Mieux vivre avec moins de lumière – Partie 2

White on white

J’ai publié la partie un de mon article traitant de trucs pour surmonter les difficultés physiques de l’hiver il y a un bon moment. Aujourd’hui, de retour de vacances au soleil, il m’a semblé qu’il me fallait vivement relire mes notes et rédiger la partie deux de mon article adressant les difficultés que l’hiver peut poser à l’âme, ne serait-ce que pour me rappeler le tout à moi-même.

Point de vue mental, je considère parfois l’hiver comme un marathon. L’énergie est déjà basse et, tempête après tempête on comprend que les jonquilles ne sont pas sur le point de sortir. On voit le printemps comme une ligne d’arrivée qui n’arrive pas. C’est dans cet essoufflement que souvent je me sens plus vulnérables aux troubles d’humeur. Manque d’inspiration, manque de motivation, sentiment que tous les jours se ressemblent, coups de blues et même anxiété. Voiture sale à déneiger (encore et encore), routes glissantes, habits de neiges trempés chaque soirs, vent qui picote la peau à l’arrêt d’autobus, soleil gris… Oui, c’est difficile si on s’y attarde mais il y a aussi plein de beaux côtés ! La ville toute blanche, les beaux manteaux, les flocons, les promenades, les bruits étouffés, la raclette et les potages, la neige qui fait un bruit de meringue craquante quand on marche et l’ambiance « chaleur  festive » qui émane des restos illuminés… Aimer l’hiver, même quand il s’étire, ça s’apprend. Voici donc mes petits trucs qui m’aident à rester en forme dans ma tête et dans mon cœur quand je n’ai qu’une envie : que le printemps vienne me réchauffer la peau.

Soyons hygge

Le hygge est partout, c’est la nouvelle tendance : cette culture de vie danoise mettant l’accent sur la nidation douillette illuminée de bougies semble tombée du ciel. Soyons honnêtes toutefois, boire un chocolat chaud après le ski en portant de grosses chaussettes, ça n’est pas non plus un concept qui est «nouveau». Je crois qu’on est toutes un peu hygge instinctivement, pourvu qu’on aime un peu la vie. Ce qui est nouveau toutefois (pour moi en tout cas), c’est de concevoir mon mode de vie hivernal comme un art de vivre choisi. Je ne mange pas simplement du cake au citron en buvant un thé en habits de joggings : je vis une vie hygge décomplexée. Bon, je sais que le hygge est un concept beaucoup plus complexe et flou que cela, c’est pourquoi lire Le livre du hygge se révèlera être une lecture aussi pertinente qu’inspirante. J’y ai appris plein de trucs pour embellir mon quotidien durant les mois froids et surtout, me tenir le cœur au chaud quand l’hiver semble ne plus finir. C’est un livre qui nous rappelle aussi que nous ne sommes pas seuls à vivre la réalité des hivers longs et froids. Et ça aussi, ça réchauffe le cœur. Enfin, réjouissons-nous que ce soit le hygge qui soit à la mode plutôt que le heroine chic ou le corporate gothic, non ?

Vivons l’hiver pleinement

J’essaie de vivre l’hiver pleinement. Pas d’auto-bronzant, de poudre Terracotta, ni de spray tan : j’essaie plutôt de me trouver des modèles « peau claire » pour m’inspirer. Marie-Antoinette, fée des glaces, ingénue pâle victorienne, pin-up avec un rouge à lèvres rouge qui claque…Ça me simplifie la vie de ne pas avoir à m’inventer un hâle de toutes pièces au quotidien mais surtout, ça m’aide à être dans le moment présent. Présentement je suis une québécoise à peau pâle cachée sous un gros foulard. Je rosis mes joues avec Lillium de Stila comme si je revenais d’une promenade en traîneau et ma maison sent le chalet dans la forêt (le sapin). C’est ma réalité et elle n’est pas dénuée de romantisme alors autant en profiter. Mais bon, je rédige plein de listes de rêves pour quand le soleil ressortira ! (Tom Ford Soleiet Eau Terracotta de Guerlain!)

Vive les rituels compliqués !

Comme je passe davantage de temps à l’intérieur l’hiver (et que les soirées sont plus longues) j’en profite pour faire plein de rituels beauté compliqués : bains, masques, bain de vapeur pour le visage, brossage du corps à sec et masques à cheveux, exfoliation des mains et manucures… Je réorganise mes produits, je trempe plus longtemps dans le bain, je prends une douche en regardant le pommeau, pour que l’eau chaude me coule sur le visage et roule sur mes joues, je masse mes pommettes, je draine mes mollets et je pince la cellulite de mes fesses avec de la crème hydratante en disant oust ! Je fais tout cela davantage pour m’amuser et pour me ressourcer que pour les résultats que cela procure, mais ça me réchauffe physiquement et moralement. Et comme je ressors de mes rituels beauté bien hydratée au surplus, et bien, je continue !

Bas collants

La garde-robe d’hiver que l’on ne supporte plus

Ici, n’est pas rare que l’on mette ses vêtements chauds à compter de la mi-septembre jusqu’à presque début mai. C’est presque huit mois ! Il va de soi que l’on devient vite blasée par ses chandails et zéro excitée à l’idée de s’habiller le matin avec, soupir, encore un lainage. Comment survivre sans dépenser une fortune ? Mon truc : m’amuser avec les bas collants. Résille, tulle, motifs, couture, tricots de laine…Autant d’options qui rehausseront une tenue pour moins de 25$. Mon autre combo gagnante: mixer chandails de couleur vives et boucles d’oreilles super intenses à la J.Crew. C’est frais, ça permet plein de combinaisons et surtout, ça garde au chaud quand il fait encore froid.

Arrêter de rêver au printemps

Il y a eu des hivers où je me répétais : « tout ira mieux quand il fera beau ». J’étais en attente, c’était long. Maintenant j’essaie de me dire que je vais laisser le printemps me SURPRENDRE, genre « oh, mais qu’est-ce que je fais en manteau alors qu’il y a des fleurs partout ? ». Je le vois comme un exercice concret de « vivre le moment présent ». J’ignore délibérément les vitrines de vêtements légers qui arrivent quand tout est encore gelé et en profite plutôt pour dénicher de quoi donner un deuxième souffle à mon linge d’hiver parmi tout ce qui est super soldé. J’essaie de me réjouir de vivre dans un pays où les quatre saisons sont aussi clairement définies et je me dis que c’est mon devoir d’en profiter pleinement : ski, patin, raquette, promenades, lecture sous une pile de couvertures, thé et pain tiède beurré avec du miel à tremper, crèmes hydratantes riches, bougies, écharpes et sous-vêtements en mérino…l’hiver a son lot de bonheurs, pourquoi s’en priver ?

Bien s’entourer

Pour mieux vivre l’hiver, il faut bien s’entourer intellectuellement. Lire des livres qui décrivent la chaleur étouffante du Pérou, regarder des films dont l’action se déroule dans le désert de l’Arizona, m’abonner à des comptes Instagram beachy et tropicaux qui, chaque jour, me mettent des images de plage et de bikini dans le visage, ça ne fait qu’ajouter à ce sentiment de « besoin » de chaleur qui est partout sauf chez nous. (Bon, je le fais quand même hein. Mais j’essaie de ne pas trop regarder !) J’essaie plutôt de lire slave ou scandinave, de lire des blogues où les filles ne sont pas en jambes nues en février (mon favori étant Life in a Cold Climate– j’adore !) et de ralentir la lecture des magazines qui, passé la St-Valentin, sont déjà en train de nous présenter les maillots de bain.

Inviter la nature chez moi

Vers la fin de l’hiver, je suis en craving de chaleur et de soleil, certes, mais aussi de en mal de nature. Tout est gris dehors depuis si longtemps. Je rêve de pousses et de bourgeons. C’est le temps d’inviter la nature à l’intérieur : bulbes à faire fleurir (mes préférées sont les jacinthes), tulipes coupées achetées à l’épicerie, branches à mettre dans l’eau pour les faire bourgeonner, même acheter une plante en pot me fait du bien. C’est peu mais vers la fin, ça me permet de patienter et, j’ose le dire, c’est plus remontant qu’un nouveau rouge à lèvres.

Aller dans le sud- mise en garde

Un petit voyage au soleil l’hiver, oui, ça fait un bien énorme. Ça recharge les batteries internes et ça permet de refaire le plein d’énergie. Mais attention, mise en garde : on est tellement en manque de soleil que même armée des meilleures intentions (et de la plus protectrice crème solaire) du monde on sera tentée de s’étendre sur la plage et de bien faire chauffer sa peau sous les rayons. Inutile de vous dire : mes pires coups de soleil (et taches pigmentaires) sont survenues ainsi. Le printemps permet au soleil de revenir doucement. La nature fait bien les choses, dit-on…

Winter magic

Romancer sa réalité

Comme toujours, quand j’ai besoin de motivation, je puise dans mon imagination : je m’imagine explorer le Stockholm souterrain (quand je sors du métro Laurier), être un lutin du Père Noël dans un livre de mes enfants (quand je vais acheter du lait au dépanneur en pleine tempête de neige), être poète en Sibérie (quand je fais mon café un mardi matin glacé). C’est bête mais d’agir comme si j’avais choisi la température dehors m’aide à l’accepter. Puis, quand rien ne marche, je me rappelle que la nature (et moi-même) avons besoin de repos pour refleurir à nouveau. Ne dit-on pas que la nature ne fait rien en vain ? Je nous souhaite un très bel hiver.

3 thoughts on “Mieux vivre avec moins de lumière – Partie 2

  1. J’ai adoré cet article. J’adhère à tout ce qui est dit ici. J’aime aussi l’hiver, la neige, le froid, le ski et le réconfort de l’après-jouer-dehors.
    Bravo d’oser écrire ce que vous avez écrit.
    Très inspirant et réchauffant.

  2. Bonjour,
    J’adore cet article. Merci
    Pour avoir passé un hiver à Montréal pendant mes études (il y a donc bientôt 20 ans!!!!), en pleine tempête de verglas, je compatis…J’ai vraiment eu très dur. Tous les déplacements étaient compliqués et avec les 1000 couches de vêtements il faisait si chaud dans le bus et le métro. Mais je ne retiens que du positif de ces 5 mois passés là-bas!
    Si tu as envie de soleil et de ciel bleu vivifiant je t’invite à venir visiter mon blog….nous avons déménage en Afrique du Sud en novembre et je remercie le ciel tous les jours 😉

    • Bonjour nath,
      Ah oui, je suis allée voir ton charmant blogue et c’est magnifique: c’est plein de soleil et de beau temps! Je suis ravie que tu t’y plaises! (En passant, j’y ai appris qu’il existe en Europe H&M home?! What?!) Ouuiiiii, LE verglas. Tu as tellement raison, on a siiiii chaud dans le metro et le bus! Au moins tu gardes un souvenir positif d’ici, malgré tout. Ouf! Bon “hiver” (ou c’est l’été chez toi?)!

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