand j’ai fait part de mon idée à Bébé Ours, il a répondu : « Non pas ninosaures. Peur! Veux voitures». Bon, je respecte. Il développe ses goûts. Il s’affirme.

« Ah, tu aimerais une fête de voitures? »

« Non, camions! », il a dit.

Dans un éclair d’inspiration, j’ai proposé: « Oh, j’ai une bonne idée! Tu n’aimerais pas plutôt avoir une fête du Petit Prince, ton histoire préférée? » (Je me disais, je vais décorer la maison en désert, avec des petits bouquets de roses et on aura des lunettes de pilotes d’avion et…) Alors comme lisant dans ma pensée over-enthousiaste, Bébé Bébé Ours m’a répondu : « Non, pas Ti Prince. Peur renard. ». Boooon, ok, pas de renard, pas de ti-Prince.

Alors il a dit « Veux Cars ». Hmmmm, Cars, tiens, ça m’inspirait moyennement. Je comprends qu’il s’affirme mais…

Alors, pour changer ses idées j’ai suggéré: « Et une fête où le thème c’est toi, juste toi-toi-toi, ça te va? » Alors il a souri. Ouf, ouf, ouf. Alors voilà : j’allais organiser une fête d’enfants toute simple, ambiance…fête d’enfant classique. Rien de plus simple. Bon et oui, j’allais acheter aussi des serviettes de table de Cars, tout de même, c’est SON anniversaire.

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À deux semaines de la fête, tout rentrait dans l’ordre. J’allais faire mon fameux Coca Cola Cake (recette ici), décoré de bougies voitures (pas de ninosaures, promis, même s’il semblait aimer les ninosaures à nouveau puisqu’il dormait en tenant un apatosaure dans sa main). J’avais les serviettes de table Cars, les jeux étaient organisés, le menu planifié. Ce serait un barbecue dans la cour. On serait 21. Il ferait beau. La maison serait à l’ordre puisque j’attaquais projet après projet tous les weekends, depuis le printemps. Il ne me restait plus que la pharmacie (classer les flacons et jeter les produits périmés), trouver les morceaux de casses-tête manquants (bonne chance), nettoyer le jardin et faire toiletter le chien. Les papiers d’impôt étaient enfin classés (enfin!), le linge tout plié (mon combat dans la vie), la pâte à biscuits au frigo… Cette fois, je serais en forme, la maison serait ordonnée, mes cheveux seraient brillants et les enfants reposés. Ohhhh, oui, tout serait parfait, je le sentais.

Gâteau

À une semaine de la fête, je raconte une histoire à Bébé Ours. Et là, je remarque qu’il se gratte la tête. Se pourrait-il que…Je passe ma main dans ses cheveux et…oh!! Non! Un poux! Oh mon dieu, mon dieu. Ne pas s’alarmer. Grande respiration. Nonchalante, je demande à Petite Ourse si je pourrais juste « regarder dans ses cheveux pour voir ». Et là, en quelques coups de brosse c’est confirmé : les oursons ont des poux. Léger découragement. Il est 8h30, un dimanche soir. Mes enfants ont des poux.

Bon, je sais, ce n’est rien. C’est pas grave! C’est rien du tout des poux. Je le sais en mon for intérieur. C’est pas la gale ou l’ebola. Limite, c’est très Ernest et Célestine. Le grand classique du milieu scolaire. Il faut en rire. (Soupir). Mais je ne ris pas, j’ai même un peu le vertige. Que faire? Attendre à demain pour les traiter? Non, il n’y a rien comme le moment présent. Just do it.

Alors, Papa Ours alerté (et examiné dans un état de panique totale, puis rassuré : ouf, il n’a rien), me voilà dans la voiture. Il est 9 heures du soir, direction pharmacie. En habit de jogging et queue de cheval, je me croise les doigts : moi en jogging qui achète un soin anti-poux…c’est écrit dans le ciel, je vais rencontrer mon ancienne de collègue de bureau ultra-glam. Ou cette fille que j’avais rencontrée dans l’avion. Ou l’employée du bureau des immatriculations… Ça me pique, oh my god, ça me pique. Je me sens sale. Et je suis découragée de l’ampleur de la tâche que je pressens devant moi. Mais bon, on grandit sans doute beaucoup plus dans l’adversité que quand tout va parfaitement, dans le calme plat n’est-ce pas?

Arrivée à la pharmacie, j’attends mon tour. Un peigne-fin de métal est caché sous un magazine dans mon panier. « Oui, madame, je peux vous aider? » « Euh oui, en fait, c’est que…je voudrais…comment dire… j’ai vu un… (chuchotement, yeux horrifiés)…poux vivant. VIVANT! Donc, je résume: mes enfants ont des poux. J’aimerais acheter le traitement. Celui anti poux-anti-lentes recommandé sur le site du gouvernement, vous savez? J’ai besoin de 3 traitements, merci. » Il me demande si j’ai trois enfants. Euh, non. Le troisième traitement, c’est pour moi. «Et, dites-moi, madame, vous avez trouvé un poux vivant sur vous, dans vos cheveux?  À vous?» « Non, en fait, aucun…Mais, je préfère ne pas prendre de chance. C’est impossible que je n’en n’aie pas. IMPOSSIBLE! Je suis toujours collée sur mes enfants. Et puis, ça me pique, monsieur, ça me pique!!! » (Regard suppliant). Le pharmacien me regarde, impassible. « Oui, madame, mais d’abord, ce qu’il faut savoir c’est que les poux, c’est extrêmement psychologique. Tenez, rien qu’à vous parler, ça me pique aussi. Et aussi savoir que les traitements anti-poux ne doivent pas être faits à moins que l’on aie trouvé un poux vivant dans les cheveux car sinon, les poux deviennent résistants, ils deviennent des super-poux. Les traitements ensuite ne fonctionneront plus, comme pour les antibiotiques. » Bon, je prends donc une grande respiration. Je ferai donc comme le pharmacien me conseille : un examen méticuleux de mes cheveux AVANT de traiter.

Le pharmacien m’a donc vendu le traitement de marque Nix en m’expliquant bien l’importance de refaire le traitement après 7 jours, de manuellement enlever les poux et les lentes aujourd’hui, mais également quotidiennement pour les prochains 10 jours. Je devrais aussi laver tous les draps, les vêtements, les sacs d’école, manteaux et chapeaux, passer la balayeuse sur les meubles rembourrés et les plancher, passer la vadrouille, nettoyer les brosses et peignes, enlever les housses des sièges d’auto, porter une amulette préhistorique, faire une danse disco dans mon salon et…enfin, je ne suis pas couchée.

Arrivée à la maison, mes oursons sont tout excités du programme inattendu de la soirée.(«Non, finalement, on ne se couche plus, les amis! On fait un shampoing spécial puis, je vous peigne les cheveux pendant que vous regardez la télé en culotte »). Yayyyyy!! J’enduis donc leur tête du produit, comme une huile, puis, le passe chaque mèche au peigne fin pour enlever les poux et les lentes. Ils n’en n’ont pas beaucoup, c’est une chance. Petite Ourse prend vite goût à la chose, observant les bibittes à la loupe, en vraie entomologue. « Tu ne vas pas les tuer hein maman, elles ne vont pas mourir? On va les remettre dans la nature pour qu’elles retrouvent leur maman. » Euhhh, on verra Madame Jour-de-la-Terre. Bébé Ours se crispe à chaque coup de peigne, pleurniche. Il est minuit et quart quand tout le monde est savonné, rincé, (tressée pour Petite Ourse) que les draps sont changés et que les doudous sont dans la laveuse. J’en suis à mon troisième cycle de bouilloire, pour faire tremper les brosses, peignes et barrettes dans des chaudrons à coup de 10 minutes et je continue, animée du désir de voir la fin. C’est le moment de mon examen de tête à moi. Je peigne mes cheveux mèche par mèche au-dessus du bain, par chance, il n’y a rien. Mes cheveux cassent, tombent. C’est nul le peigne fin, surtout pour les cheveux matures ou colorés. Je repense à ma coloration fraîche de trois jours : l’odeur un peu chimique a dû me protéger. Ouf, c’est déjà ça. Je commence à faire des piles avec les vêtements qui ont été exposés, les couvertures, les manteaux, les capuchons et petits foulards; très vite, il y a des montagnes devant ma machine à laver. Il y a aussi le tunnel en tissus…Il y a aussi les tipis en tissus. Les sacs de toile utilisés pour aller au chalet. Il y a les carpettes et les brosses de Barbie que Petite Ourse utilise aussi sur Bébé Ours pour le coiffer en extra-terrestre. Les combinés de téléphone. Mes pinceaux à maquillage (ça aime les pinceaux à maquillage les poux? Je ne sais plus mais je ne prends pas de chance.) My God. Il est 2 heures du matin quand j’ai lu tout sur les poux sur internet. La laveuse marche encore. Je m’endors et ça ne me pique même plus tant je suis fatiguée.

Finalement, je suis venue à bout de cette saga. Bébé Ours a eu un bel anniversaire avec des dinosaures gentils, des camions, des voitures, pas de renards et encore moins de poux. La maison était encore une fois, en état d’organisation moyenne et mon cheveu, lui, un peu moins que brillant. Mais il y avait des biscuits en forme de 3, un beau gâteau au glaçage coulant et un Bébé Ours, qui lui, avait les cheveux ET les yeux brillants. Et il était tout content que cet anniversaire soit organisé autour de lui-lui-lui. Napkins de Cars compris.

Et on est tous ressortis de cette histoire grandis….Enfin, on s’en est surtout sorti. Ça me suffit.

Smores pop

Des sucettes “smores” festives, trop fun et facile à faire. C’est ce que Bébé Ours a préféré.

Cookies

Les biscuits en chiffre, obligatoires à chaque anniversaire. Le glaçage était au citron et j’ai adoré!

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Un jeu de mikado géant fait maison, avec  des branches peintes (préparé par ma maman). Je crois qu’elle s’était inspirée de quelque chose de semblable, vu sur internet, mais je ne retrouve plus le lien.

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Le classique jeu de la pêche aux cadeaux. Dans un panier à linge, toujours.

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Le fameux gâteau rose, pour ceux qui ont envie d’un dessert plus fruité. La recette est ici.

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Des mini cheesecakes dans des fraises. Super facile à réaliser et surtout, un vif succès!

P.S. Je me suis rendue compte que certains pensent encore que les poux n’arrivent qu’aux gens sales, démunis ou qui n’accordent pas d’importance à leur toilette. C’est totalement faux! (Signé la fille qui a 68 blush crèmes, 101 pains de savons et 8 gels exfoliants).

P.P.S. Avis à celles qui sont aux prises avec un problème de poux : investissez dans un peigne fin de métal. Oui, il est certes plus cher, mais ses dents ne seront pas cassées après, oh je ne sais pas, deux coups de peigne. Et puis, voici la référence anti-poux que j’ai utilisée, (site du gouvernement, ici).

P.P.P.S Et, dites-moi, est-ce que vos cheveux vous piquent en ce moment? (Rappelez-vous : c’est totalement psychologique!)

Marathon d’éclat: The Glow

The Glow

Parlons Glow. Ahhh, le Glow. S’il y a un mot qui est sur-utilisé en beauté, c’est bien Glow et sa variante pop-moderne, le Glo, cet éclat indescriptible qui semble venir de l’intérieur. Glow par-ci, Glow par là, Glow-for-it, le Glow est partout (sauf sur nos joues- là où on le voudrait!). Mais en même temps, je serai la dernière à me plaindre de l’ubiquité du Glow puisqu’en bonne Glow-getter (chasseuse d’éclat pour les novices), je reste à l’affût de tout ce qui inspire/nourrit/crée un Glow en bonne et due forme.

Petit blitz glow, donc (pour changer, tiens), en quelques articles, en commençant aujourd’hui par le livre The Glow, an inspiring guide to stylish motherhood, de Violet Graynor et Kelly Stuart.

The Glow 2Ce livre, j’ai essayé de lui résister, de me dire qu’il me recracherait le même discours démoralisant et culpabilisant que l’article totalement hantant de Victoria Beckham dans Harper’s Bazaar qui boit son green juice, aux aurores, en demandant les leçons à ses enfants sous forme de jeux amusants (pffff). J’ai feuilleté The Glow d’un regard froid, critique, en me disant que je n’avais nulle besoin d’inspiration pour être une stylish mother, bon. Non, j’avais d’autres priorités, moi. Comme être une mother qui est patiente, une mother qui est dans le moment, une mother qui est équilibrée, une mother qui a une maison minimalement à l’ordre. Mais le livre, écrit par les deux journalistes qui ont créé le site TheGlow.com, sur les mamans qui ont du style, continuait de m’appeler. En fait, j’avais très envie d’inspiration sur comment être stylish aussi, en tant que mother. Alors j’ai craqué, lors de la fête des mères : je me le suis offert. Happy (Stylish) mother’s Day!

Parmi les livres du style «livre de table à café avec de jolies photos sur le style, la mode et/ou la beauté » The Glow est de loin-loin-loin mon préféré. D’abord, les photos sont magnifiques, lumineuses, juste assez parfaites et intimes comme on les aime. Mais surtout, j’adore son format, qui nous offre des portraits éclairs des vies familiales de plein de femmes, belles et intelligentes. Rédigé sous forme d’entrevue par point, le livre est divisé en chapitres : la grossesse, les espaces dédiés aux enfants, la vie, les maisons, les essentiels de mamans, la beauté, la mode des mamans, la mode des enfants et, les idées en vrac. À travers des entrevues avec Kristi Hume, Josie Maran, Jeannine Lobell, Jemma Kidd, Rebecca Taylor Minkoff et tant d’autres… des femmes jeunes, moins jeunes, artistes, décoratrices, designer, femmes d’affaires, nouvelles mamans et mamans d’expériences nous livrent trucs, astuces, et, pour une fois, nous font sentir normales d’être débordées/non-exfoliées/de découvrir une pelure d’orange au fond de notre sac à main. Mon entrevue chouchou : celle de Julie Bowen, qui m’a vraiment fait chaud au cœur (elle admet se mettre du vernis uniquement sur les ongles qui dépassent des chaussures peep-toe). On se réjouira de constats simples (oh, j’ai utilisé les mêmes biberons que Rachelle Hruska! Oh, Calgary Avansino aussi met tous les jouets dans des paniers: on est des jumelles!), on roulera les yeux (un peu, tout de même) sur toutes les tenues style jupon vintage des mamans et on s’inspirera des décors tout simples et bien pensés des tout petits. Mais surtout, The Glow, nous donnera des idées et de l’inspiration pour profiter, profiter, profiter de petits et ce, avec abandon et sérénité. Stylish ou non. Et bien sûr, je me mets totalement en quête d’un jupon crème vaporeux style vintage…

Bonne nuit, beaux rêves

dodo Aucun doute: le sommeil et la beauté vont main dans la main. Tout comme la concentration, le bien-être, la sérénité et l’énergie d’ailleurs: tout va de pair avec le sommeil. Je le sais mais…Je me couche trop tard. Je crois que c’est d’ailleurs LA phrase que ma maman me répète le plus dans la vie : « Essaie de ne pas te coucher trop tard, ma belle. » Et elle a raison. Mais bon : à l’heure du coucher, tout me semble plus urgent, plus essentiel, plus réalisable. Je suis créative! J’ai un second souffle! J’ai envie d’écrire des cartes de remerciement! Pourquoi pas faire un collage? Cinq masques différents (un masquothon!)! Mettre des rouleaux chauffants! Faire une cabane d’oiseaux! Lire Ulysses de James Joyce! Mettre des petites lumières dans mon arbre dehors pour une ambiance terrasse à Miami! Ouaiiiiiis!!! My God, tout, tout, tout est à ma portée à 11h du soir, why not, la soirée est jeune.

Mais, bon, le réveil est difficile. Et puis, j’ai des perma-cernes. Et je ne me rappelle même plus c’est quoi “s’endormir”, je ne connais que le “tomber comme une bûche”.

L’an dernier, Petite Ourse dormait mal, très mal. Elle venait nous rejoindre dans notre lit. Elle aussi, avait plein de projets à faire avant de se coucher. Elle rallumait la lumière pour lire tout Martine ou faire un bricolage avec des plumes et de la colle en cachette, sous ses draps…(Il y a comme une certaine hérédité…). Nous étions exténués, elle aussi. J’avais lu tous les livres sur le sommeil des enfants, tout essayé. Je ne comprenais même plus pourquoi je faisais les choses comme ça, tout était tellement embrouillé dans ma tête de zombie. La routine du soir était un genre de combiné 5 techniques recommandée par les livres de pédiatres, mêlé à un peu d’exaspération. Alors, sur la recommandation d’une amie, nous avons fait appel à une spécialiste : Tracy de Sleep Tight Solutions, une coach dusommeil pour petits. Tracy s’est déplacée chez nous, elle a rencontré Papa Ours et moi, pour comprendre la routine de sommeil de Petite Ourse et aussi, sa personne. Puis, on a regardé ensemble l’aménagement de sa chambre, les rideaux, les jouets qui étaient trop facilement accessibles de son lit. Tracy nous a élaboré un Plan de Sommeil (vous savez combien j’aime les Plans!)…Je vous rassure, pas besoin de laisser pleurer un enfant forever pour qu’il s’endorme. Le Plan, c’était un genre de guide personnalisé à suivre pour aider Petite Ourse à prendre goût à sa routine du soir. Nous, de notre côté, avons tenu une sympathique réunion familiale avec un ordre du jour, la prise de présences, des breuvages et croissants… Nous avons expliqué à Petite Ourse que nous avions bien compris qu’elle avait de la difficulté à trouver le sommeil dans son lit mais que nous étions sur son équipe et que nous allions l’aider. Nous avons mis en place le système de Tracy, nous nous sommes motivés, puis, nous nous sommes lancés. Plus d’écrans avant le dodo, une heure de coucher régulière, une routine qui ne change plus. Fini les 5 techniques toutes confuses. Tracy était disponible les 3 premiers jours pour un « soutien par messages textes ». Mais vous savez quoi? Juste avec le Plan bien établi de Tracy et l’enthousiasme général, Petite Ourse a su trouver sommeil à une heure raisonnable. Bon, il n’y avait plus de plumes ni de colle à portée de main (en fait, il n’y avait plus RIEN) et aussi, plus d’ampoules sur les lampes (hé hé) mais il reste que le lendemain, Petite Ourse était très fière d’elle. Et ça a continué. Et nous, nous voyions clair pour la première fois depuis des mois. Comme si un voile de lourdeur se soulevait : dormir, ça change vraiment tout! Une nuit, deux nuits, un mois, six mois, ça a continué de bien aller. Ouf! Of course, j’ai recommandé Tracy à toutes mes amies qui ont des petits pour qui le sommeil n’est pas facile. Pas de remède miracle, juste des techniques pour avoir la bonne routine car oui, tout est dans la routine.

Pourquoi je vous parle de cela aujourd’hui? Oui, mes oursons dorment mieux. Mais, je me rends compte que c’est moi qui n’a pas la bonne routine. Je m’active trop tard, je suis sur l’ordi jusqu’à la dernière seconde, je n’ai pas de routine…Je me couche puis, me relève pour mettre le linge dans la sécheuse et en profite pour me limer les ongles. Je ne me donne pas le temps de vraiment décompresser, de tamiser les lumières, d’attendre le train sommeil à la gare, plutôt que de me faire rouler dessus par lui quand je tombe d’épuisement sur les rails. Histoire de me motiver, je me suis donc dit qu’il ne serait que bénéfique que de me rappeler ces perles de sagesse des Carnets de la Coquette Raisonnable d’Hélène Millerand.

Le sommeil et la chambre Elle aime dormir. Le sommeil d’avant minuit est le meilleur ami de sa fraîcheur et de son éclat. Voilà pourquoi souvent elle se couche de bonne heure. En temps ordinaire, 8 heures de sommeil par nuit est une bonne mesure. (…) Il y a sommeil et sommeil. Un vrai sommeil réparateur exige des conditions de silence et de bonne aération. Le bruit nuit au repos, dormir dans une pièce trop chauffée donne des cauchemars. Chauffage fermé la nuit et fenêtres ouvertes, même par grand froid. (…) Le pied du lit est surélevé par rapport à la tête du lit pour assurer une bonne circulation du sang dans la position couchée. Pour ce faire, elle utilise des cales en verre qu’on met sous les pieds des pianos et qu’elle achète dans les magasins d’instruments de musique (par exemple, la maison Hamm au 135 rue de Rennes à Paris). (…) Les abat-jours roses, s’ils s’accordent avec la décoration, donnent la lumière la plus avantageuse, sinon, un joli crème ne nuit pas. (…) Pour la literie, elle écarte sans appel les tissus synthétiques qui froids en hiver et chauds en été… La coquette dort à plat, soit sans oreiller, soit sur un oreiller assez mince pour ralentir et limiter l’apparition du double menton. Pour s’endormir, un peu avant d’éteindre, elle prend une cuillerée à dessert de miel qu’elle laisse fondre lentement dans la bouche. En cas d’insomnie, un verre de lait chaud abondamment sucré avec du miel d’acacia.” -Les carnets d’une coquette raisonnable, Hélène Millerand

Outre l’envie printannière de réaménager ma chambre pour qu’elle soit plus épurée (exit la pile de magazines), j’ai aussi pris la résolution de fermer mon ordi plus tôt et de lire un peu sur papier. Pas la blogosphère beauté. Pas Cyberpresse. Juste un livre. (Mais bon, pas James Joyce non plus). Quelques gouttes d’eau de rose sur la taie d’oreiller. Une bougie Diptyque qui sent bon la serviette chaude et propre qui sort de la sécheuse. Crème pour les mains (je viens de racheter mon second tube de crème Jeunesse des Mains de Clarins : je l’adore), crème pour les pieds (à l’urée 20%), huile pour le corps (Global Body Serum de Lina Hanson dont je vous reparle bien vite!), vigoureux brossage des cheveux avec la Mason Pearson et baume à lèvres Waxelene : voilà ma routine du soir. La cabane d’oiseaux attendra à demain, idem pour le collage. Ces jours-ci, je me le suis promis : je jouerai les belles au bois dormant. Faisons-nous un cadeau: couchons nous tôt! Parlez-moi de votre routine du soir. Des idées pour ralentir en soirée?

La poésie des petits pots

les motsLe langage est pour moi intimement lié à la coquetterie. Tenez, ma mère a dans sa salle de bain un shampoing de la marque Bain de Terre. Bain-de-Terre. Juste le nom me fait dire non et me donne des visions de petit cochon rosinet qui prend un Bain de Terre. Il y a des mots qui freinent et il y a des mots qui me mettent carrément à dos. En effet, si le parfum Le Jardin de mon Curé (1895) de Jacques Guerlain est devenu le hit de l’époque, je ne suis pas certaine qu’aujourd’hui avec le nom, le jeunesse accroche…Et je ne crois pas  être la seule comme ça!

J’adore la littérature sur le côté des boîtes de produits de beauté. Il m’arrive de garder de la boîte juste pour le plaisir de relire le joli message imprimé dessus, quand j’utilise le produit, pour une expérience vraiment totale, multi-sensorielle. Mon préféré :

“Aux cinq critères de la transparence (homogénéité, luminosité, hydratation, rebondi, finesse du grain de peau) s’ajoute désormais une sixième dimension, celle de la couleur du teint. La peau retrouve la mémoire d’une transparence originelle à la fraîcheur inaltérée.”

– Diorsnow Démaquillant Crème Fondante Éclaircissante

Il y des mots qui me font craquer d’emblée, comme ballerine, perlé, translucide, gelée, éclat, pétale, Laponie, lumière et inouï. J’aime bien satin aussi. Ou peau de bébé. Et puis, je ne saurais résister à un nom de produit qui a le mot « reine » dedans, c’est d’ailleurs comme ça que j’ai découvert l’Eau de beauté Caudalie, adorée de la reine Catherine de Hongrie. L’Eau des Quatre Reines l’Occitane, l’Elixir des Reines de Sanoflore, le Queen of Hungary Mist…J’aime les reines.

Pour les yeux j’aime les noms qui ont du mystère, du mordant, qui accrochent et qui ne lâchent pas : Rockstar, Galaxy, Constellation, Rebelle. Mais j’aime bien Kitten aussi, cela dit. C’est plus léger, mais ça me fait penser à un battement de cil qui donne envie de ronronner, qui rend bien.

Il y a ces parfums qui, de leur simple nom, nous permettent de s’inventer une histoire. C’est toujours ceux là que je préfère à leurs confrères aux noms linéaires. Molécule 01; bof. Pourtant, ça peut être tout simple, hein. Happy aura toujours plus de possibilités romanesques pour moi que Alien. (“Extra-terrestre”? C’est la même firme qui a choisi Bain de Terre qui les a conseillé, aucun doute.) L’Heure Bleue sera toujours un grand moment de solitude juste avant le soir, assise sur un banc de parc entourée de pigeons, un roman dans la poche. Et Petite Chérie sera toujours l’élixir élaboré par une marraine la fée pour sa Petite Chérie qui devient une Plus Grande Chérie. Tout est dans les mots, tout est dans le récit que la marque doit commencer pour nous permettre de le continuer. Préparez le fil puis laissez nous broder.

Il y a aussi ces marques qui proposent des textes complémentaires et vraiment intéressants à lire. Je pense au Magazine Oh My Cream, qui s’exprime tellement bien qu’on a envie de tout acheter sur la seule foi de leur syntaxe. Je pense à De Mamiel qui envoie des Newsletters instructives et inspirantes comme tout aux changements de saison. Clare, la sympathique bloggeuse de Tata Harper, propose un contenu intéressant qui nous donne envie de revenir voir ce que la marque a à nous dire. Au fait, j’ai adoré leurs recettes de smoothies belle peau!

Mais il y a ces mots qui m’agressent, qui me donnent envie de bouder, comme tous les titres des courriels J.Crew (« OK, Drop what you’re doing right now! » ou encore «You need this »). Il y a les mots over-techniques, qui me font rouler les yeux (“les nano-particules éclat-cell-relance24™ agissent avec les peptides pour relancer la production d’élastine dans la matrice macrodiagonale du tissu cellulaire et…“). Et puis, il y a les mots faussement techniques comme : « les nano-particules éclat-cell-relance24™ flouttent les ridules pour faire jaillir la lumière primaire sous-cutanée. » Euh…floutte? C’est scientifique, floutte?

Car les bons mots pour les petits pots ne devraient pas nous assommer, nous laisser perplexes ou nous envahir. Les bons mots devraient simplement venir tapotter notre épaule, dire « coucou, je suis là », chuchotter dans notre oreille un début d’histoire dont on est le héros. Nous accrocher doucement, nous faire avancer, un peu hypnotique, vers un petit pot magique qui promet, oh je ne sais pas, moi, un éclat de ballerine de Laponie qui lit son roman à l’heure bleue sous la Tour Eiffel. Voilà!

Vous, vous êtes sensibles aux mots de la beauté? Quelle est votre liste de mots infaillibles qui vous font craquer?

P.S. Au fait, toutes mes excuses pour mon délai de réponse aux commentaires. Je vous raconterai sans doute mes dernières péripéties bientôt…dans un article intitulé l’Anniversaire de Bébé Ours! Ah ah…

La signature beauté

cameleonDepuis qu’elle est une toute petite coquette, Boucle d’Or réfléchit à sa signature beauté. Vous savez, ces petits riens délicats qui précèdent le pas de la vraie coquette, les parfums et les produits qui l’identifient. La signature beauté est sa carte de visite, sa marque de commerce, son signe distinctif, comme un tsh-tsh-tsh : le Z de Zorro laissé sur la scène du crime. Et comment vont les recherches de Boucle d’Or vous demandez vous? Hmmm, excellente question. Boucle d’Or fait aujourd’hui le point et (ré)évalue l’état de santé de sa signature beauté.

Le rouge à lèvres signatureCe que je recherche : Ahhhh, la, la. Ce serait une teinte vraiment moi. Du quasi-sur-mesure. Ni trop rouge, ni trop rose, ni trop beige, la teinte donnerait l’illusion de dents plus blanches, de lèvres douces un rien boudeuses, comme celles de Kate Upton, la nouvelle égérie Bobbi Brown dans cette video. Ce rouge à lèvres hydraterait bien, il ne collerait pas, il serait lustré, il irait avec tout, il serait hors du temps, inscrit en marge des modes et bien sûr, il ne laisserait pas de bisous colorés sur les joues de mes oursons. Au surplus, il serait un peu inconnu et jamais discontinué. Et puis, le tube serait chic comme tout, très lady dans la pochette de sac à main. Là où j’en suis : Je crois bien avoir trouvé mon bonheur avec les Lip Glow Dior que j’adore. Même si le rendu ne ressemble en rien au lipstick de Kate Upton dans la video, peu importe, ces rouges-là me vont vraiment à moi. Porté quasi-quotidiennement, je fais des stocks, je finis tous mes tubes au pinceau et, en vraie accro, je ne compte plus à combien de tubes je suis rendue. Oui, je le crois, je touche au but.

Bon.

Cela étant dit…

J’ai tout de même très envie d’aller jeter un petit coup d’œil au rouge à lèvres que porte Kate Upton dans la vidéo, tout à coup que… Et puis, ça n’est pas réaliste de ne porter qu’un seul rouge à lèvres dans la vie : il me faut un rouge-rouge aussi (en ce moment, La Malicieuse de Chanel). Et un beige duveteux (Dream State de Kjaer Weis). Et une teinte de baies pour l’automne pour quand j’ai envie de brocade et de velours (je n’ai ni brocade, ni velours mais…)…Et un petit gloss rose ballerine…Et un baume corail pour la plage… Et un rouge qui claque pour m’amuser quand je suis bronzée…Et un…et ça, ça n’est que ce qui est dans mon sac en ce moment, pour changer au fil de la journée, selon mes humeurs et envies. D’ailleurs, au moment où j’écris ces lignes je porte…euh? Tiens, je ne porte rien. Ouais, super la signature de rouge à lèvres.

Le parfum signature. Ce que je recherche : Ce serait un écho, un parfum qui continue de raisonner tout en délicatesse, même une fois que j’ai quitté la pièce. Un parfum qui laisserait sa trace sur mon oreiller, sur mon manteau au vestiaire, mais aussi, quand on ouvre mon sac à main ou qu’on entre dans ma salle de bain. Ce parfum il serait délicat, léger, laiteux, un parfum de peau, à porter près de soi, comme une fraîcheur savonneuse, comme une belle journée qui rayonne encore sur nos épaules. Ce parfum il serait parfait pour toutes les saisons, il sentirait tellement moi qu’il ne serait associé qu’à ma personne et non à un moment. Il m’accompagnerait dans tous les moments, il serait à la fois secret mais mythique, et puis, il aurait un nom qui fait rêver et un flacon à tomber. Là où j’en suis : Beaucoup de jolies découvertes, tout plein de coups de cœur mais…rien à signaler au rayon de la signature indélébile. Résultat? J’use ce que j’ai avec bonheur et je m’amuse à en changer selon mon look du jour ou l’occasion. Ah oui, et je fonde tous mes espoirs dans la réédition de Jour de Fête de l’Artisan Parfumeur, qui est attendu chez Ogilvy. (Mais qui est vendu en édition ultra-limitée; ça n’augure pas très bien).

La routine de soins signature. Ce que je recherche : Une routine beauté qui soit mienne, qui soit chic, qui m’accompagne dans toutes les phases de ma vie tout en me donnant une peau de reine. Abordable mais performante, facile à trouver mais hyper pointue, composition impeccable et flacons beaux et bien pensés, je veux aussi des noms de produits poétiques et des petits rubans de satin. Le but de tout cela? Que mes oursons quand devenus grands se fassent des réflexions touchantes dans le style de : « Tu te rappelles, maman avait tout le temps un pot de crème X sur sa coiffeuse, elle ne jurait que par ça. » ou encore le nostalgique « J’ai racheté un pot de Y rien que parce que ça me rappelle maman. C’est une crème pleine de souvenirs… » . Ah oui, c’est vrai, j’oubliais : je veux aussi une peau parfaite. Là où j’en suis : Ne rien changer à ma routine beauté? Ne pas demeurer à l’affût des découvertes et avancées? (Je déglutis avec difficulté). (Silence inconfortable).

Le constat signature: Ma seule signature beauté, sorte d’héritage-souvenir pour mes petits se résumera sans doute à: «Tu te rappelles, il y avait toujours tellement de pots de crème et de rouges à lèvres sur la coiffeuse de maman et elle en changeait constamment!» Car si c’est la recherche de ma signature beauté qui me motive et qui me guide dans ma quête, il reste que ma devise est un peu “toujours avancer, jamais arriver”. J’aime trop essayer gloss et crèmes, j’aime trop m’attarder sur les petites marques confidentielles et produits cultes pour m’enfermer dans un sarcophage “Rouge à lèvres éternel” (bien que l’idée me plaise bien dans l’abstrait, hein). En coquette assumée, pour moi, le plaisir n’est pas dans la perfection mais bien dans la petite promenade en chemin. D’ailleurs, quelle belle journée pour un pique-nique! Et quel temps parfait pour un nouveau lipstick!

P.S. Et vous, vous avez une signature beauté?

L’anniversaire de Petite Ourse

petite ourseJe vous avais promis un article sur mes dernières péripéties, desquelles ont découlé mes multiples journées sans shampoing… Vous êtes prêtes? C’est du n’importe quoi, sans logique ni réflexion, sans rien, juste le chaos de la vie, c’est juste…un récit. Allons-y!

Alors! Il y a une semaine, c’était l’anniversaire de Petite Ourse. Comme d’habitude, j’ai voulu faire quelque chose de simple mais…

J’adore préparer une fête. J’ai totalement manqué ma vocation! J’aurais dû être organisatrice de party/journaliste beauté. Les fêtes, j’adore! Et puis, c’est totalement un de ces trucs de la vie où “le voyage vaut bien la destination“, non? Organiser une fête c’est un acte créatif! Autant je m’amuse lors du jour J, les préparatifs m’amusent tout autant. Surtout que, du haut de ses 4 ans et 11 mois, Petite Ourse peut et veut m’aider. J’ai donc…une petite assistante. Une mini-helper enthousiaste. Un petit lutin plein d’énergie qui ne demande que ça faire des ribambelles, coller des brillants ET modeler des animaux en pâte d’amande là, maintenant. Ooooh, mon dieu…les possibilités sont infinies.

Mais ne nous emballons pas. Cette année, je m’étais dit, ce sera simple. Fru-gal. Ba-sique. Tout le monde le dit: pour les petits, tout ce qui compte, c’est les cadeaux, les amis et le gâteau avec les bougies. Je le sais en mon for intérieur. Je le sais, mais…c’est plus fort que moi. Et puis, je suis totalement CONTRE les fêtes d’enfant style mini-mariage avec sommelier de jus de fruits, chariots de desserts et glissades d’eau dans le salon. Nooon, pas ça surtout.

D’abord, Petite Ourse et moi avons choisi un thème: séance de brainstorm, donc… Pas de princesses, ni de fraisinette, non, soyons créatifs! Think outside the box les amies! Finalement, nous avons trouvé: pique-nique enchanté des petits animaux de la forêt! Ohhhhh! Grande inspiration. Oh la la, j’adore. Je me suis sentie si…inspirée.

Mais bon, ce sera un brunch, tout simple. Avec des quiches, des petits sandwichs, du café, des mimosas, des croissants, la salade d’orange de ma mère, un kouing amann (Petite Ourse adore!) et un gâteau. Bon, ok, deux gâteaux car, une fois la liste d’invités rédigée, nous constatons que nous serons 24: la famille, les cousins, quelques amies, bref, quelques enfants et leurs parents. Vingt-quatre, c’est un beau chiffre rond. Petite Ourse trépigne: elle a déjà trop hâte. “Ma fête c’est dans deux jours?” Voilà un mois qu’elle me pose cette question.

Alors, j’ai réfléchi un peu à la déco. D’abord, des ballons. Une fête, ça prend quelques ballons, c’est tellement réjouissant les ballons! Genre, si je déprime, moi, donnez -moi des ballons (ou un rouge à lèvres). Ensuite, des guirlandes de petits fanions. C’est trop mignon des fanions dans des teintes pastel, un peu style Belle et Boo. Ah oui, et je sortirai ma nappe de pique-nique à carreaux rouge. Parfait! Oh, je sais, je vais prendre mon faux cerisier du salon et je vais le mettre au milieu de la pièce…Génial! J’accrocherai les fanions dans les branches et…ah oui, je sais!! Des tipis! Il me faut des  tipis! Oh mon dieu, je vais transformer mon salon en forêt (facile avec du papier de construction vert et un peu de ficelle, c’est l’affaire de quelques minutes!), et la forêt sera décorée avec des fanions et ballons! Les enfants pourront grignoter dans leurs tipis en joli Liberty, ce sera magique! Un tipi, en plus, c’est presque rien, c’est genre, la première construction qui a vu le jour après les cavernes, c’est l’abris le plus basique qui soit. Après tout, trois bouts de bois et un morceau de tissus et tadam!  Et puis, c’est hyper pratique un  tipi. On les mettra dans la cour cet été. C’est d’une utilité dingue, d’ailleurs, je me demande comment nous avons pu vivre jusqu’à aujourd’hui sans tipis!

Et, pour les gâteaux, hmmm….Pourquoi pas le gâteau de ma mère en hérisson? Et…oh, oui, je vais faire un gâteau au chocolat et rouler un morceau de fondant blanc sur le dessus: Petite Ourse pourra ensuite dessiner dessus avec des marqueurs alimentaires. Quelle bonne idée! Elle pourra faire cela tous les ans et à 18 ans je lui ferai une carte avec un montage-photo de tous ses gâteaux d’anniversaire dessinés par elle. J’adore! En plus, ça nous permettra de totalement suivre son évolution artistique au fil des ans, un genre de Anna 6-18 du dessin de gâteau. Ah ouiiii et j’ai des emporte-pièces animaux de la forêt de chez Ikea! C’est le moment ou jamais d’essayer la recette de sablés dans le dernier livre de recette de Josée Distasio! Et je ferai des biscuits glacés en forme de 5 aussi, ce sera beau! Et il y aura des pailles en papier rayées rouges et blanches! Et des jolis sacs à surprise noués avec la ficelle bicolore rapportée lors de ma dernière force majeure! Et des pots de trempette comme j’ai déjà vu en photo sur internet, avec des carottes plantées dedans, style festin de Pierre Lapin…Oui, oui et oui!

Trempette

Hmmm, l’idéal aussi serait que la maison soit bien rangée. Dans la bibliothèque du salon, ce serait bien de mettre des bacs, au lieu d’avoir tous les jouets en fouillis à la vue. Oui, c’est trop zen pour l’oeil des bacs. Et puis, vive l’organisation! Ce serait bien aussi que je fasse le tri des produits dans la douche, que je fasse de la place dans la garde-robe de l’entrée pour que les invités aient de la place pour leur manteau, que je fasse le ménage du frigo et que j’organise nos papiers d’impôt! Ouiii, un beau ménage pour que la maison respire, soit belle “inside and out“. Et puis, un petit coussin sur le divan du salon, dans une teinte rose pop, j’en rêve depuis que nous avons emménagé ici…Ça mettrait les invités à l’aise un petit coussin rose pop. Oui, ça changerait tout. Petit accent coloré, ludique. L’idéal serait même que les tipis soient dans une teinte harmonieuse avec ledit coussin. Mais bon, soyons raisonnables: il ne faudrait pas que je m’en demande trop. Ouais, oublions l’obligation que le coussin s’harmonise avec les titis, là je m’emporte.

Petite Ourse était emballée. Pas pour le classement des papiers d’impôt mais pour le projet de déco de son gâteau. Et puis, j’ai parlé à ma mère (qui est toujours hyper partante) de son gâteau hérisson (que j’adorais enfant): elle était trop contente de le refaire! Idem pour la salade d’orange et les fanions, elle avait envie de participer. Quelle chance j’ai!

Ensuite, j’ai parlé à mon très artistique Goglu d’amour de mon idée de tipis! Elle aussi, elle adorait! “Tu sais, le mieux est de tailler le tissus de manière circulaire, comme si c’était une jupe ronde…” Et nous voilà, un midi au téléphone à googler “tipis enfants” sans relâche. Que du bonheur! J’ai été acheter le tissus, un soir après le travail, et mon Goglu s’est chargée du bois. Alors, petit à petit, je me suis attelée à la tâche. Des bacs pour le salon, check!…Commander les croissants et quiches: check! Et puis, rien. Plus rien n’a avancé. Tous les weekends, on était en ski, du vendredi au dimanche. Et puis…J’avais complètement oublié que j’avais un énorme dossier qui arrivait. Un gros cas, en Cour, où je devrais plaider et travailler en mode “soirs et weekends illimités” et qui prendrait beaucoup de place dans mon réservoir d’énergie et dans ma tête. Je devrais ressortir mes dossiers le soir sur la table de la salle à dîner une fois les oursons couchés, demander des conseils stratégie à Papa Ours… Me coucher tard. Être tellement débordée que même mes ongles allaient être tous nus pendant tout plein de jours. Oh la la.  Mais bon, le tissu était acheté et le bois aussi. Il était moins une et je n’avais toujours pas rangé l’entrée et encore moins classé les papiers d’impôt. Je n’avais pas de recette de gâteau choco ni de … Oh my God! Et tout ça sans parler des tipis à aller faire chez mon Goglu!

Après que ma mère nous eu envoyé un courriel (“Les filles, pouvez-vous m’expliquer c’est quoi toute cette histoire de TIPIS??? Vous êtes déjà bien assez occupées il me semble!“) mon trop généreux Goglu m’a gentiment proposée de faire les tipis sans moi, à son rythme, chez elle, sur sa super machine à coudre. Elle a même eu l’idée de suspendre des pommes de pin à l’intérieur pour un petit look “antre de la clairière”. Mon coeur a pleuré de joie. Alors que mes amies me répétaient “tu sais, juste un gâteau de chez Costco et voilà, c’est réglé“, mon Goglu comprenait ce qui était important pour moi. Et elle m’aidait à l’accomplir. Ça, c’est de l’amour. Et puis, ma soeur a conclu en disant: “en plus, ce sera une répétition car moi aussi j’en veux un: un tipee, c’est trop pratique, non?“. Larmes aux yeux, coeur débordant d’amour, je l’aurais trop serrée dans mes bras!

Fanions

Petits fanions

Alors, une semaine de Cour plus tard, les cheveux ternes, les ongles nus, les cernes foncés et la maison (encore) en fouillis, nous sommes partis au ski pour le cours du samedi. Le plan de match? Revenir samedi tôt, après le cour de Petite Ourse pour tout ranger et faire le gâteau. Le petit imprévu? Petite Ourse s’est cassée la jambe sur les pentes de ski, patrouilleurs en ski-doo, clinique médicale de Mont-Tremblant, plâtre jusqu’à la cuisse et tout et tout! Dans sa douleur elle me demandait: “Maman, ma fête c’est demain, hein? C’est plus dans deux jours hein?” Oui, ma chouette, c’est demain. La famille ourse est rentrée à la maison en soirée, avec une oursonne qui avait (très) mal et qui a finalement réussi à s’endormir à côté de moi sur le divan du salon. Il était onze heures et demie. Classer les papiers d’impôt n’était plus réaliste. Et puis, on s’en fout des papiers classés! Allez, ménage (mettre tout dans mon garde-robe) et déco: on avait une forêt à recréer. J’ai finalement terminé mon gâteau à 2h30 du matin, le fondant roulé n’attendait plus que l’art de Petite Ourse, puis, je me suis couchée dans le salon aussi, avec Petite Ourse. Même sans coussin rose pop, je vous assure que j’ai très bien dormi.

Gâteau Décoré

Petite Ourse a décoré son gâteau avec un dessin d’elle (à gauche) et de son hérisson (à droite)

La fête a eu lieu, rien n’était comme j’avais imaginé, mais tout était parfait: Petite Ourse était contente. Elle était fière de son gâteau, elle regardait avec bonheur ses cousins assis dans les (magnifiques) tipis. Elle était contente de retrouver ses amies qui sont restées auprès d’elle, sur le divan et allaient lui chercher des guimauves (et non des carottes dans la trempette: I wonder why). Elle a aussi adoré sa poupée American Girl skieuse et aussi, le gâteau hérisson. Voilà! Depuis, Petite Ourse prend du mieux, elle est courageuse comme tout et a toujours son sens de l’humour! Et Papa Ours et moi on se fait des biceps à l’emmener partout dans nos bras: six semaines de musculation en perspective. Enfin, promis, je vous donne très vite la recette du gâteau hérisson (qui est juste trop bon car un peu biscuité)! Et puis, vous me faites signes si vous aimeriez que ma soeur signe un tuto de tipi. Car avouez-le, un tipi, c’est trop pratique dans la vie! Comment vous avez fait pour survivre sans tipi?

Hérisson

Gâteau hérisson

P.S. Dans l’énervement, j’ai oublié de prendre une photo des magnifiques tipis! Trop nul! À venir très vite, promis!

Hello Cupcake! (Force majeure)

Toronto 5hAMJe sais, ça fait un petit moment qu’on ne s’est pas parlées mais vous savez, j’ai une excellente excuse! Oui, oui. Allez, lisez-moi.

Vous vous rappelez mes péripéties de l’an dernier? Celles de la tempête de neige entre Noël et le jour de l’an? Alors, cette année, je croyais totalement avoir échappé à ce genre de concours de circonstances aussi rocambolesque qu’essoufflant. Je me disais, c’est le genre de situation extrême qui arrive une fois dans une vie, comme une éclipse ou la rencontre d’un ours. Mais non. Je m’apprêtais à revivre une force majeure. Le genre de situation où l’on est à 100 000 kilomètres de la fille qu’on aimerait être. Ce genre de situation où l’on a l’impression d’être une caricature de la fille désorganisée, mal coiffée et mère indigne. Ce genre de situation où l’on se retrouve à un aéroport lointain, en plein hiver, en ballerines. Avec de la ficelle à rôti et une lavette à carafe à portée de main, mais plus aucune couches (bravo à moi).

D’abord, ma dernière journée en Floride. Il faisait beau. J’avais un peu les bleus de revenir vers le froid. Forte de (l’une de mes) ma résolution de “profiter du moment” (“be in the Now“), je suis restée dans l’eau jusqu’à la dernière seconde. Pas de mise en pli, pas même de shampoing. De toute façon, je prendrai une bonne douche de retour à la maison, je me suis dit. Je fêterais mon retour avec mes produits chéris, dans ma salle de bain à moi. Qu’importe si mon avion devait atterrir vers 1 h30 du matin, une bonne douche me ferait du bien.

Idem pour les bagages, je les ai préparés un peu à la hâte. Craignant d’être en surplus de poids pour les bagages en soute (oui, j’ai fait quelques petits achats!), j’ai eu la super idée de mettre tout ce qui est lourd dans les bagages à main. Gé-nial. Ce qui fait que, dans mon bagage à main, entre autres choses j’avais de la ficelle à rôti (un rouleau complet! Je sais, ça fait bizarre mais elle est est super belle. Elle est bicolore! Imaginez toutes les utilisations possibles!), des cartes de voeux écrit “Hello Cupcake!“, une spatule (très fine, pour décoller les biscuits, c’est idéal!), un ensemble de draps pour Petite Ourse (que Papa Ours a gentiment pris dans son bagage à main), des crayons de couleur en bois (pour mes moments inspirés) et le roman policier que je venais de terminer (bonjour l’intrigue).

Alors nous sommes partis pour l’aéroport, tout le monde était en forme (trop même en ce qui concerne les oursons qui essayaient de se peser sur le pèse-bagage et faisaient des clins d’oeil aux agents d’aéroport). Direction Montréal! Yesss. Here we come!

Le voyage en avion s’est bien passé. Mes cheveux avaient séchés à l’air libre, pleins de sel, ils étaient devenus croustillants comme du poulet frit. Frottant mes yeux de fatigue j’ai découvert que j’avais encore plein de sable dans les sourcils. Et un rapide coup d’oeil à mon miroir de poche m’a confirmé que le look voyage de nuit après une journée au soleil, c’est moyen en terme d’éclat du teint. Un combo rouge-cerné. Surtout que j’avais aussi un peu de crayon vert sur le côté de la bouche (projet de dessin avec Petite Ourse). Et des miettes de biscuits sur le gilet (merci Bébé Ours). Peu importe, l’avion avait amorcé sa descente vers l’aéroport de Dorval, ouf, nous étions presque rentrés. Ma mission jusque là: surtout, ne rencontrer personne que je connais. Je me croisais les doigts.

Un message a retentit dans l’avion: “En raison du froid, l’avion est détourné vers Toronto.” Quoi? Toronto? Bon, je me suis dit, on arrivera à Toronto, puis, on repartira vers Montréal tout de suite. Ma douche sera reportée d’une heure, au plus. Une heure dans une vie, c’est quoi? Il était 1h30 du matin. Les oursons venaient de s’endormir. J’ai pris une grande respiration et j’ai vu que Papa Ours faisait de même.

Une fois à Toronto, les oursons (bien grognons d’avoir été réveillés) et moi, avons dû attendre la poussette à la sortie de l’avion pendant que Papa Ours allait aux informations. Une poussette qui a mise près de 30 minutes à venir car la porte de l’avion était gelée. Le froid nous a enveloppé, peu à peu. J’ai grincé des dents en pensant que nous n’avions pas nos manteaux et j’ai enveloppé les oursons dans leurs doudous. Dur retour.

En entrant dans l’aéroport de Toronto, nous avons vu que non seulement nous avion été détourné à Toronto, mais que 163 vols l’avaient été aussi. Plus d’hôtel. Files devant le comptoir Air Canada, files devant l’unique Starbucks. L’aéroport de Dorval était fermé. Il faudrait attendre. “How long?”. Personne de savait.

Nous avons sorti l’ensemble de draps de Petite Ourse et, sur le plancher de l’aéroport, nous avons fait un lit aux oursons pour qu’ils dorment, le temps que la nuit passe et que nous trouvions une solution.

Et là, bien sûr, en allant chercher du lait, je suis tombée nez à nez avec cette fille trop belle avec qui j’avais déjà travaillé il y a mille ans. Cheveux lisses et brillants, fraîchement maquillée, manteau d’hiver sur le dos et bottes Sorel aux pieds (alors que je m’étais résolue à mettre des chaussettes de laine dans mes ballerines Pretty Ballerina (ne me jugez pas, la situation était extrême!)), jeans bien coupés et pas de miettes, de sable ou de marqueur nulle part sur elle. Ahhhhh, great!! “How are you???” Pendant qu’elle me parlait, je n’avais qu’une envie: fondre, disparaître et aussi, lui parler par télépathie et lui dire que d’habitude, je n’ai pas les cheveux crousti-poulet. Soupir.

Finalement, nous sommes restés longtemps, longtemps dans cet aéroport. Les oursons ont dormi souvent sur l’ensemble de draps (félicitations à nous, quelle bonne idée de l’avoir à portée de main!), j’ai failli relire mon roman policier tant le temps a passé lentement (et ce, même si je savais qui était le meurtrier) et j’ai même manqué de couches pour Bébé Ours. Chaque fois que j’ouvrais mon bagage à main ma jolie ficelle à rôti me souriait et ma brosse à dents et mon blush brillaient par leur absence. Hello Cupcake.

La prochaine fois, promis, j’emporte les manteaux de toute la famille, des brosses à dents, des coussins et surtout, je rince mes cheveux avant de partir. Et si N., tu me lis, sache que vraiment, d’habitude, je n’ai pas les cheveux crousti-poulet. Ni une spatule à biscuits dans mon sac à main.

C’est un plaisir de vous retrouver! C’est un plaisir d’être rentrée chez moi. Et oui, mes produits chéris et moi avons vraiment fait la fête dans la douche au retour!

Joyeux Noël!

Sapinomagie

En ce jour de Noël, Boucle d’Or vous souhaite de très joyeuses fêtes du fond de son coeur. Que ce temps des fêtes vous soit doux, reposant, simple et surtout, qu’il repose sur l’important.

Très chaleureusement,

Votre amie, Boucle d’Or

 

Je suis la seule?

Crocro BOIl y a des moments où, en appliquant mon soin, en lissant une boucle ou en cherchant fiévreusement mon gloss au fond de mon sac à main, je me demande si je suis la seule au monde dans cette situation. Impossible. (Traduction: rassurez-moi). D’ailleurs, je me demandais si…

Je suis la seule qui, en appliquant son déo Soapwalla le matin (pas très réveillée) tartine inévitablement au passage les quelques mèches de cheveux qui environnent les aisselles? (Hmmm, pas super comme pommade coiffante.)

Tiens, parlant de déodorant Soapwalla, je suis la seule à avoir essayé de convaincre son chéri de s’y mettre? En mimant le geste organique de l’application d’une pommade de poudre de légumes sous les aisselles. (“Hein, où est le problème? Hop, tu l’apportes au gym, tu le mets le matin avant le travail, tu…“) D’ailleurs, je suis la seule à ne pas avoir réussi à convaincre chéri d’adopter ledit déodorant?

Je suis la seule à se sentir vraiment délinquante quand elle zappe l’hydratation corporelle du soir? En hiver? En sortant du bain? Je sors du bain. Je m’éponge. Défi dans les yeux. Tatouage sur le coeur (“S’hydrater: un choix“). Oh, intrépide rebelle que je suis. Et… au réveil, la rebelle a une belle peau de crocro…

Alors, repentie, le lendemain, je suis la seule à superposer genre, une huile, une crème et un baume avant d’aller au lit pour ensuite me coucher, en position de pharaon, le regard fixe, en me croisant les doigts pour que ça remédie à la situation? (Tatouage sur le coeur: “Je m’hydraterai quotidiennement“.)

Je suis la seule à mettre ses flacons de vernis côte-à-côte pour comparer les teintes? Pour constater que, même si toutes les teintes semblent toutes “semblables” à première vue, il y a un trou BÉANT dans ma palette entre Bloodline et Decadence. Ouaip, il me manque un rouge cerise (traduction: il me faut Scarlet Letter!)

Je suis la seule à trouver toutes sortes d’utilisations alternatives à ses produits de beauté pour la vie de tous les jours…Comme noter des numéros de téléphones avec un crayon soyeux 12 d’Armani? Ou utiliser du Fashion Tape pour emballer un cadeau? Ou d’utiliser de la colle à ongles pour coller des paillettes sur un serre-tête (sans succès).

Je suis la seule qui, dès qu’elle a un ongle dont le vernis est un peu écaillé, a le sentiment de sortir d’une maison mobile au Nevada, hyper trash, cheveux jaunes poussin et serre-tête pailleté-maison (avec de la colle à ongles) sur la tête?

Je suis la seule à ne pas pouvoir dormir non-démaquillée? Et à en avoir presque des palpitations, avec un vague sentiment de catastrophe imminente.

Je suis la seule qui, quand elle n’arrive vraiment pas à dormir, compose des wish list interminables de gloss et d’huiles de bain, en imaginant les parfums, les textures, le clics des poudriers et leur poids dans la main, un peu comme certaines comptent les moutons…

Heureusement, vous êtes là pour me rappeler que je ne suis souvent pas la seule avec mes mésaventures beauté. Sur ce, la nuit m’appelle (après une grosse semaine au bureau, je suis complètement en manque de dodo). Allez, je vais “compter mes moutons”: un baume Suvana Paw Paw…un blush Dr. Hauschka…une huile KneippZzzz…

P.S. Vous, vous vous demandez si vous êtes la seule à…? Racontez-moi vos petites histoires!

P.P.S. La e-boutique de produits de soins naturels et biologiques que j’adore, Crèmes Etcetera, fait une vente Vendredi Fou: 25% sur achat…L’offre est valide jusqu’au 30 novembre 2013, minuit (HNE). Oui, je sais, je parle souvent de cette boutique  mais je suis juste tellement contente d’avoir (enfin) un point de vente québécois (pas de frais de douanes!) qui a une offre naturelle qui fait rêver. Et qui vend mon déodorant génial de poudre de légumes…

L’Espace de Vie

photo-7J’ai toujours aimé les magazines de déco. Vous savez, ceux où l’on voit des pièces hyper lumineuses, bien rangées, avec genre, quatre enfants savamment décoiffés en train de boire du lait (dans un pot en verre) assis sur une table. Ou de jouer avec un seul jouet. Un seul. En bois, éco-chic. Sans mini morceaux. Pas de jouets qui traînent partout, pas de magazines froissés, pas de crayons sans les bouchons et surtout pas de miettes de pâte à modeler sur la table en verre du salon. Ces magazines ont toujours un titre tout simple: Living with Children. Ou encore, Espace de Vie spécial enfants. Vous voyez le genre? Espace de vie. D’ailleurs, parlant d’Espace de Vie, on ne dit pas « J’habite dans un espace de vie. » On y évolue.

Quand je vois les autres parents de la garderie, j’ai toujours l’impression que leur maison est bien rangée, qu’ils repassent le tablier de bricolage en lin blanc de leurs enfants (qui ne font jamais de crise) le soir, en train d’apprendre une langue étrangère, en buvant un verre de vin dans un verre sans pied dans leur maison impeccablement rangée. Que dis-je : dans leur espace de vie. Les mamans font des profiteroles-maison un mardi soir, entre deux conférences téléphoniques. Et quand on leur demande comment elles ont réussi ce tour de force avec le bébé de neuf mois, elles nous expliquent d’un sourire reposé que bébé a lui aussi brassé la pâte. Justement, ça tombe bien : vous aviez une image mentale d’un bébé en tablier de lin blanc fraîchement repassé, qui brasse la pâte d’un mélange à profiteroles. Les quelques fois où j’ai essayé de « tâter le terrain » auprès des autres mamans pour savoir si j’étais la seule à trouver que, bon, l’horaire est chargé et les enfants fatigués et grognons le soir et qu’il y a trop de neige dehors… j’ai eu droit à un regard vague et à un « Ah oui? Vous trouvez? » Ça m’avait découragée. J’étais retournée dans ma petite carapace. Sourire zen. Enfants en vêtements semi-pas-froissés… Moi aussi j’évolue dans un espace de vie!

Vous comprendrez donc que quand la maman de L., la best copine de Petite Ourse m’a invitée à venir bruncher chez elle avec les oursons, j’aie eu une hésitation. Ça me pesait un peu, j’avais peur de ne rien avoir à dire, de l’autre côté de ma carapace, dans son Espace de Vie. Genre, je l’imaginais, sortant ses profiteroles. Et je grinçais déjà des dents.

Mais bon, j’y suis allée quand même, pour voir…Et surtout pour les oursons qui sautillaient rien qu’à l’idée. J’avais préparé des carrés Rice Crispies, la veille, à la hâte. Zéro fancy.

Mais, quand je suis entrée dans sa maison, tout de suite, j’ai été bien. Dans l’entrée il y avait des bacs pour les tuques, foulards et mitaines. Oh, des bacs! Comme c’est pratique! (On aurait dit que je découvrais la roue.) Des bacs! J’adore! Oui, les bacs et paniers étaient à la vue mais c’était complètement charmant. Et dans la salle de bain, il y avait tout plein de tubes (à la vue), comme la Crème Avène Anti-rougeurs. Et puis, elle avait un étui Iphone avec une oeuvre de Banksy (j’aime l’art de Banksy)…Et puis, elle avait n’avait pas eu le temps d’acheter du café et…La vie, quoi.

Les enfants se sont ensuite retrouvés et, pendant ce temps, j’ai bien regardé autour de moi. Là, deux chaises aux jolis coussins recouverts de tissu par la maman de L. (elle m’a expliquée qu’elle a juste eu le temps d’en faire deux sur quatre), là, la chambre des enfants toute pleine de jouets (et de crayons feutres sans bouchons). La maman de L. a alors sorti un gâteau en disant : « Je suis une mauvaise maman, j’ai acheté le gâteau chez Première Moisson ». Et là, j’ai fondu intérieurement. Elle culpabilisait. Comme moi. On était toutes pareilles!

Un instant plus tard, quand on a surpris Bébé Ours en train de dessiner sur le mur avec une banane (est-il le futur Banksy?) et que je me suis précipitée sur un linge pour nettoyer son dégât, elle m’a dit en souriant : « Laisse, pas de stress. C’est un espace de vie ici. Tu sais: pour vivre. »

Je l’aurais prise dans mes bras.

À la maman de L.: la prochaine fois, c’est moi qui t’invite dans mon espace de vie. Au programme? Un truc hyper vivant-messy genre, atelier de maison en pain d’épice SANS tablier de lin blanc. Bienvenue dans mon espace de vie.

Le Clean-Up

B-O bio

I saw the sign

I, I gotta new life
You would hardly recognize me I’m so glad
How could a person like me care for you?
(Why?)Why do I bother
When you’re not the one for me
Ooooo, is enough, enough?

I saw the sign and it opened up my eyes
I saw the sign
Life is demanding without understanding
I saw the sign and it opened up my eyes
I saw the sign
No one’s gonna drag you up to get into the light where you belong…
But where do you belong?

Under the clean moon
For so many years I’ve wondered who you are
How could a person like you bring me joy?
Under the pale moon
Where I see a lot of stars
Ooooo Is enough, enough

I saw the sign and it opened up my eyes
I saw the sign
Life is demanding without understanding
I saw the si-ign and it opened up my eyes
I saw the sign
No one’s gonna drag you up to get into the light where you belong…
But where do you belong?
Oh! Oh, oh, oh

I saw the sign and it opened up my mind!
And I am happy now living without you
I’ve left you, oh-oh-OH!
I saw the sign and it opened up my eyes I saw the sign
No one’s gonna drag you up to get into the light where you belong

(I saw the sign – I saw the si-i-ign) I saw the sign!
(I saw the sign – I saw the si-ig-i-ign)
(I saw the sign – I saw the si-ign) I saw the sign!

And it opened up my eyes, I saw the sign! (sign, sign, sign)

 

-Ace of Base

Histoire d’agrémenter mon mois de novembre, je me suis fixé un défi. Vous êtes prêtes? J’ai quelque chose d’ÉNORME à vous annoncer! J’ai même un peu peur de vos réactions… Boucle d’Or passe au vert l’espace d’un mois! Ouiiiiii! Venez, je vais tout vous raconter de A à Z. D’abord, mon cheminement mental. Mon plan cartésien. Mes analyses. Et mes coups de coeur. Oh, j’ai plein de choses à vous dire!

Cela faisait un moment que ça me chicotait. Depuis l’été en fait. Je pensais à tous ces produits chimiques dans les produits de beauté, à cette notion de cobaye (suis-je une cobaye du monde de la beauté?) et surtout, quels seront les prix à payer, par moi, les autres, la planète. Puis, cet été, j’ai lu No More Dirty Looks de Siobban O’Connor et Alexandra Spunt (dont je vous parlais ici). Ça n’a pas changé ma vie, ça m’a juste ouvert un peu l’esprit. Dans son livre, les auteurs racontent comment, quand elle a mis leur routine beauté au vert, leur peau, cheveux et santé ne s’en sont mieux portés. Intéressant… Mais bon, j’ai continué ma vie avec ma panoplie de produits, certains plus verts que d’autres, en essayant tout de même de faire des choix plus sains quand j’achetais de nouveaux produits. Certes, il y avait une part de curiosité mais aussi, je m’en rendais à peine compte, un réel dégoût naissait en moi en lisant les listes d’ingrédients chimiques et parfois même, inflammables (inquiétant!!). Bon, ensuite j’ai fait deux pneumonies coups sur coup (rien à voir avec les produits de beauté mais la maladie invite toujours au repli et à la réflexion en nous ramenant à l’essentiel n’est-ce pas?), puis, il y a eu la saga je-t’aime-moi-non-plus entre V. et le Maestro…J’ai ensuite rencontré Tata Harper (sa peau!)…Sans oublier que de manière plus générale je me suis émerveillée sur la condition humaine (n’est-ce pas un miracle: la vie? Je sais: ça fait bête. Mais c’est vrai. Il faut la protéger!) Puis, enfin, j’ai essayé Rahua et mes cheveux ont été transformés dès le premier shampoing. Bref, l’univers me parlait, les signes étaient là, à moi de les interpréter. I saw the sign, quoi.

Ça semble tout simple, hein?

Non, attendez, il y avait d’autres variables. Comme la variable “Souvenirs”. C’est le truc qui rend mes choix beauté si difficiles. Tous ces souvenirs rattachés à la beauté plus conventionnelle. Ma grand-mère a toujours utilisé la Crème de Huit Heures d’Elizabeth Arden, du coup, juste son parfum me ramène à elle… Puis, il y a les poudres Caron qui me lient d’une certaine manière aux coquettes du siècle passé…Les bisous parfumés des rouges à lèvres Bourjois que ma maman déposait sur nos joues…Les poudriers brillants qui font clac, les crèmes mythiques, les pubs glossy avec des égéries convaincantes… Comment rompre avec la tradition sans jeter nos souvenirs aux poubelles? Sans compter la petite voix dans ma tête qui se demande si je ne me trouve pas à faire une croix sur le progrès en quelque sorte. Genre, pourquoi ne pas revenir à l’ère pré-pasteurisation tant qu’à y être? Me promener en calèche? Me baigner en robe et culottes à frisons? Manger des racines et écrire mes articles sur des parois de cavernes? Les produits verts d’aujourd’hui reflètent-t-ils réellement les avancées technologiques de manière comparable aux produits plus conventionnels qui, je l’imagine, ont toute une équipe de recherche et développement? Mais justement, cette équipe en recherche et développement: elle m’offre les dernières avancées scientifiques ou simplement le produit moyen qui sera bon vendeur? Oui, labyrinthe dans ma tête, limite, dialogues parano-conspirationiste. Je m’effraie moi-même. Et puis, mes produits conventionnels, je les aime. Je les utilise depuis longtemps et je m’en porte très bien, merci. Je ne pourrai jamais faire une croix définitive sur les rouges à lèvres Chanel ou les blush Dior. Jamais.

Alors, j’ai dis Stop! Puisque je ne suis pas prête à renoncer à tout jamais à mes produits de beauté conventionnels, pourquoi ne pas simplement prendre une pause? L’idée n’est pas de les jeter carrément mais bien d’adopter des produits plus sains pour le quotidien. Je vais commencer avec ça, tiens. Et voir comment je peux m’arranger avec ce qui existe de clean niveau composition. Avec ce que j’ai déjà. Je suis curieuse aussi de voir si j’aimerai mon reflet dans le miroir, si je m’en porterai mieux et surtout, à plus long terme, de voir les découvertes et nouveaux favoris avec lesquels je pourrai créer de nouveaux souvenirs beauté, pour moi, mes enfants et arrière-petits-enfants.

Alors, comment j’ai fait? J’ai pris un gros contenant de plastique et j’y ai mis tous les produits de beauté dont la composition était un peu douteuse. J’ai rangé le contenant derrière mes gilets, dans ma messy garde-robe.  Le grand clean-up! Mes tiroirs sont quasiment vides! Et là, voici mon défi: pour un mois, je dois m’accommoder des produits que j’ai mais qui sont bien sains et voir comment je m’en porte. Il y a, of course, quelques exceptions: si j’ai une grande sortie, libre à moi d’aller piger dans mon “ancienne vie”. Les autres exceptions: les vernis et les rouges à lèvres Rouge de Dior. Just because, tout de même, je veux survivre. Mais sinon, c’est vert ou rien. Surtout pour le quotidien. Que ce soit au niveau des crèmes, soins cheveux, soins visages et maquillage. Go green or go home. Me reconnaitra-t-on? M’aimerais-je? Serai-je plus sereine? Mais surtout: une fois le mois écoulé, aurais-je oublié mon contenant derrière mes gilets ou l’ouvrirais-je telle une zombie assoiffée de gloss? À voir, à voir. Je vous raconterai.

Et, pour l’instant, j’en pense quoi? En fait, je me porte plutôt bien! En plus d’écouter du Ace of Base (ça fait trop sourire! Vive les 90’s!), mes cheveux continuent à me couper le souffle tant ils sont soyeux et attirent les compliments soudainement. Je m’accommode très bien de mes quelques éléments de maquillage Vapour Organics, RMS Beauty, de mes baumes Badger, Burt’s Bees, Tata Harper et d’un sublime soin traitant teinté La Mav. J’ai aussi mon déo Soapwalla, des produits Aurélia, d’huiles diversesM. Picaut, de Mamiel, de mon exfoliant Antonia Burrell et ma crème Coola. Mais surtout, je me sens libérée, légère d’avoir moins, de vivre une vie un peu plus simple. Comme un nouveau départ. J’espère aussi que cette voie sera celle d’une certaine acceptation de soi (exit la quête de la perfection, un teint santé et un sens de l’humour, c’est déjà beaucoup!) et qu’elle aura un peu un effet domino dans ma vie: un effet équilibrant, apaisant, m’entraînant vers une vie plus saine (plus de sommeil, plus de moment présent, de l’exercice, des grandes respirations). Sans compter que ce sera pour moi l’occasion de nouvelles explorations, de la découvertes de nouveaux filons et chouchous. Je n’en n’ai aucun doute! D’ailleurs, je vous parle très vite d’une marque qui a changé ma vie, rien de moins (je vous prépare un super topo!).

Tout cela c’est sans compter que l’offre de produits bio et glamour, hyper-performants et joliment emballés s’est multipliée de manière exponentielle au cours des dernières années. C’est une initiative que je choisis d’applaudir par mes choix, en l’encourageant avec mes achats.

Et pour mon blogue, ça donnera quoi? N’ayant jamais été puriste dans l’âme, je doute de pouvoir renoncer à 100% à mes produits de beauté chargés de souvenirs tant personnels que multi-générationnels. Mais l’idée est que, pour mon quotidien, je vais rechercher des produits plus verts, plus éco-responsables et sans produits chimiques. Je me mets donc en quête d’une beauté plus sereine, plus sage. Un équivalent-beauté de la quête de Siddhartha…Vous viendrez avec moi?

Comment

Réflexion

“Maman, quand tu vas être morte, qui va avoir ton iPhone?” -Petite Ourse

Cette question, posée dans l’auto un jour de pluie m’a donné le frisson. J’en ai tout de suite voulu à Apple de s’immiscer dans nos vies au point où des enfants de 4 ans se soucient désormais de la planification successorale de leurs parents.

Silence.

Mais Petite Ourse s’est faite insistante: “Quand tu vas être morte, je n’aurai plus de maman?” 

Moi- “En fait, je serai toujours là dans ton coeur mais je serai loin-loin-loin. Mais tu seras grande et tu n’auras plus besoin de maman. Peut être que toi aussi tu seras alors une maman…

En disant ces mots, j’ai pensé à ma propre maman à moi qui en plus d’être ma stratège d’organisation, ma conseillère, ma partenaire de magasinage préférée, ma cheerleader, mon modèle d’inspiration, est mon amie aussi. Mais surtout, même en grande fille que je suis, j’ai encore besoin de ma mère à moi, que ce soit pour avoir une deuxième opinion sur une paire de bottes, pour faire de la sauce à spaghetti ou pour juste pour me faire rire… On a toujours besoin d’une mère…Mes propos n’étaient donc pas exacts du tout…

Silence.

Petite Ourse, au bord des larmes -“Mais c’est pas juste, moi, j’aurai toujours besoin d’une maman. Toi, tu es une maman et tu as grand-maman quand même.

Moi – “Oui, Petite Ourse, tu as raison. On a toujours besoin d’une maman et je serai là.

Petite Ourse -“Mais si tu es morte, tu seras plus là, hein? Tu seras loin-loin-loin?

Moi – “Oui, mais malgré tout je serai là et je t’aimerai toujours. Je serai juste loin. Tu comprends?

Petite Ourse – “Oui, je comprends. Mais maman, quand tu seras morte, qu’est-ce que tu vas faire avec ton iPhone?

Silence. Je n’en reviens pas! Encore le iPhone!

-“Tu vas l’apporter avec toi ton iPhone?

-“Non, Petite Ourse, je n’en n’aurai pas besoin“, j’ai dit.

-“Mais Maman, si tu n’as pas ton iPhone, comment tu vas faire pour me parler quand tu seras morte loin-loin-loin?

Comment expliquer la mort à un enfant de quatre ans? Je ne sais pas.

Sagesse dans le Stress

Petits contesC’est ma mère qui m’a fait découvrir ce livre et, dès que j’ai lu le résumé à l’endos, mon coeur s’est mis à battre plus vite:

“Ce livre n’est pas fait pour être lu mais pour être fréquenté comme un ami proche, secret. Vous pouvez lui demander de vous nourrir, il vous nourrira, de vous éclairer, il vous éclairera, de jouer, il jouera avec vous le jeu le plus mystérieux du monde, celui du hasard qui n’existe pas.

Ouvrez-le, simplement, par curiosité. Quelqu’un est là qui vous parle. Il ne vous dit pas seulement quelque chose de plus ou moins intéressant, non. Il répond à une question que vous n’avez même pas formulée à voix haute. Il y répond à sa manière, qui peut être déconcertante. Mais ne grimacez pas. Ce qui vous est dit là s’avère toujours étrangement sensé.

Car les contes sont des vieillards immémoriaux et bienveillants. Ils savent tout de la musique du coeur du monde. Allez les voir. Ils répondent toujours à nos questions pour peu qu’ils soient interrogés avec cette lumière simple dont ils sont eux-mêmes pétris, et que l’on appelle l’innocence.

Henri Gougaud

Oui, c’est un petit livre de contes anciens, de fables et de vérités toutes simples. Chaque conte a quelques pages à peine, parfois une seule. À lire avant de se coucher, même crevée, dans le métro quand la journée nous pèse, mais aussi à avoir dans son sac à main quand on s’apprête à affronter une épreuve. Un bijou de livre pour les journées grises d’automne et pour nous encourager à devenir de meilleures personnes, plus sages, plus douces, plus gracieuses mais surtout, plus humaines. Un petit livre pour nous ramener à l’important ces jours où on ne sait plus où donner de la tête. Vraiment, Boucle d’Or est sous le charme!

Petits Contes de sagesse pour temps turbulents, Henri Gougaud, Albin Michel, 2013

C’est le temps du Plan!

Bonheur(Préambule: Vous connaissez toutes le concept du Plan je crois! Pour celles qui ne connaissent pas, je vous invitent à consulter l’Historique des Plans (ici et ici). Le Plan a été repris et connait des échos un peu partout dans le monde mais en fait, l’idée est vieille comme le monde: se réinventer un peu de temps en temps. Tout en restant soi-même, cela va de soi.)

Mercredi midi. Je suis devant mon ordinateur portable. J’ai une heure pour rédiger mon article sur le Plan. Je mange ma salade en même temps, écouteurs sur les oreilles, porte de bureau fermée. Je sors mes notes de ma rencontre de vendredi dernier avec mon amie V. Elle est venue souper chez moi, on a couché les oursons, puis, on a mangé une petite pizza-salade, de la Maison des Pâtes Fraîches entourées de découpes de magazines, de produits et de crayons et cahiers. C’était le temps de faire le Plan. Un super Plan! À moi maintenant de vous le raconter. Je sors donc mon cahier, histoire de ne rien oublier. Il est écrit:

  • Maestro foundation = toxique
  • Au début c’était génial…mais après…
  • L’horreur;
  • Tout est spécial;
  • Bonheurs locaux;
  • Cuir;
  • Découvertes;
  • Vestiges d’une civilization passée.

Ouais. J’ai comme un petit blanc de mémoire. Il me manque le lien… Vestiges d’une civilisation passée?? C’est un Plan ou le journal intime d’un archéologue? Hmmmm.

Allez, venez avec moi, on va repasser toute la soirée au peigne fin.

Moi: Bonsoir V! Tu sais comment ça marche. On va parler de notre Plan et moi, je vais prendre quelques notes de parcours, ça te va?

V: Ça me va! Allez, je commence. D’abord, je tiens à dire que je suis vraiment contente que ce soit l’automne. L’automne, c’est le moment de toutes les possibilités.

M: Tellement! Trop vrai!

V: Donc, je disais. C’est le moment pour profiter de ce que la vie nous offre. Récolter. Récolter des bonheurs locaux. Vivre simplement. Mais surtout, s’accepter comme on est.

M: J’adore le “récolter des bonheurs locaux”. Genre, aller lire au parc. Aller se promener dans son quartier. Se satisfaire de ce que l’on a…Tout en réfléchissant à ce que l’on peut améliorer…

V: Cela va de soi! D’ailleurs, parlant de choses que l’on peut améliorer…Ma peau. Le fond de teint Maestro d’Armani s’est révélé hyper toxique pour elle. Au début, je n’y croyais pas tant ma peau était sublime mais, au bout d’une semaine, ma peau s’est vengée! L’horreur! C’est à cause de tout ce silicone!

M: Ouiiii, c’est si important de lire la liste des ingrédients. D’ailleurs, ça fait partie de mon Plan de mieux m’informer sur ce que je mange, ce que je mets sur ma peau, ce que j’utilise pour nettoyer la maison (ou pire…ce qui est utilisé pour le nettoyage à sec!). Sans être pour autant transformée par ma lecture de No more Dirty Looks, je suis vigilante. Ça fait partie de mon Plan!

V: Oh oui, une vie moins toxique!

M: Ce que j’ai préféré dans No More Dirty Looks c’est le chapitre de la fin sur le Lifestyle, un genre de manuel de la santé basique (sommeil, exercice, nutrition, etc…) qui nous rappelle à l’ordre! Je veux intégrer ça dans mon Plan. Dormir plus surtout.

V: Oui, ça me fait penser aux Iles de la Madeleine. Une vie pure, près de la mer. On lit, on mange du poisson frais, on respire l’air salin et on fait des siestes…

Iles de la Madeleine

Credit photo: Iles de la Madeleine.com

M:…et on porte genre, la chemise blanche bien repassée (mais pas nettoyée à sec, hein!) et un jeans bleu foncé…

V: On a les cheveux dans le vent…

M: Oui, mais moi, je suis dans un autre vibe aussi…

V: Allez, raconte.

M: Je me sens un peu…teen angst. D’ailleurs, j’ai changé ma sonnerie d’Iphone pour “I fought the Law and the Law won” de The Clash pour être un peu rebelle! Il ne faudrait pas que ça sonne au Palais de Justice! Je me sens d’humeur adolescente! Allez, je t’explique. Tu te rappelles quand on était ado. Tout ce qui nous importait, c’est qu’on soit ensemble. Genre, il y avait une fête. Les questions n’étaient pas: “C’est où? Qu’est-ce qu’on mange, Il y a du stationnement? Qui y sera? Je mets quoi? etc…” C’était plutôt: “Tu y vas toi? Moi aussi!! Ohmondieu ça va être GÉNIAL!!!” La simplicité! Notre bonheur était contenu dans nos relations. Je m’ennuie de ça. Et d’écouter la chanson Ruby Soho

V: Ouiiii, la simplicité de quand on était jeunes. On avait un sac à dos, notre walk-man, on prenait l’autobus en rêvassant… Aller manger une pizza chez Gigi’s au coin de la rue était so fun! Ça suffit le blazé de maintenant!

M: Exactement!! Je ne dis pas que je veux nécessairement aller chez Gigi’s mais, je veux apprécier ce que j’ai, je veux me contenter de peu, de moins. J’ai envie de porter des jeans avec un t-shirt élimé de Weezer. J’ai envie de feuilles lignées et de lire les classiques. Genre, Hiroshima mon Amour, L’Énéide et Le Sous-Sol …De prendre l’autobus de la ligne 211 Bord du Lac…

V: Aller à la bibliothèque!! C’est génial d’aller à la bibliothèque! En plus, ça coûte rien et puis, ça sent bon les livres…Avoir un regard neuf sur le monde. De la fraîcheur. Exaltation…Tout est spécial!

M: (Ton sérieux) Bon, cela étant dit. J’ai envie aussi de nouveaux vêtements, tout de même. Des bottes de moto pour aller avec mon vibe d’ado des années 90 mais aussi, de belles bottes bien chic pour le bureau (comme celles de Tory Burch). Et des robes! Des jupes! J’adore trop cette jupe du Club Monaco. Ça et la robe Valentino RED que j’ai vue en vacances chez Saks, celle avec la boucle.

Valentino RED

Credit photo: Saks.com

V : De mon côté j’ai envie d’une mode très « back-to-school » : du tartan, du tweed, un cardigan un peu collégien et un sac de cuir naturel…

M : Ooooh! Parlant de cuir : tu as vu les nouvelles pub Kate Spade pour le Beau Bag? D’abord, j’adooore ce sac. Mais aussi, j’adore TOUT du look (à part que la mannequin aurait dû être en talons)! Je veux être cette fille! Je veux une jupe noire comme elle, un brushing rebondi-négligé comme elle et un manteau rouge qui a du swing comme elle. Et un Beau Bag, naturellement. Mais regarde cette pub!

Kate Spade Beau Bag

Crédit photo: Kate Spade

V : Ça me fait penser à Martine, les livres pour enfant. Tellement inspirant aussi. Elle est tellement parfaite, Martine. Elle recrée le jardin botanique dans sa cour (avec un étang pour y mettre des poissons) toute seule en trois semaines avec un râteau et quelques semis!

M : Parlant de se contenter de peu, j’ai aussi très envie du School Boy Blazer de J.Crew, de petites camisoles laine-coton Aubade (à porter sous une veste tricotée), celles avec la dentelle mais qui tiennent au chaud. Genre, lingerie et laine. Ah oui, et des beaux bas collants. Les bas collants beaux et de qualité c’est le secret de l’élégance en hiver je trouve.

J.Crew School Boy Blazer

Crédit photo: J.Crew

: Avec les petites laines fines, il faut des leggings bien confo. Ceux de Lululemon sont incomparables, à porter avec des tops doudous-chic. Comme cette veste de VINCE

Vince vest

Crédit photo: Vince

M : On va prendre des vitamines, on sera en pleine forme, on sera positives…

V : Ouiiiiii, on sera rayonnantes! On va RÉPANDRE LA JOIE! On sera un rayon de soleil!

M : Oui, mais on restera naturelles et on vivra malgré tout nos émotions sainement. Et on aura un blush/un baume à lèvres rose-sérénité parfait. J’ai testé le nouveau Lip2Cheek teinte Demure de RMS et il est parfait! J’en veux un pot! Ça et un chignon un peu défait c’est un super look tout prêt! La recette de la jeunesse!

Lip2Cheek Demure RMS

Crédit photo: Spirit Beauty Lounge

V : Ah oui, et on mangera un l’arc-en-ciel à chaque repas, genre, de toutes les couleurs dans notre assiette. Un festin pour le corps et les yeux.

M : Totalement! Nourrissons notre âme! Ça paraîtra sur notre peau en plus. Je veux passer à l’huile d’automne De Mamiel! Je veux un teint vraiment zéro défaut que je vais porter avec la nouvelle collection Rouge Dior. So chic! Ce sera parfait pour mon look de pub Kate Spade. Mais avec des talons, hein!

De Mamiel

Crédit photo: De Mamiel

V : Parlant d’état d’esprit, moi, je me sens très…hippie. Ce qui m’amène à dire…rétro…ce qui me fait penser à disco

M : Disco?? Tu veux vraiment que j’écrive ça : «disco »? Je ne me sens pas disco DU TOUT! C’est quoi le fil conducteur dans tout ça?

V : (Elle réfléchit, puis, le plus sérieusement du monde) Hmmm… je dirais, le brun. Des teintes riches de marron, de caramel, de chameau et de chocolat….Le Far West, le Sud des États Unis. Southern Hospitality!… On invite les gens à venir prendre du sweet tea…Mais aussi, on porte des bottes style Durango le weekend…avec des jeans et de la poudre bronzante…

M : Mouais. Pas sûre. Je me sens plutôt très Kate. Kate Moss, Kate Upton, Kate Middleton… Un mélange des trois…Et Caroline Bessett Kennedy, pour le rouge à lèvres rouge!

V: Et moi, je veux m’inspirer de Jennifer Lawrence! Et porter des bijoux anciens! Au fait, est-ce que c’est vraiment la chanson Good de Better than Ezra qui joue? Pour vrai? Oh my God! Retour au secondaire!!

M: Ouiiii, trop cool, non? Bon, alors, voilà, je crois que  ça boucle notre super Plan de la rentrée. J’ai tout noté. Tout est très clair. Point par point. Merci chère amie.

Bon, et les vestiges de la civilisation ancienne dans tout ça? C’est en écrivant un courriel à V. qu’elle m’a éclairée sur le cheminement de notre pensée…voici  sa réponse à mon courriel :

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De: M

Objet: Les minutes de notre dernière rencontre

Hey V! Je ne comprends plus mes notes! J’ai :

  • Maestro foundation = toxique
  • Au début c’était génial…mais après…
  • L’horreur;
  • Tout est spécial;
  • Bonheurs locaux;
  • Cuir;
  • Découvertes;
  • Vestiges d’une civilization passée?????????????

Help me!

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De: V

Objet: Super Secrétaire corporative tu es!

Les vestiges d’une autre civilisation c’était quand on parlait de passer plus de temps dehors, de communier avec/ d’explorer la nature, d’être plus proche de ses racines. Évidemment, quand on est en forêt,  il est tout à fait possible de tomber sur des vestiges d’anciennes civilisations, genre statues, temples et autre. C’est super inspirant ça, ça motive! (Bon, je ne suis jamais vraiment tombée sur un vestige en me promenant en forêt jusqu’à maintenant, mais l’idée est là. Ça relève du possible.) En fait, maintenant que j’y pense, ça me rappelle un peu Ernest Shackleton. On avait parlé de lui et d’explorateurs je crois, non? Bref, je pense que l’idée, c’est de profiter des espaces verts, de continuer à s’émerveiller, de sortir de la routine et de surmonter toute cette anxiété autour de la routine travail/obligations/perfection et tout. Donc s’évader. Ou qqch du genre. Et puis, oui, je confirme, malheureusement, le fond de teint Maestro est toxique. C’est vraiment une relation amour/haine pour moi. Comme si j’étais tombée pour un bad boy qui est tellement beau sur le coup, mais tellement wrong pour moi. Je le sais, mais c’est dur d’arrêter (dit la fille qui porte ledit fond de teint toxique en ce moment, parce que je l’aiiiiiiiime!)

Bon, je te laisse avec mes mots clés, au cas où tu ne les aurais pas tous notés :

  • Sourire, dormir
  • Lever du soleil, coucher du soleil, lune, océan, vagues
  • Paix, tranquillité, simplicité, exaltation, équilibre, harmonie
  • Yoga, natation, capoeira, jogging, push-ups, danse, gym, plongée
  • Kate Moss dans les années 90 (oui, oui, je sais, elle était un peu en mode désastre mais elle est quand même super jolie, et c’était une ado alors ça marche pour ton look « teen angst »…C’est parfait pour toi qui écoute du Blink 182 en allant travailler au bureau!!)
  • Jennifer Lawrence (pour moi)
  • Roquette
  • Le nord, la nature, les ancêtres…
  • Cabine de paquebot, lambris blancs, villa bord de mer, teepee.

Une chance que je suis là, hein?

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Voilà pour notre Plan qui, je l’admets, est tellement tout-fou-fou que je suis moi-même un peu perdue. Mais inspirée, ça, je le suis! Et je sais que j’aime la pub Kate Spade et puis, j’ai déjà téléchargé la chanson Ruby Soho. Voilà, c’est déjà un bon début, non?

Et vous, votre Plan? Dites-moi tout!

Méfiez-vous du troisième jour!

les 3 - copie

Soyez patient comme un malade, et confiant comme un convalescent, car peut-être êtes-vous l’un et l’autre. Et davantage : vous êtes aussi le médecin qui doit veiller sur lui-même. Or il y a, dans toute maladie, bien des jours où le médecin ne peut rien faire qu’attendre…

-Rainer Maria Rilke (Lettres à un jeune poète)

Ah, la la, le troisième jour! Day Three. Dans la vie, s’il y a un truc dont j’ai appris à me méfier, c’est le troisième jour après un changement que je savais positif, petit ou grand. Mais bon, surtout un grand. Le troisième jour arrive toujours comme un cheveu sur la soupe. On pense qu’on a pris le rythme, on pense que ça ira…on se félicite même un peu intérieurement (“dans la vie, il faut s’avoir s’adapter, hein?” et  “Oh, et puis, vive le changement“…) et là, ça nous tombe dessus comme un orage d’été, tout s’assombrit d’un coup. C’est la tempête du troisième jour.

J’ai remarqué que le troisième jour est assez inévitable quand…

On vient d’avoir un bébé. C’est une ancienne collègue qui m’avait d’ailleurs mise en garde avant mon accouchement. “Oh, and remember: day three. You’ll be blue. It’s normal.” J’avais effectivement oublié. J’étais sur mon petit nuage. Tout allait bien avec ma toute petite-petite Petite Ourse. Puis, vint le troisième jour. Qui coïncide (comme souvent) avec le retour à la maison. Le lave-vaisselle à vider. Le chien incontinent qui lui, n’a pas de couches. Le début de cette nouvelle (et magnifique) vie commence mais ça demande malgré tout de l’organisation. Et puis, on n’a pas beaucoup dormi. On a les hormones dans le tapis, les seins qui font mal…On est en pyjama, les vêtements ne font pas. On a envie de sortir se promener mais…on n’a pas le courage. On a envie de parler mais…on n’a pas non plus le courage. On est bien avec bébé. On est super bien. Mais…alors, pourquoi on se sent triste? Tiens, on ne comprend pas et ça aussi, ça nous rend triste. Et puis, on aimerait bien se laver les cheveux. Mais tout semble énorme. Pour Petite Ourse, ça m’a un peu pris par surprise, puis, avec la nuit qui tombait, j’ai flashé: “Ohhhh, c’était Jour 3!“. Puis, soulagée, je me suis endormie pour me réveiller…en pleine forme, 100% bien. C’est comme ça avec le troisième jour.

Pour Bébé Ours, je me suis préparée. J’ai parlé à mes amies du troisième jour AVANT. Alors, Jour 3, lobster rolls, cupcakes avec Papa Ours, fous rires et gâteries étaient au programme, avec mes amies venues tenir Bébé Ours (en jogging- zéro maquillage par solidarité!)…le temps que j’aille me laver les cheveux!

Les changements capillaires– Bien souvent, le troisième jour coïncide avec, notre premier shampoing après une coupe. Et puis, c’est louche, on n’arrive pas à obtenir le même résultat qu’au salon. Alors qu’on est sortie du salon avec la coupe rêvée de Reese Witherspoon dans This means War on a tout d’un coup l’impression d’avoir une tête de bonhomme de neige. On stresse. On pleure. On pense à se mettre des rallonges. On texte des photos de sa coupe à sa soeur en lui demandant  de nous confirmer que l’on ressemble comme deux gouttes d’eau à Hilary Clinton. (Toute ressemblance avec un cas vécu ne saurait être que purement fortuite hein mon Goglu? Merci d’avoir été là pour moi.). Mais finalement, notre soeur nous rassure, nous envoie des photos de Diane Kruger et de pubs l’Oréal (“Tu es folle: Hilary Clinton? Tu as enlevé 2 millimètres! Regarde: cette mannequin a la même coupe que toi! Tout est dans le mouvement! Le mouvement!!“). Puis, on prend quinze minutes le matin pour réapprivoiser un peu notre coupe et on prend une grande respiration. Et quand on sort de la rue…rien. Rien n’a changé. Juste le troisième jour. Dans notre tête. Et le lendemain les cheveux se sont calmés, ils semblent prendre le pli. On retourne sur notre nuage. Ça n’était que l’orage de Day Trois. Alors on se fait un flip de tête comme dans une pub de shampoing parce que l’on adore notre nouvelle coupe.

Le sport – Eh oui, le sport. On commence plein de bonnes intentions. On se sent ultra-bien durant les premières sessions. Même nos abdos semblent plus fermes après une seule séance. Mais, vient le jour trois et oh, on est à peine capable d’assumer la position assise dans notre lit pour se limer les ongles. L’acide lactique s’est installé et on a soudainement l’impression que ça prendra des mois avant que l’on voit des résultats. Monter les escaliers ? On le fait, certes, mais on a l’impression d’avoir 100 000 ans, dos voûté, visage crispé. On commence à regretter amèrement notre enthousiasme de fille positive qui a raconté à son entourage qu’ “elle se mettait au sport” (ou pire, écrit un article sur le sujet). On regarde notre nouvelle serviette pour le yoga chaud bien pliée dans le coin de la chambre. Elle attend avec le sac de gym et les bonnes résolutions. On se sent triste de ne pas être plus en forme, plus motivée, vaguement découragée de ne pas être une skieuse de fond ou une athlète née qui a « une mémoire musculaire ».  Pfff, c’est nul. Voilà, c’est le troisième jour. Le jour où la baisse d’énergie se fait sentir. Mais, grande respiration et tête haute ! Une bonne nuit de sommeil, une simple promenade et hop, le lendemain on se sent prête à enchaîner. Bon, peut être pas à enchaîner avec un triathlon mais…une marche rapide, un bain de mer (toute cette eau froide  qui fouette le corps, c’est limite cardio, non ?), ou même…un massage. Enfin, l’important c’est de vite retrouver le goût de bouger. Et de mettre à profit cet investissement de serviette de yoga chaud. Hein Boucle d’Or ?

Les vacances – Les vacances commencent. On a la vie devant soi. Mille projets. Cette fois-ci, je vais me reposer, me ressourcer, lire les livres recommandés, les grands classiques quoi. Je vais faire le tri des photos, les classer par ordre de dates, dans de jolis albums. Oh, je ferai mes propres étiquettes avec un poinçon-dentelle. Idem pour les confitures. De belles étiquettes maison avec les saveurs étampées dans des coloris d’aquarelle. Je serai contente, c’est un super cadeau, en plus, les confitures maison. C’est d’ailleurs le moment où jamais pour 1) aller au Marché Jean-Talon, 2) établir un bon contact avec un fermier/producteur local et 3) m’approvisionner en petits fruits “du terroir” histoires de faire des confitures aux mélanges gourmands comme « baies de sureau-abricots » ou encore « bleuets-vanille de Madagascar ». Ouiiii, quelle bonne idée: je vais faire ma propre vanille!!! Ah oui, et aussi, je voyagerai loin et aussi, je prendrai le temps de découvrir mon quartier (à moi le Montréal caché!). Je ferai du sport en plein air, je cuisinerai des plats pour la reprise, ferai le tri des vêtements des petits, je prendrai le temps de vivre, lentement, ne rien faire…Profiter…Oh, c’est le moment pour changer de place les meubles du salon! Mais surtout, je vais me reposer hein. Et cultiver mon jardin intérieur. En planifiant les costumes d’Halloween histoire que les enfants aient un truc vraiment unique et fait-maison cette année. Voilà, c’est parfait. Vive la farniente.

Bon, Jour 1 et 2, ça va. On est sur l’adrénaline, la joie d’être enfin en vacances nous transporte. On a d’ailleurs l’impression que l’on sera en vacances forever. Mais dès le jour 3…on sent tout à coup notre fatigue. Et puis, on constate que l’on n’a même pas plié le linge. En trois jours. Alors, on regarde notre liste et on se dit que les étiquettes à confiture au poinçon-dentelle sont peut être à mettre de côté pour l’instant. Idem pour la fabrication de notre propre vanille. Petit blues quand on doit reconnaître que le temps n’est pas élastique. Notre énergie non plus. Alors, on s’endort, en lisant un truc insipide comme L’accro du shopping dit oui. Et on se réveille, le lendemain, soulagée d’avoir pris la très sage décision de juste vivre, de profiter, de savourer. Et tant pis : les costumes d’Halloween attendront (sérieusement, à quoi je pensais ?).

Voilà pour les cas du Jour 3 les plus fréquemment recensés pour ne nommer que ceux là. Bien sûr, le syndrome du Jour 3 s’applique aussi au nouvel emploi (Jour 1 et 2 on organise nos crayons et on « apprend » alors que Jour 3, inévitablement, le travail commence pour vrai et on a un peu le vertige). Jour 3 s’applique également au changement de programme scolaire (super l’idée des Études Est-Asiatiques ! Mais quand, le 3ème Jour, on se rend compte que pour le cours de Théatre Japonais on devra mettre sur pied une pièce de bunraku complète (en japonais) avec la fabrication de marionnettes…hmmm, léger découragement). Sans oublier, le nouvel animal de compagnie (« ohhh, qu’il est mignon le petit chien qui a l’air d’un bébé renard! Mais incontinent. Ah oui, oups. Il est incontinent.»)  Mais bon, une chance: le Jour 3 ne dure pas. Aussi sûr que j’écris ces lignes, le quatrième jour se lèvera sur une joie nouvelle, un ciel clair, un soleil intérieur. Et on sera comblée de notre choix, super contente du changement. Même d’avoir adopté le mignon petit chien incontinent. Oui, oui.

Je suis la seule à me méfier du troisième jour ?