Sagesse dans le Stress

Petits contesC’est ma mère qui m’a fait découvrir ce livre et, dès que j’ai lu le résumé à l’endos, mon coeur s’est mis à battre plus vite:

“Ce livre n’est pas fait pour être lu mais pour être fréquenté comme un ami proche, secret. Vous pouvez lui demander de vous nourrir, il vous nourrira, de vous éclairer, il vous éclairera, de jouer, il jouera avec vous le jeu le plus mystérieux du monde, celui du hasard qui n’existe pas.

Ouvrez-le, simplement, par curiosité. Quelqu’un est là qui vous parle. Il ne vous dit pas seulement quelque chose de plus ou moins intéressant, non. Il répond à une question que vous n’avez même pas formulée à voix haute. Il y répond à sa manière, qui peut être déconcertante. Mais ne grimacez pas. Ce qui vous est dit là s’avère toujours étrangement sensé.

Car les contes sont des vieillards immémoriaux et bienveillants. Ils savent tout de la musique du coeur du monde. Allez les voir. Ils répondent toujours à nos questions pour peu qu’ils soient interrogés avec cette lumière simple dont ils sont eux-mêmes pétris, et que l’on appelle l’innocence.

Henri Gougaud

Oui, c’est un petit livre de contes anciens, de fables et de vérités toutes simples. Chaque conte a quelques pages à peine, parfois une seule. À lire avant de se coucher, même crevée, dans le métro quand la journée nous pèse, mais aussi à avoir dans son sac à main quand on s’apprête à affronter une épreuve. Un bijou de livre pour les journées grises d’automne et pour nous encourager à devenir de meilleures personnes, plus sages, plus douces, plus gracieuses mais surtout, plus humaines. Un petit livre pour nous ramener à l’important ces jours où on ne sait plus où donner de la tête. Vraiment, Boucle d’Or est sous le charme!

Petits Contes de sagesse pour temps turbulents, Henri Gougaud, Albin Michel, 2013

La vraie Cendrillon

cendrillonEn lisant l’histoire du soir à Petite Ourse, j’ai accroché sur la petite moralité tirée du conte original de Charles Perrault, Cendrillon…Un excellent rappel pour les jours où le teint est gris, le cheveu mat et où tous nos vêtements nous semblent des haillons…

Moralité

La beauté (…) est un rare trésor.

De l’admirer, jamais on ne se lasse;

Mais ce qu’on nomme bonne grâce

Est sans prix et vaut mieux encor.

C’est ce qu’à Cendrillon fit avoir sa marraine,

En la dressant, en l’instruisant,

Tant et si bien qu’elle en fit une reine.

(…)

Belles, ce don vaut mieux que d’être bien coiffées:

Pour engager un coeur, pour en venir à bout,

La bonne grâce est le vrai don des fées;

Sans elle on ne peut rien et avec elle, on peut tout.

Inspirant, non?

Hey Gogs, c’est Gugs!

dessins totalMon Goglu d’amour,

Il y a de cela quelques semaines, tu me disais dans un petit courriel (suite à une autre de mes demandes de dessin en pleine nuit pour une Boucle-d’Or-qui-court-au-bureau-en se-maquillant-avec-une-mini-houppette-et-un-animal-mignon-à-ses-côtés) que tu avais compté tes dessins et que Boucle d’Or avait été dessinée plus de cinquante fois. Cinquante!

Cinquante fois une jolie Boucle d’Or, pleine de personnalité, un peu désorganisée, au sac à main débordant de rouges à lèvres et de biscuits émiettés. Cinquante appels téléphoniques, non, mille, où je te parle de mes idées, de mes titres, de mes thèmes. Infiniment patiente, tu me guides, tu m’encourages, tu m’orientes. On s’échange des contenants de plastique plein de crèmes, de nettoyants, de bouts de rouge à lèvres écrasés, de mystère (ta crème à l’escargot!) et de promesse (ma lotion Dermaglow!). On s’envoie des photos (la photo de la coiffure de la fille qui a du volume), des découpes de magazine, des liens, des petits mots. Tu plantes des bulbes dans des contenants d’oeufs pour moi pour m’en donner quand je passerai, avec une nouvelle brosse à dents suisse spéciale à poils doux et moi j’apporte des blushs et une pile de magazines.

On se planifie des escapades chez La Baie, chez Sephora, à la pharmacie ou au petit magasin de cosmétiques coréens, histoire de flâner un peu, à la recherche de temps perdu entre sœurs et aussi, de la base de teint idéale. Un petit café, un scone, du rattrapage entre sisters, un grill-cheese au Laïka, rien de mieux pour voir la vie en rose.

Alors, cher Goglu, mille fois merci pour ces cinquante dessins (et ça continue…en fait, on est rendu à 51!). Avec tes coups de crayon et ton talent infini, tu donnes à Boucle d’Or tout son charme, tout son flou, son caractère qui fait rêver. Avec toi Boucle d’Or a pris forme, elle a un visage, des jolies camisoles, des flacons de parfum et une robe à pois…tout ça une image à la fois. Grâce à toi.

Tu fais de cet espace la page d’un joli livre, la page de mon journal. Car oui,  aucun doute, ma vie de coquette en dessin, c’est toi qui la dessinerait. Oh, attend, c’est déjà un peu ça qu’on fait, non?

Je t’aime cher Gogs et un million de fois merci de participer à mon projet avec autant de cœur et de disponibilité. Chaque jour je suis trop contente de t’avoir comme soeur. Chaque jour.

Ton Gugs pour toujours,

Histoire Perdue

Histoire perdue

“I am going to make everything around me beautiful -that will be my life.” -Elsie De Wolfe

C’était dans In Style UK, il y a super longtemps, il y a presque 10 ans. Le numéro avec Kristin Davis (Charlotte de Sex and the City) en couverture, vous vous en souvenez?

Il y avait un article sur le retour du style féminin, sur l’élégance avec un grand E. Des kitten heels, des cardigans et des robes cintrées. Mais aussi de l’élégance comme un art de vivre, comme une leçon de charme. On y discutait de fine porcelaine anglaise, de comment ranger sa coiffeuse (avec des jolies pièces de chez Penhaligon’s et Miller Harris), de sacs à main (le Speedy de Vuitton) et de sujets de conversations appropriés pour l’heure du thé (jamais de politique, d’argent ou de travail).  L’article était bien écrit, on entendait presque l’accent british. Il y avait des photos de Kate Moss prenant le thé dans un salon aux murs de tapisserie fleurie, avec sa maman, des photos de la campagne de pub pour les laines fines Pringle of Scotland avec Sophie Dahl, des photos de Victoria Beckham dans les rues de Londres tenant délicatement son sac Vuitton (celui avec la boucle). Il y avait aussi la frange romantique de Kylie Minogue (qui sortait avec Oliver Martinez à l’époque), des robes Calvin Klein dans des teintes de brouillard et de vapeur, du ruban et des barrettes. Sans oublier le rouge à lèvres Pout (que j’adorais et qui n’existe plus), la poudre pour le corps Kate Spade dans sa boîte jaune, du vernis coquelicot, des perles et des montres toutes fines aux bracelets de cuir, so very very Grace Kelly. Tout était teintes d’aquarelle, petits fours et fleurs sauvages…sur quatre pages! Des photos bien découpées et bien étiquetées, comme l’herbier de la coquette rêveuse, qui collectionne les idées et les belles images.

Cet article, je l’ai longtemps conservé. Le magazine avait des coins tous racornis; il avait pris tous les métros de Montréal, pris son bain et dormi dans mon sac d’école.  Quand j’étais un peu triste ou perdue, quand je me sentais seule ou que j’étais carrément de bonne humeur, je sortais mon précieux article et j’en lisais chaque mot, comme un poème, comme un mantra. En pyjama, je prenais la résolution de bien repasser mes jupes. En bonnet de bain Hello Kitty je rêvais de chignons et de peignes Mason Pearson. Quand j’allais magasiner, je me posais intérieurement la question : « et…qu’est-ce qu’en penseraient les auteurs de ton article? ». Ça me guidait dans mes choix, comme mon étoile polaire, ma boussole fashion.  Cet article aura sans doute été l’élément qui aura le plus influencé mon style, dans toute ma vie. Même si, bien sûr, il m’arrive de d’expérimenter avec le legging de faux cuir ou le short à paillettes, les classiques comme les perles et la jupe droite ne sont jamais bien loin. Cet article je le voyais comme la carte routière qui me mènerait vers un monde rassurant, comme mon invitation exclusive à devenir la femme que je voulais être. Je le connaissais par coeur avec ses petits mots nouveaux pour moi comme « albeit », « skirt-suit », « updo », « cinched waists » et « vanity ».

J’étais devant l’inconnu flou qui caractérise la jeunesse. Mais j’avais une certitude : j’allais aller à la conquête de demain en petite robe et chaussures à pois…avec la grâce de Grace Kelly et la disposition optimiste de Mary Poppins de surcroît.

Voilà des mois que je mets ma maison sans dessus-dessous à chercher ce fameux In Style, histoire de me rafraichir la mémoire, histoire de vous le présenter, de le photographier, de l’immortaliser. Rien. Je ne le trouve plus. Il a disparu. Peut-être qu’il fera à nouveau surface, qui sait. En attendant, j’essaie de me consoler en me disant que c’est peut être un signe. Signe que je sais maintenant ce que j’aime, un peu plus qui je suis et ce dont j’ai envie. Je me connais mieux. Comme les enfants qui finissent par perdre leur doudou finalement quand ils sont assez grands pour dormir tous seuls.

Vous, il y un truc qui a défini votre style? Un article, une photo qui vous a dramatiquement influencé?

P.S. Si jamais vous croisez dans une salle d’attente de dentiste ou un grenier le In Style UK avec Kristin Davis en couverture…pensez à moi… Please?

Quand ils passent

Flattée

Accepter un compliment. Pas facile-facile…

D’abord, on se questionne toujours sur la sincérité du compliment. (« J’aime bien ton manteau…C’est quoi cette couleur : saumon fumé? » Alors que clairement, c’est corail. )

On écoute aussi le ton. (« Vraiment?! Are you for real? Du rouge à lèvres hot pink?! J’adore. » Hmm…que penser de cela…???)

Mais aussi, il y a un élément de gêne, d’humilité. C’est normal.

En plus, souvent, on ne sait pas trop quoi dire après.

Parfois, on minimise. (« Cette robe? Tu veux rire? Je l’ai limite trouvé dans les poubelles! » Par poubelles on parle du coin des soldes chez Holts, bien sûr).

Parfois, on fait dans l’humour. (« Vraiment? Tu aimes mon vernis? Mais n’importe quoi. C’est un total look d’évadée de prison qui a creusé un tunnel avec ses mains direct après sa manucure. Pfff… »)

C’est tellement difficile d’accepter un compliment qu’on oublie d’en profiter.

Pourtant, le but du compliment c’est de faire un velours au coeur, de faire rougir, de faire notre bonheur. On devrait l’écouter, l’enregistrer, le savourer, voire, le noter.

On devrait l’accepter.

On ne devrait pas chercher les intentions cachées, les motifs, le sarcasme, la moquerie ou le pourquoi du compliment.

On devrait juste le prendre comme il vient, l’accepter à sa face même, comme ça, quand il passe. Comme un joli papillon qui se pose sur notre épaule.

J’ai réalisé ça tout d’un coup.

Cela faisait quelques jours que j’étais rentrée de l’hôpital avec Bébé Ours (il y a près de deux ans de cela mais c’est une réalisation encore fraîche) et Papa Ours était sorti faire les courses. C’était mon premier moment seule avec les deux oursons. Deux. J’étais fatiguée, sensible, j’avais un peu les bleus.

J’ai préparé un macaroni en boîte et j’ai mis trop de lait. J’ai servi Petite Ourse et elle a gouté.

Puis, elle m’a regardé tout sourire, les yeux brillants et elle a dit : « Elle est très bonne ta soupe, maman! ».

J’ai souri et j’ai dit merci.

Depuis, j’attrape les compliments quand ils passent.

(Et je mets nettement moins de lait dans ma sauce de macaroni!)

Le charme: la conciliation travail-famille

Il me semble que cela fait trop longtemps que nous n’avons pas eu une petite leçon de charme, mesdames et mesdemoiselles… Alors, à l’agenda aujourd’hui: la conciliation travail-famille, ou encore travail-vie personnelle, un sujet qui fait écho à mon article de lundi. En fait, c’est un sujet qui concerne toutes les femmes. Que l’on travaille, étudie, que l’on aie ou non une famille, nous jonglons tous avec plusieurs impératifs: une amie qui a besoin de nous, un travail d’équipe pour l’école, un proche malade, un emploi exigeant ou un dégât d’eau dans le sous-sol le premier jour d’école des enfants…Il faut savoir identifier les priorités et aménager des moments de plaisirs et de repos. Il faut savoir voir le beau côté et tirer son épingle du jeu avec grâce, mais il faut surtout souvent et c’est là l’exercice le plus périlleux, remettre les choses en perspective. Sans compter que l’état suit souvent l’attitude: quand on s’efforce à afficher un air serein, on se sent tout de suite un peu plus en contrôle, un peu plus détendue.

Petit rappel, donc, de comment rétablir cet équilibre. À noter, je trouve intéressant de souligner que le titre du chapitre est:”comment se débrouiller”. Pas “comment être parfaite en tout”, pas “comment faire du sport, travailler, avoir une maison impeccable, des enfants bien coiffés et coudre soi-même ses vêtements.” Non, juste, “comment se débrouiller”, ce qui est un peu comme dire “comment faire”, ou encore “comment juste le faire”. Parce que c’est aussi ça la vie parfois: il vaut mieux juste faire les choses que pas les faire du tout. Pas se demander l’impossible. Juste le faire. Pas cuisiner quatre desserts parce que l’on attend de la visite. Juste un.

Comment se débrouiller

La règle la plus importante pour réussir est de ne pas vouloir trop en faire à la fois. Si votre situation réclame trop d’énergie ou vous impose de nombreuses heures de travail supplémentaires, il vaut mieux en changer. À la maison, il faudra vous faire à l’idée qu’il y aura un peu de poussière, que les repas ne seront pas aussi soignés que vous le désireriez, que vous n’aurez pas le temps de faire des rideaux et de la pâtisserie.

Vous devrez peut être payer quelqu’un pour accomplir des choses que vous aviez l’habitude de faire vous-même. Votre temps et votre énergie ont beaucoup de valeur, vous devez les utiliser pour ce qui en vaut vraiment la peine.

La meilleure façon de bien réussir son mariage et sa carrière est sans doute de bien les séparer. Votre vie professionnelle ne doit pas empiéter sur votre vie privée et vice-versa. Faites votre travail sérieusement mais en quittant le bureau, oubliez-le. (…)

(…) Il vous faudra apprendre à préparer certains plats d’avance et à utiliser les restes avec art.

Vous ne devez pas négliger votre apparence; elle est d’une extrême importance pour votre réussite professionnelle et votre mariage. Vous pouvez peut être adopter une coiffure plus simple vous passer de vernis à ongles sans la journée.

Ne vous laissez pas écraser par le travail, prenez le temps de vous distraire, de vous détendre. Organisez votre temps libre; soyez prête à sortir ou à recevoir. Trouvez des recettes originales mais faciles à faire; vous ne serez pas à votre avantage si vous devez vous lever à 5 heures du matin pour préparer le dessert avant de partir pour le bureau. Simplicité doit être le mot d’ordre.

Apprenez l’art de vous reposer chaque fois que vous disposez de quelques minutes. Si vous avez un trajet à faire en autobus, profitez-en pour vous libérer l’esprit de tous vos soucis et vous détendre. En rentrant à la maison, essayez de vous détendre une quinzaine de minutes; détendez tous vos membres l’un après l’autre jusqu’à ce que votre corps tout entier soit détendu. (…) Un petit somme, même un quart d’heure peut être très rafraîchissant. Quand vous vous sentez fatiguée, n’insistez pas, reposez-vous. Vous devez prendre soin de vous et de votre santé. Évitez par-dessus tout d’avoir l’air harassée et tendue. Une femme vraiment charmante conserve un air serein. Elle n’est jamais pressée au point de se montrer brusque ou peu soignée. Vous pouvez être très occupée, plus occupée même que d’autres, mais n’en laissez rien paraître; vos réalisations n’en n’auront que plus de valeur.

*(Extrait du livre Charme: Cours de Personnalité Féminine, Helen Whitcomb, Rosalind Lang, Mc Graw-Hill, 1968, Canada, p. 451-457)

Entre nous: la coquetterie

Crédit: Les carnets d’une coquette raisonnable d’Hélène Millerand (Seuil)

Je vous ai déjà parlé plusieurs fois de ma très coquette grand-maman Marguerite. Après son départ, l’an dernier, en faisant le ménage de sa maison, ma soeur et moi avons trouvé un livre merveilleux: Les Carnets d’une coquette raisonnable d’Hélène Millerand (Seuil, 1992).

Divinement bien écrit, relié comme un carnet ancien, ce livre se veut à la fois une réflexion sur les petits plaisirs de la coquetterie et une compilation de recettes et conseils de beauté immuables. Ancré dans le bon sens, empreint de simplicité (non, pas de Clarisonic ici), d’humour et du romantisme des périodes révolues, ce livre invite à la beauté, intérieure comme extérieure et à la sagesse de savoir ce qui est bon pour soi, comme par exemple, jeûner de temps à autres, avec de la soupe et des bons livres, téléphone débranché et rideaux tirés (ce qui, à l’ère de Facebook, Twitter, Pinterest et Instagram, se révèle encore plus sage). Délicieusement illustré de gravures anciennes, on y mentionne aussi des petits produits, comme notamment la mythique poudre Caron, les fards Bourjois et même le Baume Automobile de chez Détaille (d’ailleurs, je me demande si c’est suite à cette lecture que ma grand-maman en aurait fait l’acquisition) et même des bonnes adresses à Paris.

Mais qui est donc la coquette raisonnable d’Hélène Millerand?

C’est une coquette qui aime à prendre soin d’elle.

Elle pratique la coquetterie comme art d’agrément. Passion douce qui lui prend beaucoup de temps, lui coûte un peu d’argent et lui procure des satisfactions que l’âge ne parvient pas à entamer.

(…)

Délibérément cigale, il lui arrive de débusquer chez les fourmis les plus avérées des fonds de coquetterie parfaitement exploitables, malheureusement étouffés par des éducations dénuées de fantaisie. C’est pour elle un motif de contentement toujours renouvelé que d’amener à la coquetterie des adeptes nouvelles.

Optimiste résolue, elle vient en général à bout d’une humeur maussade ou d’un petit chagrin par l’achat d’une paire de souliers, d’un joli jupon, ou même en avalant une douzaine d’huîtres.

Telle qu’elle la conçoit, la coquetterie est une vertu dont elle ne saurait trop conseiller la pratique à celles qui s’en sentent des dispositions.
Elle ne prendrait pas la peine de répondre à ceux qui la taxeraient de futile, ils seraient visiblement passés à côté de la gravité de la chose et il ne servirait à rien d’essayer de les convaincre.

(Les Carnets de la coquette raisonnable, p.15-16)

Crédit: Les Carnets d’une coquette raisonnable

Dans la Préface, Geneviève Brisac ne saurait mieux décrire ce bijou de livre:

“Les Carnets d’une coquette raisonnable” ont le charme des marchés, celui des odeurs qu’on oublie, des saveurs que la vie moderne étouffe mais qui ne demandent qu’une minute d’attention, un regain de goût pour le temps donné aux choses, qu’on nomme aussi le temps perdu, pour s’épanouir tranquillement.

(…)

Cette minutie, cette autorité, tout ce boulot, c’est un jeu, un jeu de filles, comme il en existe dans toutes les civilisations où se transmettent encore objets et habitudes, trucs et rites, gestes qui ont fait leurs preuves, et qui ont la douceur des choses qui ont beaucoup servi.

(…)

Les Carnets d’une coquette raisonnable laissent dans leur sillage, outre une cohorte d’objets familiers qui réchauffent le coeur, ce même sentiment d’éternité que donnent les choses passagères.

(Préface Geneviève Brisac, Les Carnets de la coquette raisonnable)

Aujourd’hui, je vous propose donc quelques courtes citations tirées de ce livre, lesquelles portent sur la coquetterie entre nous, entre coquettes et qui fait un peu écho à ma réflexion sur les filles cool qui partagent…mais en mille fois mieux écrit.

Oui, il ne fait aucun doute, Madame Millerand a une plume qui coule doucement et parfaitement, goutte à goutte, comme un parfum rare, comme un plaisir éternel et doré dans le temps qu’on égrène. Tic-toc. Les souvenirs reviennent, en filigrane, en motif de dentelle ancienne. Oui, ce livre est un trésor. Et nous sommes toutes la coquette raisonnable.

Crédit: Les carnets d’une coquette raisonnable

Coquette et coquettes

La coquette raisonnable aime la compagnie des autres coquettes. Elle a plaisir à voir une femme aimable tirer de son physique un bon profit, à échanger avec elle des recettes, des adresses, des conseils.

L’échange entre les coquettes est infini, il ne connaît pas les obstacles de l’âge, de la classe sociale, de la race, etc. Comme les juifs, les pieds-noirs, les Auvergnats et les francs-maçons qui, à ce que l’on dit, se reconnaissent entre eux, les vraies coquettes, qui sont plus rares que l’on ne le pense, se reconnaissent au premier coup d’oeil. Elles ont toujours quelque chose à se dire.

Deux vraies coquettes sont deux compères, ferrées sur le sujet, parlant vêtements, allure et produits de beauté avec compétence, comme discutent entre eux pêcheurs à la mouche, collectionneurs de timbres ou aficionados. À l’évidence, il s’agit de choses sérieuses.

Le plaisir de parler entre experts l’emporte largement sur une éventuelle rivalité. Il est rare qu’une coquette marche sur les brisées d’une autre. Ça n’est pas ce qui l’amuse, car personne mieux qu’elle ne sait que chacune a son style, que ce qui va à celle-ci ne va pas à celle-là, et chacun sait aussi que deux jolies femmes se mettent en valeur l’une l’autre.

Alors, vous vous reconnaissez? Sinon, selon vous, la coquette raisonnable d’aujourd’hui, elle aime les blogues beauté?

Les Carnets d’une coquette raisonnable, Hélène Millerand, Éditions du Seuil, (1992)

Keep gøøgling, my süpermodel friend! (Belle en photo)

À moins de s’appeler Miranda Kerr, Karli Kloss ou Coco Rochas, il est assez difficile de s’aimer en photo. À défaut d’être parfaite en tout temps, d’avoir vraiment confiance en soi ou encore de ne se laisser photographier que sous des éclairages de pro, par Mario Testino himself, ventilateur devant et photoshop après…la plupart des vraies filles grincent un peu des dents en se voyant en photos, moi la première.

Mais il existe plein de petits trucs pour paraître à son meilleur et finalement, s’aimer un peu sur ces clichés que l’on laisse pour la postérité… que ce soit pour notre photo de permis de conduire, les souvenirs d’un souper en amies, la photo de graduation, les photos de mariage, les premiers clichés maman-bébé ou les photos de votre dernier voyage, mieux vaut mettre toutes les chances de son côté pour aimer se remémorer ces beaux moments en images.

Si vous êtes mannequin, cet article vous sera inutile : je ne parle pas ici de l’élaboration d’un porte-folio mais simplement des photos des vraies filles, dans la vraie vie dans des vraies circonstances. Donc, non, si vous cherchiez ici des conseils pour avoir l’air euphorique en mini-jupe sautillant dans de la neige avec seulement une chapka sur la tête et un bébé tigre stratégiquement placé dans les bras…keep gøøgling my süpermodel friend!

Avant la photo : ces petits plus qui aident

-On évite la crème solaire (ou même le fond de teint avec SPF) qui crée un éclat blanchâtre peu flatteur sous les flashs. Je ne vous recommande pas de vous absenir de la crème solaire en tout temps au cas où vous vous feriez photographier, par contre pour les grandes occasions, exceptionnellement, je vous recommande d’éviter, surtout si c’est le soir et que vous êtes à l’intérieur;

-Un peu de blush rosé sur les pommettes: toujours flatteur;

-On évite les coiffures trop léchées sur le dessus de la tête qui, surtout si on est blonde, peuvent nous faire paraître chauve. Il est toujours joli de ramener quelques mèches devant, sous les oreilles.

-Prenons soin de bien estomper notre maquillage. On a toutes vu ces photos de Nicole Kidman avec de la poudre et du cache-cerne visibles. Oui, dans la vie ça arrive parfois, et  à toutes les filles, même. Toutefois, il n’est nul besoin de préserver une preuve matérielle du fait que l’on s’est maquillée à la course le matin même.

-Le rouge à lèvre fait toute la différence. Dans ma famille, c’était devenu une  blague récurrente : dès qu’on sortait l’appareil photo, on allait toutes se mettre du rouge à lèvres au point ou une année, mon grand-père en avait mis aussi pour nous faire rire. Mais sans blague, ça change tout.

-Du mascara sur la frange de cils supérieure fait l’œil plus blanc et plus grand;

-Un collier de perles ou, à défaut, des boucles d’oreilles en perles illuminent le teint et font également paraître le blanc des yeux plus blancs, je vous en avais déjà parlé;

-Cela va de soi mais tout de même: vérifions que nous n’avons rien entre les dents;

-Choisissons des vêtements aux coupes flatteuses, qui définissent la taille. Les coupes simples et classiques aux motifs pas trop compliqués rendent toujours mieux en photos que les pièces plus “directionnelles”: oui, la petite robe classique aux manches 3/4 risque de mieux photographier que la jupe asymétrique en motif chevron. Et aussi, nos enfants risquent de moins se moquer de nous dans 15 ans.

La photo

-Un sourire, un vrai, qui plisse les yeux et montre un peu les dents, illumine tout le visage et c’est souvent ce qui fait les meilleures photos.

-Pour éviter le double-menton, pensons à coller notre langue sur le palais. Faites le test devant le miroir: le résultat est bluffant!

-Dégageons notre visage: trop de mèches ou de franges qui retombent sur les yeux peuvent créer des jeux d’ombres qui accentuent cernes et poches;

-Plaçons-nous un rien de profil, tant pour le visage que pour le corps, pour un effet amincissant;

-Il vaut aussi mieux poser son verre, posez son sac à mains, son téléphone et avaler la bouchée que l’on a dans la bouche.

-Dégageons nos bras: s’ils appuient sur notre corps, ils paraîtront plus massifs. C’est pour ça d’ailleurs que l’on voit tant de célébrités poser la main sur la hanche, façon Nicole Richie. À cette option, que je trouve peu naturelle et un peu “The Price is Right“, je propose plutôt l’alternative plus humble de tenir ses deux mains devant, à la hauteur du nombril, les coudes pliés. C’est encore plus joli si on tient une jolie pochette de soirée…

D’autres petits trucs pour des circonstances particulières:

-Avant bébé: autant que possible, faites vous faire les ongles quelques jours avant la naissance anticipée. D’abord, cela fera un bien fou à votre moral et à vos mains enflées, mais aussi, vous serez bien contente d’avoir de jolies mains car celles-ci seront dans tous les clichés dès l’arrivée de bébé.

-Après bébé: le bébé est votre meilleur accessoire! Mettez le sur vous, dans vos bras ou dans un porte-bébé: il camoufle ainsi votre petit ventre de nouvelle maman et votre tenue un peu pyjama-esque. Baissez les yeux et regardez votre petit ange avec amour: on ne voit plus vos cernes, ni vos yeux rougis par le manque de sommeil. On ne voit que vous deux, votre lien très fort et c’est tout ce qui compte.

-À votre mariage: faites tout plein de photos avec le voile. Oui, il tire et donne un peu mal à la tête mais c’est vraiment la seule occasion de votre vie où vous le porterez. En rétrospective, il me semble que j’aurais dû garder le mien plus longtemps…

-Faites usage de votre entourage: des escaliers (on s’assoie sur une marche: very Gossip Girl, saison 1), un petit sapin (on se met à côté, very Émilie et le petit sapin), chéri (on lui tient la main…)…Autant d’éléments qui feront de la photo un moment, et non une pose.

Et enfin, évitez…

-Évitez à tout prix les bouches “becs de canards” ou faux bisous qui ne mettent pas vraiment en valeur et ne dupent personne: eh non, on n’a pas les lèvres d’Angelina Jolie mais on assume!

-Évitez les pieds retournés vers l’intérieur (trop street style), les signes de peace (trop Woodstock), les signes de rock n’ roll, les signes Wu-Tang Clan, enfin bref, les signes, tous les signes. Ils sont trop associés à un moment précis dans le temps et ne vieilliront pas bien. Un peu comme ce tattoo “LOL” que la fille dans l’autobus a sur le haut de la poitrine. Juste pas une bonne idée.

Le Charme: le temps

Boucle d’Or n’est pas un exemple à suivre pour le temps. Je le pense élastique, je veux tout faire, je me couche à des heures impossibles, les mains pleines de colle parce que j’ai entamé un projet de bricolage (absolument pas essentiel) à 1 heure du matin…Je suis vraiment hyper occupée et pourtant, aux entretiens d’embauche, quand on me demande “...et, dites-moi, que faites vous de votre temps libre?” c’est toujours le néant total. Quel temps? Pourtant, je regarde à peine la télé, je ne suis pas le genre à relaxer avec des tranches de concombres sur les yeux en écoutant des livres audio ou du Zamphir et malgré tout, l’organisation de ma maison n’a rien d’un magazine Martha Stewart. Alors, où est le problème? D’ailleurs, c’est toujours un mystère pour moi. Si certaines rêvent d’espionner dans d’autres maisons pour voir comment se passe ceci ou cela, moi, c’est uniquement la gestion du temps qui m’intrigue. D’ailleurs, j’ai toujours plein de questions de logistique à poser à mes amies du style: “et ton souper, tu le fais quand?“, “et tu vas au yoga quand, la nuit?“, “et le ménage du linge trop petit des enfants, tu le fais quand, et les bagages, et ton couscous congelé?, etc, etc…” En fait, je veux être rassurée, me faire dire que personne n’est parfait, qu’on ne peut pas tout faire. Oui, N. repasse même ses débarbouillettes de bébé, par contre, chez elle, on mange du tout-prêt plusieurs fois semaine. En fait, comme disent les anglais: “something’s got to give“… Alors, le petit cours d’aujourd’hui est pour tout indiqué pour moi. Mais j’ai un sentiment que je ne suis pas la seule à m’en demander beaucoup. Allez mesdames, sortez vos crayons, la leçon va commencer et vous feriez bien d’écouter…

“Comment trouver le temps de tout faire, ou presque

Il semble peu probable qu’on puisse trouver le temps de faire absolument tout ce qu’on veut. Mais un nombre étonnant de jeunes filles semblent réussir à accomplir énormément de choses dans une seule journée. Elles n’ont jamais l’air fatigué, sont toujours bien coiffées et habillées; elles mènent une vie pleine et heureuse sas effort apparents, calmement et économiquement. Arrangez votre journée pour réussir à avoir le temps:

  • d’être toujours impeccable;
  • de bien accomplir votre travail au bureau;
  • de manger tranquillement;
  • de lire et d’apprendre quelque chose de nouveau chaque jour;
  • de vous distraire et de vous détendre;
  • de dormir suffisamment.

Comment simplifier votre vie? Passez en revue vos activités quotidiennes. Que faites-vous? Comment le faites-vous? Quelle économie de temps pouvez-vous réaliser?

Que désirez-vous faire?

Souvent, nous voulons faire trop de choses. La seule solution est d’éliminer le plus possible celles qui sont inutiles. Quantité de gens perdent plus de temps qu’ils ne pensent à regarder des émissions de télévision médiocres ou à lire de la mauvaise littérature.

Certaines jeunes filles ne savent pas jouir de la vie. Nicole, qui faisait un voyage organisé dans l’Ouest, étonnait constamment ses compagnes. Chaque fois qu’elles revenaient d’une excursion, Nicole leur annonçait fièrement: “Je suis contente de moi, je viens de me laver les cheveux“, ou “de terminer mon petit lavage“. Les Montagnes Rocheuses, le lac Louise, Banff, rien ne lui paraissait assez important pour bouleverser sa petite vie. Les autres étaient peut être poussiéreuses en rentrant chez elles, mais elles avaient vu et fait tellement de choses durant ces merveilleuses vacances.

Chacun doit décider ce qui, pour lui, compte le plus. Si c’est la propreté, alors soyez immaculée et jouissez-en; mais soyez certaine que c’est là le but de votre vie. À notre avis, chercher à se cultiver, à se créer une belle situation, à se préparer au mariage ou à aider les déshérités est une ambition plus louable.

Débarrassez-vous des petites corvées le plus rapidement possible

Comme vous devez vous nourrir, vivre dans un endroit ordonné et être présentable, vous devez accomplir certaines corvées. Faites-les au fur et à mesure; elles vous paraîtront moins pénibles et vous aideront à gagner du temps.

Simplifiez votre existence

(…) Il est plus facile de se débarrasser d’objets inutiles lorsqu’on sait qu’ils peuvent servir à quelqu’un d’autre. (…) De nombreux organismes de charité sont enchantés de ramasser vos vieilles choses. Un bon principe à suivre: se débarrasser de tout ce que l’on n’a pas utilisé depuis trois ans.

Ne vous surchargez pas de trop d’activités

Certaines personnes, au lieu de suivre deux cours en suivent quatre, se croient obligées d’accepter toutes les invitations et de ne jamais refuser leur aide à une oeuvre. Être active est une bonne chose mais il ne faut pas exagérer, car alors on ne vient à bout de rien. Consacrez votre temps à un nombre limité d’activités, si vous voulez en retirer de la satisfaction. Un groupe de jeunes filles citadines a établi la règle suivant pour sa semaine:

  • un cours du soir
  • un travail bénévole
  • une soirée d’entretien du linge
  • une soirée de repos

Simplifiez votre travail

Quand vous êtes pressée, le temps est précieux; ne courez pas d’un magasin à l’autre pour comparer les prix et les qualités avant de choisir un cadeau. Il faut savoir parfois renoncer à une bonne affaire ou à l’objet idéal.

Employez le plus possible des articles faciles à entretenir; des tissus qui n’exigent aucun repassage et sont traités contre les taches par exemple. Choisissez des chaussures foncées plutôt que blanches; n’achetez pas de vêtements en tissus délicats; évitez les garnitures trop fragiles.

Ne remettez pas à plus tard…

En rentrant fatiguée, vous êtes tentée de jeter votre manteau, votre sac et vos gants sur la chaise la plus proche et, en vous changeant, de tout laisser sur votre lit. Quand, finalement vous êtes prête à vous détendre, vous vous voyez obligée de tout ramasser alors qu’il aurait été si simple de ranger vos choses en les retirant.”

*(Extrait du livre Charme: Cours de Personnalité Féminine, Helen Whitcomb, Rosalind Lang, Mc Graw-Hill, 1968, Canada, p. 362-365)

Le Charme: Votre manière de vivre

La leçon du jour à l’École du Charme de Boucle d’Or: la manière de vivre. Plus facile à dire qu’à faire, je suis la première à admettre que parfois, je devrais me coucher au lieu de me mettre du vernis, devrais manger un vrai déjeuner plutôt que de me contenter d’un café dans l’auto. Oui, on connaît toutes ces règles mais il est bon de se faire parfois rappeler à l’ordre, surtout lorsque l’on met en relief que charme et vie équilibrée vont de pair. Sous la patine un peu vintage des mots et des tournures de phrases décalées, on devra admettre que ces règles demeurent incontestablement vraies. D’ailleurs, quand je feuillette le livre de recettes de Gwyneth Paltrow c’est ce qui me frappe: le magnétisme de cette femme est en grande partie attribuable à son style de vie équilibré. En robe de lin blanche dans sa cuisine où elle cuisine des petits plats santé on a toutes envie d’être elle. Idem pour Kate Middleton dont la grande beauté est intimement liée à sa grâce, son maintien et à la sympathie qu’elle attire par sa bonne nature. Même si notre royaume à nous n’est que l’enfant que l’on soigne, la femme à la caisse de l’épicerie ou le conseiller financier qui nous téléphone pour nous proposer un produit d’assurance, à cet instant précis, une bonne disposition fait toute la différence car la grâce et le charme sont des attributs de tous les instants.

Alors, si vous le voulez bien, commençons la leçon.

“Votre Manière de vivre

Le charme se développe beaucoup plus harmonieusement dans une vie heureuse et bien équilibrée. Quand l’existence se déroule sans heurts, on peut consacrer beaucoup de son énergie au charme.

La jeune personne constamment survoltée est trop distraite par toutes les petites contrariétés de la vie quotidienne pour faire preuve de pondération. Afin de tirer le meilleur parti de son existence, il faut savoir comment employer son énergie, son temps et son argent.

Prenez soin de vous

(…) Cela paraît si peu de choses de sauter de temps à autres un repas ou de se passer de sommeil. Mais à la longue, on peut détériorer sans santé et ne s’en rendre compte que lorsqu’il est trop tard. Combien de maux d’estomacs, d’anémies, de maladies nerveuses et de troubles cardiaques, chez des gens pourtant encore très jeunes sont dus à leur négligence.

Prenez soin de votre carrière

Un bonne santé est essentielle. Comment être attentive au bureau lorsqu’on n’a pas assez dormi? Comment être détendue et de bonne humeur lorsqu’on ne s’est pas nourrie suffisamment? Quand on n’est pas en forme, tout semble terne et ennuyeux. Un patron  très patient fermera peut être les yeux et vous réussirez à vous en tirer. Mais quelle imprudence! Il faut toujours compter avec les impondérables; l’occasion rêvée de faire ses preuves peut se présenter. La chance n’attendra pas que vous ayez dormi dix heures, sortiez de chez le coiffeur et ayez pris un solide déjeuner. Pour la jeune femme qui travaille n’importe quel jour peut être un grand jour; elle doit donc constamment être à son avantage.

(…)

On ne vous demande pas non plus d’être exagérément consciencieuse et de prendre votre travail tellement au sérieux que vous en tombiez malade. La jeune fille équilibrée sait oublier les soucis d’ordre professionnel quand elle quitte le bureau.

Dans l’intérêt de votre charme, de votre santé et de votre travail, prenez la ferme résolution:

  • de dormir huit heures au moins quatre nuits par semaine et de ne vous coucher aux petites heures qu’une seule fois par semaine, le vendredi ou le samedi;
  • de prendre trois bons repas chaque jour. N’en sautez pas jamais un, et surtout pas le petit déjeuner. Mangez des aliments riches en vitamines, en sels minéraux et en protéines.
  • de prendre un peu d’exercice en plein air chaque jour et de faire du sport régulièrement.”

*(Extrait du livre Charme: Cours de Personnalité Féminine, Helen Whitcomb, Rosalind Lang, Mc Graw-Hill, 1968, Canada, p. 359-362)

Le Charme: les mains

Aujourd’hui, au programme de l’École de Charme: les Mains.

Quelle que soit la forme de vos mains, leur état peut être révélateur, aussi, veillez à leur charme: soignez-les. Les blanches mains sont vantées par le poète, les ongles impeccables vernis dans les tons à la mode exigent beaucoup d’attention mais le résultat en vaut vraiment la peine. Les mains d’une jeune fille qui travaille sont toujours en pleine vue, qu’elle tape à la machine, prenne des notes ou classe des dossiers.

Il suffit de quelques soins quotidiens et d’un certain nombre de précautions pour avoir des mains douces et soignées.

  •  Vos mains et vos ongles doivent toujours être d’une extrême propreté. Si elles sont maculées par les papiers carbones ou l’encre de machine, nettoyez-les avec les produits spécialement conçus pour ce genre de taches.
  • Chaque fois que vous vous lavez les mains, repoussez la cuticule de vos ongles avec la serviette.
  • Essuyez vos mains soigneusement et enduisez-les de lotion si la peau en est rugueuse. Faites pénétrer dans les cuticules pour éviter les envies. Ayez donc en permanence dans un tiroir de votre bureau, un flacon de lotion pour les mains.
  • Enduisez chaque soir vos mains d’une crème spéciale. Les crèmes ont un pouvoir lubrifiant plus grand que les lotions. Passez-en un peu sur vos coudes.
  • Pour soigner des mains crevassées, enduisez-les abondamment de crème et enfilez une paire de vieux gants blancs. Gardez-les toute la nuit. Au matin, vos mains auront retrouvé leur douceur.
  • Prenez l’habitude de porter des gants de caoutchouc pour laver la vaisselle et faire le ménage. Ceux doublés de tissu sont plus confortables et empêchent la transpiration. Apprenez à être adroite: si un chirurgien peut opérer ganté, vous pouvez bien vous débrouiller aussi.
  • Passez de la crème avant d’entreprendre un travail salissant, la saleté ne pourra pas s’y incruster. Il suffira de les laver.
  • Devez-vous sortir par un froid mordant? Gantez-vous avant de quitter la maison: ne risquez pas la formation de crevasses.

(…)

Si vos ongles sont cassants, surveillez votre régime alimentaire. Les aliments riches en calcium (lait et produits laitiers) et riches en protéines (viandes, oeufs, poissons) aident vos ongles à repousser. La gélatine, grâce à son contenu élevé de protéines est excellente: buvez chaque jour une cuillerée à soupe de gélatine non-parfumée dissoute dans un verre de jus de fruit (ne perdez pas patience, il faut environ quatre mois à un ongle pour repousser complètement). Limer les ongles sans précaution (aller et retour) peut aussi les casser et les abîmer.”*

Bon, alors, ça y est. J’ai une envie soudaine de manucure avec des ongles parfait et brillants à la Betty Draper (saison 4). Rudoyées par le jardinage de la fin de semaine, mes mains sont à des lieues de cet idéal. Qu’à cela ne tienne: je sais ce qu’il me reste à faire!

*(Extrait du livre Charme: Cours de Personnalité Féminine, Helen Whitcomb, Rosalind Lang, Mc Graw-Hill, 1968, Canada, p. 121-122)

Le charme

Il y a deux jours, ma soeur m’a fait un cadeau magnifique: un livre trouvé au hasard de sa coolitude (dont je vous avais déjà parlée ici): un livre intitulé Charme, qui est en fait le manuel du Cours de Personnalité Féminine, écrit par Whitcomb et Lang, édité en 1968. À l’intérieur, une étampe m’indique qu’il vient de la Bibliothèque de l’École Secondaire Mont St-Joseph d’Ottawa et, ce qui est encore plus charmant, son ancienne jeune propriétaire l’a annoté et a effectué des soulignements et petits dessins. Inutile de vous dire que j’adore.

Ce livre s’adresse essentiellement aux jeunes filles qui prévoient entrer sur le marché du travail. Tel que décrit dans l’introduction: “Chaque jeune personne possède en elle un potentiel de qualités et de dons qui, s’ils sont découverts et cultivés, peuvent transformer sa personnalité et la rendre plus intéressante et attachante. Charme est conçu spécialement pour l’aider à tirer le meilleur parti d’elle-même, pour lui permettre de réussir sa vie professionnelle et privée.

Ce manuel est vraiment complet (avec des exercices de travaux pratiques genre “ramassez votre crayon avec grâce” ou bien “faites vos ongles selon les méthodes employées par les manucures“): de comment se coiffer à comment briller au travail, on y discute de posture, de maintient, de maquillage, de choix vestimentaires, de l’expression orale, de vie professionnelle et de vie personnelle, en passant par un peu de moralité et du bon moment pour se marier. Bien sûr, certaines choses sont carrément dépassées (comment coordonner son maquillage à ses tenues (grincement de dents), comment être appréciée de son patron (sous-entendu, un homme, re-grincement de dents)). Et puis, certains trucs sont tout simplement bizarres (toute une section sur l’importance de laisser le cintre en bois pour le patron (homme, on l’aura compris) et d’utiliser les cintres en fer au bureau…(???) Il me semble que ça va de soi.) Peu importe, si on passe outre à ces quelques anachronismes, on a dans les mains un délicieux classique.

J’aurais adoré suivre ce cours de “personnalité féminine”. Apprendre la bonne manière de sortir d’une voiture tout en restant élégante, le meilleur moyen de prendre soin de ses vêtements selon la matière, l’art de la conversation, comment me faire de belles boucles sans séchoir avec juste des épingles et ma naïveté de jeune fille…C’est pourquoi je me propose, au fil de ma lecture, de partager avec vous certains passages que je trouve inspirants. Parce que, ne l’oublions pas, le charme va beaucoup plus loin que la beauté. Le charme, c’est une certaine chaleur, authenticité et élégance qui rend belle, qui fait plus que toutes les routines de soins et coups de rouge à lèvres au monde. Et puis, les femmes charmantes se mettent en valeur les unes les autres.

Alors, aujourd’hui, à la Leçon numéro 1 de l’École de Charme de Boucle d’Or*:

La Bonne Humeur

Le sourire est le plus grand des charmes féminins, cultivez-le; non seulement vous serez ainsi plus jolie mais, à la longue, votre humeur s’y assortira, car il reflète votre être intime. Le sourire forcé, commercial, s’efface bien vite.

(…) Les mauvais sentiments, l’aggressivité se liront sur votre visage et vous enlaidiront.

Remplissez votre esprit de pensées agréables et soyez…charitable. Bannissez la rancoeur et l’envie. Vous supporterez alors d’un coeur plus léger les petits désagréments de la vie quotidienne: la vendeuse impolie, le monsieur qui vous claque la porte au nez, la remarque blessante de votre patron, etc.

Cherchez dans tout ce que vous faites des raisons d’être heureuse.

  • Rendez les autres heureux. Trouvez, chaque jour, une façon d’être agréable aux gens qui vous entourent.
  • Apprenez à jouir de tout ce qui se trouve autour de vous. Le pittoresque de votre rue, cette branche fleurie devant votre fenêtre chaque printemps, l’odeur du café et de pain grillé de votre petit déjeuner, etc.
  • Cultivez l’amitié des gens que vous admirez; un peu de leur charme déteindra peut être sur vous;
  • Cessez de vous appuyer sur vous-même. Nous éprouvons tous un certain plaisir à nous plaindre de nos ennuis et à nous excuser ainsi de nos faiblesses. Nous sommes tous plus ou moins handicapés par une chose ou une autre. C’est justement par la manière dont nous surmontons nos difficultés que nous faisons preuve de force de caractère.
  • Ne critiquez pas, même en pensée;
  • Prenez les gens tels qu’ils sont et ne vous comparez pas à eux. Tirez parti, au maximum, de vos possibilités;
  • Sachez découvrir le charme particulier de chacun. Aidez vos amis à se sentir plus sûrs d’eux, à donner le meilleur d’eux-même, on vous appréciera.

(…) 

Cultivez plutôt la compréhension, la tolérance, l’amitié, l’amour. Un auteur célèbre disait que lorsqu’on est pénétré de joie, on ne peut s’empêcher de la communiquer à tous, et que le résultat dépasse alors toutes espérances.”

Alors voilà pour l’inspiration truly vintage du jour! Rendez-vous demain pour découvrir toutes mes envies beauté du moment, tous ces petits produits qui me font rêver la nuit.

*(Extrait du livre Charme: Cours de Personnalité Féminine, Helen Whitcomb, Rosalind Lang, Mc Graw-Hill, 1968, Canada, p. 129-132)