Boucle d’Or boude: l’Huile de Douche Amande l’Occitane

Boucle d'Or boude

Quand je vois qu’une marque lance la version Éco-recharge d’un produit de beauté, je me pose de sérieuses questions. Sérieuses.

Je me demande: “Hmmm…Il y a des consommatrices qui aiment ce produit à un point tel qu’elles se disent“:

-“Oh, j’adore ce produit mais j’en utilise tellement (il est tellement génial!) que je suis inquiète de tous les contenants vides que je laisse derrière. C’est un vrai problème. Je recycle, certes, mais ça n’est pas suffisant…J’en consomme tellement, de cette merveille. Je crains qu’une petite île de contenants de plastiques ne soit en train de se créer dans le Pacifique, à cause de moi…La marque DOIT faire quelque chose pour protéger l’environnement de ma consommation d’huile de douche. Il le FAUT.

Puis, je me dis: cette consommatrice, elle n’est pas seule! Il y a tout un marché de filles qui pensent comme elle. Au point où la marque, craignant que les ventes ne freinent à cause de cette préoccupation collective se doit de répondre à leur besoin, en leur disant: “Mais, pas de soucis: nous sommes à l’écoute, de vous et de l’environnement! À preuve: nous avons lancé des contenants que vous pourrez re-remplir de notre produit-culte en version Éco-Recharge, que, de toute évidence, vous consommez aussi vite qu’une pinte de lait“…

Alors oui, je suis dupe: quand je vois des Éco-Recharges, je me dis que les gens aiment, beaucoup, beaucoup.

Huile douche

C’est ce qui est arrivé avec l’Huile de Douche l’Occitane. Déjà, j’avais adorée le Concentré de Lait, une merveille… Puis, j’ai lu les avis sur l‘Huile de Douche, sur le site de la marque, (de vraies lettres d’amour…). Et, aussi, je me suis laissée convaincre par la vendeuse qui me disait que très vite, je serais de retour pour la recharge écologique, moi-aussi…Ah, l’Éco-Recharge! L’argument convaincant! Tout de suite, je me suis dit que cette géniale huile de douche aurait pu être un vrai problème pour l’environnement si ce n’avait été de l’Éco-Recharge. L’environnement aurait pu être victime du succès d’une huile de douche…Vous vous imaginez!!

Alors j’ai craqué.

Erreur. Cette huile, je ne l’aime pas du tout.

D’abord et surtout, cette huile, en ce qui me concerne, est occlusive. Elle semble boucher les pores de mes mollets, de mes genoux… Moi qui ai d’habitude une peau de crocro…Je déteste encore plus avoir des petits boutons sur les jambes, vous vous imaginez bien.

Ensuite, je n’aime pas son fini gras, pas soyeux du tout, qui perdure après le bain ou la douche. J’ai peur de tacher mon nouveau pyjama, c’est gras sous les ongles, c’est gras partout.

Et puis enfin, cette huile n’est pas écologique du tout: elle ne mousse pas, il en faut une tonne pour se laver tout le corps, et puis justement, je ne me sens pas “lavée” après, juste graissée. Son parfum est moins doux que le Concentré de Lait, trop sucré à mon goût…Pour une huile à utiliser dans le bain ou la douche, je préfère de beaucoup l’huile de camélia, d’amandes (pure, sans nom) ou même, l’huile d’olive fruitée (toutes ont un parfum plus neutre). Mon portefeuille préfère aussi, soit dit-en passant.

Enfin, j’ai maintenant un flacon plein d’une huile de douche que je n’aime pas…Je la recycle comment? Il y a une Éco-recharge pour ça?

Vous avez essayé cette huile de douche? Je suis la seule qui a été déçue?

Boucle d’Or boude: la fraîcheur de la ferme

Boucle d'Or boudeCela faisait longtemps que je voulais partager ma déception des produits de beauté Farm House Fresh avec vous. Cette marque, j’en avais rêvé sans véritablement faire de recherche, j’avais été vendue au nom et au concept. D’abord, certains produits sont classés “Favoris d’Oprah”, ensuite, tout me faisait rêver: de l’emballage un peu maison à l’aura très ferme du Texas des petits pots- à se demander si les produits contiennent du moonshine ou de l’eau parfumée, des lemon squares ou des pains de savon. Bref, j’avais tout simplement cherché les points de vente, pour me rendre compte qu’il y en avait un tout près de la maison où nous passions nos dernières vacances. Pas une petite boutique n’importe quoi, une grange ou un comptoir de vente de garage, non: la boutique du spa du Ritz, signe annonciateur de la qualité de la marque, j’en avais le pressentiment. En gros, tout augurait bien pour Farm House Fresh: du concept, aux petits noms (Ohhh, la crème à mains Fluffy Bunny! (traduction: lapin tout doux) Oh, l’exfoliant Smooth as a duck’s butt” (traduction: “Doux comme le derrière d’un canard”)”, je m’imaginais, déjà belle du Sud des États Unis, joues rosées et peau douce, assise sur la galerie, buvant un sweet tea, parlant avec un accent à la Scarlett O’Hara et écossant des petits pois. J’anticipais déjà que j’adorerais et que je vous ferais un super article. D’ailleurs, il faudrait que j’aille dans une ferme faire mes photos. Ou simplement que je trouve des lapins et des canards. Ouiiiii. Des lapins. Préférablement, des lapins à oreilles molles, c’est encore plus câlin! (J’adore les lapins à oreilles molles!)

Aussi, un midi, alors que les petits et Papa Ours faisaient la sieste sur la plage, hop, je prends le board walk et je me faufile à la boutique du Ritz, les pieds encore plein de sable. Ouf, il y a les produits Farm House Fresh à la boutique! Bon, pas grand chose, hein. En fait, il ne reste presque rien. Mais c’est bon signe: c’est populaire! Je choisis rapidement l’huile pour le corps, la Agave Nectar Ageless Body Oil, laquelle j’estime sera parfaite pour donner un éclat à mon bronzage dans ma robe soleil, pour me réhydrater après une journée de plage.

Farm House Fresh

Le soir, en sortant de la douche, je sors ma petite boîte de mon sac de plage et commence à me tartiner. Je suis tout de suite saisie à la gorge par le parfum du produit, une odeur hyper artificielle de plasticine/jouet en caoutchouc. Je continue à appliquer le produit, mais non, aucun doute: je sens la version cheap d’un bébé Corolle. Ma peau, quant à elle est loin d’être douce, non, elle est si collante que le produit, une fois appliqué, ne permet aucun massage. Une vague sensation de peau échauffée gagne mon épiderme, puis, ça me gratte, rien n’est confortable. Non, ça n’évoque rien de la ferme si ce n’est que les démangeaisons des hautes herbes et l’envie intense de prendre une douche parce que la peau colle-colle-colle.

Ce produit, j’ai essayé de le passer de tout plein de manières, histoire de ne pas le gaspiller. J’en ai mis sur mes jambes seulement (ça chauffe), j’en ai mis dans l’eau de mon bain (bof, ça ne fait que graisser le bain), j’en ai mis sur mes cuticules (yuck, l’odeur de jouets du Dollorama!)… J’ai décidé de m’en défaire, mais avant, je tenais à vous en parler. Non, il ne mérite pas un mignon lapin à oreilles molles. Si je me penche sur les ingrédients qu’il contient, certes, c’est écrit 96% naturel, mais je constate son deuxième ingrédient (donc, celui qui figure en deuxième plus grande quantité) est PEG-20 Glyceryl Triisostearate, pour être suivi de près par Sorbeth-30 Tetraoleate, puis, du parfum. Je ne suis pas une puriste/pro quant aux ingrédients, non. Mais quant une marque nous vend une image de produits faits main à la ferme, du style, à même la récolte, je m’attends à une liste d’ingrédients beaucoup plus pure, beaucoup plus proche de la nature. Je ne peux pas écosser mes pois avec mon accent de Scarlett O’Hara si je porte une huile corps collante PEG-20 qui sent la Play-Doh, no way, cowboy! En gros, je ne retournerai plus à la ferme. Sauf, vous l’avez compris, pour aller flatter un lapin à oreilles molles. Un vrai.

Vous avez essayé les produits Farm House Fresh? Y-a-il un produit qui vous a amèrement déçu récemment?

Boucle d’Or boude: Victoria Beckham dans Bazaar

 

Boucle d'Or boude

Tis the privilege of friendship to talk nonsense, and have her nonsense respected .

-Charles Lamb (tel que transmis par mon amie V.)

J’étais dans le métro, je sentais que j’allais avoir quelques minutes de retard. Peu importe, j’étais de bonne humeur: j’avais une place assise, j’avais rangé mes soixante milles sacs sous le banc, j’avais entre mes mains le nouveau Bazaar (celui avec Selena Gomez en couverture) et un café au lait dans ma tasse isotherme. Good day to me.

En feuilletant au hasard mon magazine, je suis tombée sur un article un peu dans le style “24 heures dans la vie de…” Victoria Beckham. À priori, j’aime bien Victoria Beckham. J’aime beaucoup la coupe de ses robes et les proportions de ses sacs…En fait, c’est plus ou moins ce que je connais d’elle mais, oui, je l’aime bien. Bon, ok, j’admets, aussi, j’aimais bien les Spice Girls…Donc, j’ai plongé dans la journée typique de Victoria. Oh, comme je n’aurais pas dû! La culpabilité et le sentiment d’inadéquation m’attendaient de pied ferme, en claquant le talon, 500 mots plus loin. Oh dear!

D’abord, Victoria Beckham se réveille à 6 heures tous les matins sans alarm clock. Nooooon, pas de réveil, because, you know, elle a 4 enfants. Non, c’est son horloge intérieure qui lui signale que c’est l’aube et qu’une nouvelle journée l’attend. L’urgence viscérale de commencer sa journée de bon matin.

Ensuite, Victoria ne mange presque rien pour déjeuner. Ou jamais dans la vie. Non, elle nibble (traduction: elle grignotte) parfois des fruits frais. Et elle boit de la tisane à la menthe poivrée. Si elle prend un café, alors elle prend un double-espresso bien noir. Et elle boit un jus vert (a green juice!) si elle en a un “à portée de main.” (Mais, qui a des jus verts à portée de main? Qui?). Ensuite, une fois préparée et pomponnée (30 minutes top chrono en lisant ses courriels en appliquant sa crème Weleda en se brossant les dents), elle fait déjeuner ses 4 enfants dans la bonne humeur en leur faisant pratiquer leurs leçons sous forme de jeu. Oui, oui. De manière ludique et sympathique. It’s fun! Ensuite, elle va reconduire ses enfants à l’école et puis, elle file au bureau car voyez-vous, il y a 80 employés qui attendent ses instructions pour naviguer le vaisseau de sa business internationale sur la mer houleuse du commerce de détail haut de gamme. Of course. Welcome to the office.

Côté outfit, Victoria porte bien sûr, des vêtements de sa propre collection et elle a un super look (photos à l’appui) et surtout, elle n’a pas soixante milles sacs (ni de boîte à lunch!) ou de tasse isotherme.

Ensuite, elle travaille de manière super concentrée et hyper productive jusqu’à 16h pour filer chercher ses enfants à l’école. Puis, c’est devoirs et leçons (again, it’s fun!), elle fait souper ses petits, donne le bain et met tout le monde au lit. Hop, just like that! Puis, elle travaille un peu car à cette heure, “l’Amérique se réveille” comme elle dit. Business as usual, que voulez-vous. Tout ça avant 19h! À cette heure, elle s’est aussi refait une beauté (paparazzi obligent) et, puis, elle sort souper avec son mari.

À son retour de leur soirée entre amoureux, Victoria prend soin de la petite dernière, le bébé Brooklyn, qui se couche vers 9h30. Le reste de la soirée lui appartient; elle en profite pour se retrouver seule avec son mari et profiter de la vie en général. Relax. Au lit vers 1h du matin, elle s’endort jusqu’à temps que le bébé la réveille ou encore, qu’elle ne se réveille d’elle-même, aux aurores, grâce à son horloge intérieure, sans alarm clock… Et voilà, une trop parfaite journée dans la trop parfaite vie de Victoria!

Je tremblais d’insécurité féminine en arrivant au bureau. Je repensais à mon (very) pénible réveil avec deux alarm clocks bien réelles (dont une à l’autre bout de la pièce). Je repensais à mon petit déjeuner substantiel et un peu brouillon de café au lait, toasts et confitures. Et aussi un morceau de fromage. Bon, et un petit biscuit que ma mère a fait. Je regardais mes grosses bottes d’hiver et mes soixante mille sacs (dont une boîte à lunch sans green juice) et mon look correct mais loin d’être un exercice de style sur le jeu des proportions et textures à la Net-à-Porter magazine. Mes quelques minutes de retard devenaient tout à coup preuve de mon incapacité à gérer. Je repensais au petit déjeuner de Petite Ourse où je lui tressais les cheveux pendant qu’elle déjeunait en écoutant Tro-Tro sur le Ipad. Pas de leçons éducatives sous la forme de fun-pop-quiz…Et nos soirées en famille qui passent juste trop vites et ce concombre tout mou, au fond du frigo (it is really un concombre n’est-ce pas? Please confirm???) et le désordre des petits ours qui font un atelier de pâte à modeler dans le salon et, et, et… Comment se fait-il qu’avec deux enfants et une grosse entreprise en moins qu’elle, je sois plus débordée et plus cernée qu’elle? How is this possible? How?

En arrivant au bureau, j’ai écrit un email à mon amie V., histoire de remettre un peu les choses en perspective (la perspective voyez-vous, c’est la spécialité de V.). Alors V. m’a répondu dans un super courriel (que j’ai sauvegardé dans mes archives for future reference) que c’était n’importe quoi tout ça, que l’on ne pouvait absolument pas se comparer à Victoria Beckham. No way! Mais surtout, qu’il y a des omissions majeures dans la journée de Posh Spice. Comme, toute l’aide qu’elle a inévitablement. Sans doute trois nannies et aussi, de l’aide aux devoirs et des femmes de ménage et un cuisinier spécialisé pour lui laisser un green juice à portée de main en tout temps. Et, sinon, elle doit aussi être de très mauvais poil à ne rien manger comme ça. Et totalement stressée. Et over perfectionniste. Peut être même qu’elle est invivable! Résultat : elle ne doit même pas avoir d’amies pour l’aider à remettre les choses en perspective. Oh, c’est trop triste! Elle doit être hyper seule à hésiter entre sa San Pellegrino et la tisane à la menthe dans sa grande maison bien rangée!Merci

Voilà, j’avais retrouvé ma bonne humeur. Mais il n’en demeure pas moins que je boude encore un peu. Victoria, si tu veux te faire des amies (pour t’aider à remettre les choses en perspective quand tu auras un petit doute en lisant Bazaar, who knows, ça pourrait arriver à toi aussi), il faudra que tu sois un peu plus vraie. Un peu plus imparfaite. Tu vois, moi, j’ai tout plein d’aide précieuse comme une maman qui prépare des soupes d’avance et m’aide à organiser la fête de Bébé Ours, une belle-maman qui nous prépare de la sauce à spaghetti, une géniale garderie qui me met de bonne humeur chaque fois que j’y entre, un Papa Ours qui prépare de bons soupers, un beau-papa qui amène l’auto au garage pour faire changer les pneus, une aide au ménage/fée du logis qui vient une fois semaine, pour ne nommer que ceux-là…Il y a toute une équipe derrière moi! A team!! Et malgré tout, je suis totalement cernée, un peu distraite et un vaguement débordée. Even then, j’arrive avec deux minutes de retard au bureau.

Tu vois Victoria, récemment, Bébé Ours pleurait dans la nuit. Je l’ai changé de couche dans le noir, toute endormie. Exténuée, sur le pilote automatique. Puis, il s’est réveillé encore quatre autres fois dans la nuit. Chaque fois, je l’ai bercé dans le noir, en totale zombie. Et au matin, quand je me suis enfin réveillée (grâce à mon alarm clock extérieure, je tiens à le préciser, extérieure) et que je suis allée voir Bébé Ours, il s’est retourné, d’un seul mouvement. Comme une petite sirène. Tout sourire. Et là, j’ai réalisé pourquoi il avait tant pleuré. J’avais mis ses deux jambes dans la même jambe de pantalon! Et là il se tortillait comme un ver de terre, heureux. Non, je ne suis pas parfaite. Mais au moins je suis là. Je fais ce que je peux. Et surtout, je n’ai pas peur de parler des moments moins glorieux de ma vie de fille busy-bee qui fait au mieux. Et puis, c’est drôlement plus fun et aussi un peu rassurant de voir que l’on n’est pas la seule à échapper le torchon dans son bol de café au lait en débarrassant la table du petit déjeuner, no? Peace and be cool Victoria.

Un petit biscuit avec votre green juice? Come on

Boucle d’Or boude: Ça m’énerve!

Vous savez, mon petit article sur le Charme où je vous exposais que mon livre de personnalité féminine nous conseillait essentiellement d’être positive (“ne critiquez pas, même en pensée“) peu importe les circonstances? Que quand quelque chose ou quelqu’un nous irrite, mieux vaut leur renvoyer tout cela sereinement, du genre “avec un petit plus de lumière?” Alors, voyez comme je suis moi-même mes propres conseils; aujourd’hui je partage ces petites choses qui m’énervent, m’énervent, m’énervent dans le domaine de la beauté! Les voici:

Les préposés, dans l’allée centrale d’un grand magasin, qui s’avancent vers vous, une bouteille de parfum à la main en disant quelque chose comme “Le nouveau parfum “Plasticomagie” de Poussin Sapin? C’est tout doux, très frais, si sensuel, whatever…”  C’est limite film de zombie. Et puis, il y a en tellement! Et ils vaporisent  un peu partout, le regard vide, sans conviction et vous assailllent au moindre coin de comptoir. Et surtout, aucune excuse n’est valable pour les éviter. Quand je leur dis: “merci, votre collègue vient de me mettre du parfum, là, il y a deux minutes“, ils me répondent “pas de problème, je vais en mettre un peu ici, sur votre main, sur votre manche, dans la saignée du coude, sur votre épaule, sous votre bras, derrière votre genou, etc…” Alors du coup, c’est bête, j’ai arrêté de m’arrêter sentir les parfums dans les magasins. Je les magazine sur internet où je lis leur description et j’essaie me représenter l’odeur. L’heure est grave, non?

Aller à un comptoir de cosmétiques dans un grand magasin dans un but précis (par exemple: j’ai besoin de fond de teint), communiquer ce besoin à la vendeuse clairement (“bonjour, j’ai besoin de fond de teint“) et me faire dire quelque chose comme: “vous savez madame, ça ne me sert à rien de vous vendre du fond de teint, il faut d’abord que l’on traite votre peau“, pour me faire ensuite proposer un sérum, une crème de jour, de nuit et… pas de fond de teint. Parce que je dois commencer par traiter ma peau, oui.

Prise deux, me voilà résolue, spécifique dans ma demande. Donc, je vais à un comptoir de cosmétiques et je dis “bonjour, j’aimerais acheter le fond de teint X“. Puis, la conseillère examine mes pores, l’oeil inquiet, pour conclure,” vous savez, ce fond de teint, il est pour les peaux sèches, mais vous vous avez la peau grasse (ton dégoûté) alors, je vous vendrais plutôt celui là.” Ah, oui, comme ça, à l’oeil nu, en 5 secondes, sous des néons de centre d’achat, vous avez analysé et compris ma peau. Qui suis-je donc, moi, qui vis avec mon épiderme depuis plus de 30 ans, pour savoir si j’ai la peau sèche? Vous ne voudriez pas aussi me lire les lignes de la main?

Aller à un comptoir de cosmétiques et vivre le scénario suivant:

-(Moi, optimiste):”Bonjour, Avez-vous reçu le nouveau gloss teinte X?

-(Conseillère, sur un ton qui-sait-tout) “Ah, non, madame, ce gloss n’existe pas.

-(Moi, humblement) “En fait, je l’ai vu dans une revue.”

-(Elle, ton d’enquête): “Ah oui? Quelle revue?

-(Moi)”Vogue US“.

-(Elle): “Ah, et c’est une revue américaine?

-(Moi):”Euh…Oui…

– (Elle, illuminée, visage de celle qui vient de déchiffrer un hiéroglyphe) “Ah, je comprends. Vous savez madame, il arrive qu’il y a des produits qui sont vendus uniquement aux États Unis…

Really? Bon, oui, en fait, ma question était: “Ce produit, disponible aux États Unis, sera-t-il disponible ici?” Mais, what can I say? I give up!

Ou encore, me faire mettre de la pression par une conseillère pour acheter un produit qui est trop cher et, quand je dis que mon budget ne me permet pas un tel achat, elle me dit (regard horrifié appuyé): “mais vous savez madame, c’est votre contour des yeux” Alors oui, vous avez raison, c’est mon contour des yeux. Mais j’ai aussi un visage, un corps, des dents, des ongles… Mais surtout, des enfants, une voiture, une hypothèque, une vie, des rêves…Et surtout, oui, oui (regard appuyé), un sens aiguisé de la perpective!

Me faire spontanément donner une présentation sur les bienfaits de telle ou telle crème dans un magasin pour ensuite apprendre que le pot coûte 145$. Quand je dis que je ne peux pas me permettre un tel achat, un voile d’incompréhension obscurcit le visage de la conseillère qui me dit: “mais vous savez, c’est vraiment un produit de qualité“. Oui, je veux bien. Vive la qualité, je suis pro-qualité. Mais dites moi, avant de travailler ici et d’avoir votre rabais d’employée, vous l’utilisiez cette crème de qualité?

Me faire demander par une conseillère qui essaie de me vendre ses produits souvent de qualité moyenne: “mais au fait, vous utilisez quoi sur votre visage?”. J’ai toujours envie de répondre un truc incongru du style “du beurre d’arachide, de la graisse à serrure, de l’eau de pluie que je fais bouillir par pleine lune…“. En fait, je devrais dire la vérité: “j’ai une routine beauté étudiée et éclectique, fruit de recherche empirique et d’essais sur ma personne; ladite routine est composée à la fois de produits du terroir et de cosmétiques étrangers.”  Mais je trouve ça un brin…intense. Alors je fais la paresseuse et je me contente plutôt de ne nommer qu’une marque chère et un peu niche, comme “Skinceuticals” ou “Skyn Iceland“, ou même “Crème de la Mer” (pas niche du tout, juste chère). Et souvent, après un moment de réflexion, la conseillère conclut “bon, je connais pas, mais vous savez, vous seriez beaucoup mieux avec la crème Avon…

Entrer me réfugier dans un centre d’achat, par pluie battante, hors d’haleine, dégoulinante, Bébé Ours hurlant dans la poussette et me faire demander par une jeune personne à un kiosque: “je peux vous poser une question?” Oui, allez -y. Je m’imagine qu’on va me demander s’il y a officiellement un ouragan ou une panne de métro. “Vos cheveux, vous les avez déjà lissés au fer?” Vraiment? Vous allez essayer de me vendre un fer plat, maintenant? Est-ce que vous trouvez que j’ai l’air réceptive? Et au fait, mes cheveux étaient lisses comme des baguettes quand je suis sortie de chez moi ce matin!

Les préposées à des kiosques dans les allées centrales de centre d’achat qui vous accostent (souvent sur votre demie-heure de lunch, quand le temps est bien compté) avec une crème à mains. Et ils vous la massent sur le dessus de la main pour “la faire bien pénétrer, c’est important“. Et puis, qui vous disent fièrement “vous voyez?“, comme si vous vous seriez débiles de ne pas plier devant une telle évidence. Et bien, non, justement, je ne vois pas! C’est de la crème à mains et maintenant je n’ai même plus le temps de prendre un café! De la graisse à serrure “que l’on fait bien pénétrer, vous voyez, c’est important“, aurait peut être même le même résultat!

Enfin, les démonstrations complexes du style: “vous voyez, ce crayon à l’encre BIC? Je me barbouille généreusement la main, comme ceci, puis, j’humidifie mon coton de lotion tonique, comme cela, oui. Et puis, je frotte. Je frotte. Et, là, (regard malicieux de magicien), regardez! Wow, incroyable, l’encre est presque toute partie.” Parce que oui, merci, pour la recommandation: la prochaine fois où j’aurai envie de me crayonner le visage avec un BIC, je saurai qu’il existe une lotion tonique toxique pour me débarbouiller d’encre et “peaufiner mon nettoyage”.

Mais bon, pour chaque conseillère qui met la pression, qui me dit qu’il est normal de ne pas nourrir sa famille pour se payer la dernière crème de folie, il y en a souvent dix qui me font elle-même un échantillon (voire même avec le contenant lavé qui contenait la vinaigrette de leur salade parce que la marque n’a pas de contenants), qui me proposent des alternatives adaptées à mon budget et qui me font un clin d’oeil quand je dis que je reviendrai un autre jour, acheter les autres produits proposés. Et vous savez quoi, c’est toujours vers celles-là que je reviens, quand j’ai besoin de conseils, de suggestions ou d’une alternative à mon eau de pluie bouillie par pleine lune.

Et vous, qu’est ce qui vous énerve? Allez, on défoule!

Boucle d’Or boude: Peter Thomas Roth Instant Mineral SPF 45 powder

Après tout ce que je fais pour me débarrasser de mes taches pigmentaires, je suis une véritable angoissée du soleil. Je planifie mes sorties, ma crème de jour, j’écoute Météomédia pour choisir ma protection solaire… Je suis la fille qui guette l’orientation soleil-parasol en terrasse, qui porte des lunettes yeux-de-mouches, qui angoisse à mort durant l’exercice de feu au bureau parce qu’elle n’avait pas prévu cette exposition impromptue au soleil de midi (et finalement, finit par ouvrir son parapluie). Parce qu’en ce qui concerne la protection solaire en milieu urbain, il y a un hic énorme. Ce hic, c’est qu’il faut se protéger sous son maquillage. Si le programme de la journée et/ou la météo changent, on n’a pas vraiment d’autre choix que de se démaquiller, d’appliquer une crème à indice de protection solaire élevée, puis, de se remaquiller sur ladite crème. Parce qu’à ce que je sache, une crème solaire que l’on applique par dessus le fond de teint, cache-cernes et blush, c’est juste une très mauvaise idée, c’est comme mélanger trop de couleurs de pâte à modeler: la  résultante est une pâte brune qui ne ressemble à rien.

C’est pourquoi, quand j’ai entendu parler du Instant Mineral SPF 45 powder de Peter Thomas Roth, une poudre solaire translucide que l’on peut appliquer à tout moment de la journée, sur le maquillage, j’étais conquise d’avance. C’était exactement ce dont j’avais besoin. Comme cette poudre ne se trouvait pas chez Sephora au Canada, j’ai demandé à mon amie A de me la rapporter de New York. Et comme A me fait vraiment confiance dans le domaine de la beauté (c’est elle qui m’a largement poussée à avoir mon blogue), elle s’en est achetée un tube aussi pour son voyage en Espagne.

Dès que j’ai reçu mon tube, j’ai été emballée par comment ça allait bouleverser mon rapport au soleil. Le produit se présente sous la forme d’un tube pratique, en plastique jaune, auquel est intégré un pinceau.  C’est donc avec un sentiment de toute-puissance face aux éléments que ma poudre Peter Thomas Roth est allée rejoindre ma bouteille d’eau, mes lunettes énormes, mon Eau de Beauté Caudalie et mon Sun Tint MAC dans mon Paraty. Une Indiana Jones urbaine je suis, voyez-vous.

C’est quand il a commencé à faire beau que ça s’est gâté pour moi. D’abord, à l’application, je remarque que j’ai l’air légèrement plus blanche, un brin “métallique”. Mais qu’importe que j’aie l’air d’un cuirassé le temps d’aller choisir mes plantes au Centre du Jardin, si c’est pour avoir la peau de Cate Blanchett, je trouve que ça vaut le coup. Ensuite ma peau se met à tirailler grave. Mais bon, si c’est pour avoir la peau de Cate Blanchett…Puis, les boutons commencent à sortir. Moi qui ai relativement peu de problèmes de ce côté, tout d’un coup, en l’espace de quelques heures, j’en ai plusieurs, de gros boutons internes qui font mal et contre qui les crèmes anti-boutons ne peuvent rien. J’arrête ma poudre, le temps d’attendre que ça se calme et de voir si c’est peut être hormonal. Enfin, je retente le coup avec ma poudre au Marché Jean Talon la semaine suivante. Et là, la même chose se produit.

La semaine suivante, mon amie A revient d’Espagne et laisse tomber comme ça que sa peau n’a jamais autant souffert d’imperfections. J’ai avalé ma salive et je me suis sentie un peu responsable. Parce qu’avoir un bouton en vacances c’est vraiment nul.

Alors, oui, on veut toutes une peau parfaite comme Cate Blanchett. Oui, une protection solaire en poudre translucide, ça serait drôlement pratique. Par contre, cette poudre c’est un cadeau empoisonné, un pigeon déguisé en phénix, une promesse brisée. Je m’en tiens bien loin et je fais comme tout le monde: j’utilise de la protection solaire en crème.

Enfin suite à mon expérience, j’ai fait un peu de recherches et j’ai constaté que la poudre Peter Thomas Roth contient du dioxyde de titane qui peut être considéré comme cancérogène lorsqu’inhalé, à certaines doses. Comme la poudre est extrêmement volatile et que l’on applique cette dernière sur le visage, je me dis qu’après tout, les boutons, c’était peut être un message de mise en garde de l’univers à l’effet que je devrais me tenir très loin de ce produit. Je sais, je dramatise et puis, je ne suis pas médecin. Mais il reste que si je ne supporterai pas d’avoir des boutons pour avoir la peau laiteuse et parfaite de Cate Blanchett, alors, le risque de développer un cancer…encore moins.

Boucle d’Or boude: le Temptu!

On entend beaucoup parler du maquillage à l’aérographe (“airbrush“) Temptu (prononcer “Tempt-you“) depuis 2010 qui soit-disant, permet de se faire un teint de star à domicile avec une machine qui pshiite finement fond de teint, blush, illuminateur, fard bronzant et même auto-bronzant.  Pour ma part, j’ai vu cette machine en vrai pour la première fois à la semaine de la mode à New York en septembre 2010.  Dans les coulisses, elle était très populaire auprès des maquilleurs et les mannequins qui défilaient devant moi avaient une peau au grain si fin, à l’éclat si parfait, aux pores si invisibles que tout de suite j’ai commencé à obséder.  Il me fallait ce Temptu! Le hic: elle n’est pas donnée cette machine (225$US)!  Mais peut-on mettre un prix sur un teint parfait de mannequin photoshoppé? Un mois plus tard, à ma plus grande joie, je recevais cette machine pour mon anniversaire.

Mais Boucle d’Or a vite été désenchantée. Récit d’une déception:

L’équipement:  La machine opère avec des capsules de maquillage (dites “Air Pod“) que l’on clippe à la machine airbrush.  Ces capsules sont vendues séparément et sont chères (55$US pour le fond de teint, 30$US pour le blush et 35$US pour l’illuminateur).  Autre déception, elles ne contiennent pas beaucoup de produit (pour moi, environ un mois et demi d’utilisations quotidiennes) et le choix de couleur est sérieusement limité.  J’avais la teinte de fond de teint 002 Ivory mais la correspondance avec ma peau n’était pas exacte. Les autres teintes ne convenaient pas non plus. Côté blush, j’avais Sheer Berry, un rose un peu trop vieillot, faute d’une couleur plus adaptée à mes goûts et à mon teint. Bref une couleur que je n’aurais jamais porté si javais eu un blush normal. Enfin, j’avais l’illuminateur teinte Champagne, qui elle, était correcte mais beaucoup trop subtile à mon goût.

La machine:  Un autre point négatif, la machine fait un véritable bruit de fournaise.  Un vrombissement subtil, certes, mais assez pour réveiller petite ourse qui a le sommeil léger. Alors je devais maintenant me maquiller avec petite ourse à côté de moi, dans sa chaise haute dans la salle de bain, qui mangeait une toast. Moins relax. De plus, la machine doit être branchée, comme mon fer plat, mon fer à friser, mon séchoir, ma Clarisonic, ma brosse à dents…ma salle de bain commençait à avoir l’air d’une centrale électrique!  Enfin, la machine est assez encombrante et fragile (le moindre coup peut bloquer le tube de l’aérographe en créant une bulle d’air, c’est pourquoi, “il faut acheter l’étui jet-set“, m’a-t-on dit chez Sephora.  De mon côté, je ne l’ai pas acheté, sachant que je ne voyagerais pas avec mon Temptu (eh non, pas de Temptu au chalet pour Boucle d’Or!).

L’application et le rendu final: Quand j’ai eu ma machine, j’étais excitée comme une puce et je voulais l’essayer sur tout le monde.  Ma belle-maman et ma belle soeur se sont prêtées au jeu et ont beaucoup aimé.  Sur elles le résultat était sublime, un peu comme ces mannequins que j’avais vues à New York.  Mais sur moi…Le désastre. Je pensais que que faisais tout bien puis je m’examinais à la lumière du jour dans le stationnement du bureau pour constater que j’étais complètement rayée, comme un zèbre couleur chair.  Et ça n’est pas parce que je manque de dextérité… Je n’ai aucun problème à graver une citrouille avec un motif feuille de vigne à l’Halloween comme Martha Stewart, à faire des petites rosettes en glaçage sur des cupcakes, à me faire un trait d’eyeliner yeux de chats parfaits. Alors pourquoi, mais pourquoi ne suis-je point capable d’utiliser sur moi-même cette machine que l’on nous présente comme facile et au résultat parfait à tout coup? En fait, l’application est très, très difficile: on nous dit de maintenir 4 à 6 pouces de distance entre le visage et la poire aérographe, puis, d’appuyer sur le bouton de la poire en faisant des mouvements circulaires continus.  Assez tricky. Comme on ne ressent qu’un jet d’air frais sur la peau, il est quasi impossible d’appliquer le tout uniformément.  La couvrance est si légère qu’il faut beaucoup de produit (c’est long!).  On repasse plusieurs fois avec nos “mouvements circulaires” en ne voyant pas de réelle différence sur nos imperfections. L’illuminateur, lui, n’illumine pas suffisament.  Et enfin, comme on brille (non, on luit) de partout après l’application, on doit poudrer beaucoup (donc camoufler tout notre beau travail airbrush).  Résultat: on a finalement un maquillage tout bête, comme d’habitude, sauf que notre fond de teint n’est pas bien appliqué en dessous de la poudre. Finalement, comble de la déception, rien ne tient, le maquillage “fond” progressivement au cours de la journée.  Ce qui fait qu’on entame le 5 à 7 avec un visage gras et défait, comme si on sortait d’un cours de yoga chaud, le look zen en moins.

Enfin, comme la machine est encombrante, on doit tout de même s’équipper en maquillage traditionnel pour les voyages et les retouches.  Conclusion: on doit avoir deux kits maquillage.  Si on fait le calcul, pour avoir un teint moins que bien, c’est vraiment nul.

Pour finir, je dirais que c’est surtout vite devenu déprimant de devoir acheter toujours la même marque et de se priver des nouvelles collections qui elles, suivent les tendances et les saisons.  Quand mes amies parlaient nouveautés maquillage, j’étais complètement out: “le nouveau fond de teint Chanel? Moi, non, j’utilise le Temptu. Oui, je suis un martien.” Fin de la discussion. Fini les beaux poudriers, les palettes illuminatrices embossées de motifs fleuris, les nouveaux petits blush qui remontent le moral.  Lire les pages beauté des magazines était devenu pure torture car je voulais essayer les nouveaux produits mais j’étais otage de mon Temptu. Et puis mon maquillage était devenu… technologique. C’est là que j’ai réalisé à quel point il y a une dimension poétique essentielle au maquillage. Un petit rituel. Clic clac, on ouvre les boîtes, ftuff, un coup de pinceau, mmm, une poudre qui sent bon et évoque des souvenirs.  On se sent belle.  La journée commence bien.  Mais c’était fini tout ça. Plus de plaisir des sens, pas de joie à l’application.  Me maquiller était devenu aussi sympathique que de trier mes courriels en arrivant au bureau. Bof. Une case à cocher dans ma liste de tâches.

Enfin, j’ai vu récemment que Sephora ne tenait plus cette machine et je dois dire que cela ne m’étonne pas. Boucle d’Or y a d’ailleurs rapporté la sienne et obtenu un remboursement complet (merci Sephora!) La morale de cette histoire? Un (beau) teint c’est bien.  Mais un beau teint et un beau moment le matin, c’est encore mieux! Ça m’apprendra à tout vouloir tester…

P.S. La gagnante du concours Reine des Neiges sera annoncée demain vendredi!